Les dirigeants de la communauté juive ukrainienne ont réagi avec un optimisme prudent aux nouvelles d’un accord entre la Russie et l’Ukraine visant à parvenir à un cessez-le-feu le long de la frontière, quelques jours après la mort d’une femme juive par l’impact d’une roquette sur sa maison.

Yaakov Bleich Dov, un Grand Rabbin d’Ukraine, affirme « espérer le meilleur tout en restant prêt pour le pire », suite aux déclarations du président russe Vladimir Poutine jeudi matin selon lesquelles lui et son homologue ukrainien, Petro Porochenko, ont élaboré un accord pour mettre fin aux hostilités le long de la frontière entre les forces gouvernementales ukrainiennes et les séparatistes soutenus par les Russes.

Selon la déclaration de Poutine, qui a suivi 16 heures de pourparlers à Minsk avec Porochenko et sa délégation dans la capitale biélorusse, le cessez-le-feu entrerait en vigueur à compter du 15 février et prévoit le retrait des armes lourdes des zones de ce conflit qui a fait 5 000 victimes.

Mardi, Irina Gregoryivna Shelkayeba, une retraitée, a été tuée lorsque des obus tirés par des insurgés pro-russes ont frappé sa maison dans la ville de Donetsk mardi soir, a affirmé le président de la communauté juive Yehuda Kelerman au JTA.

L’attaque est survenue moins d’une journée après que deux roquettes ont touché le bâtiment de neuf étages abritant le centre Hessed dans la ville orientale de Kramatorsk en Ukraine. Les roquettes n’ont pas explosé et personne n’a été blessé.

Selon Bleich, « le moyen le plus efficace de mettre fin à cette guerre est de fermer la frontière à la Russie, ainsi, toutes les parties devraient s’asseoir à la table des négociations et définir les termes d’une paix durable », élément absent du projet de cessez-le-feu présenté par les délégations.

Bleich a ajouté que les séparatistes, qu’il appelle des « terroristes », se sont sentis encouragés par « le flux d’armes et de ressources de Russie ». Tant que la frontière demeure ouverte, a-t-il dit, des éruptions de violence sont susceptibles de se reproduire.

Plusieurs tentatives de parvenir à un cessez-le feu négocié entre les rebelles et les forces gouvernementales ont échoué ces derniers mois.
Bleich, qui critique sévèrement les actions de la Russie en Ukraine, a également mis en garde contre « une tentative d’apaiser ces terroristes, qui s’est révélée une stratégie défaillante ».

Vadim Rabinovich, un député juif ukrainien, qui préside la sous-commission des droits de l’Homme du parlement ukrainien et a fondé le Congrès juif ukrainien, a été plus optimiste jeudi.

Dans un post Facebook à propos de l’accord, il a écrit : « J’ai parlé avec les gars à Minsk. Chers amis, il y a de l’espoir pour le monde. Aujourd’hui, ce qui compte est de mettre fin à la guerre. »