Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reporté l’approbation d’un accord de réconciliation avec la Turquie relatif au raid du Mavi Marmara en 2010, a révélé dimanche un quotidien turc.

Les atermoiements de Netanyahu sont dus à des considérations de politique intérieure alors que les pourparlers de paix avec les Palestiniens ont échoué, ont expliqué des sources diplomatiques au quotidien Hurriyet Daily News.

En février, des responsables avaient indiqué qu’Israël était sur le point de signer un accord avec la Turquie pour rétablir les relations diplomatiques et payer une compensation financière pour la mort de neuf Turcs à bord de la flottille Mavi Marmara, qui tentait de forcer le blocus de Gaza, lors d’un raid israélien.

Selon Hurriyet Daily News, les termes de l’accord ont été finalisés et le texte a été soumis à l’approbation de Netanyahu et du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan en février, mais Netanyahu ne l’a pas encore signé.

Le bureau du Premier ministre a refusé de commenter ces informations et le ministère des Affaires étrangères n’a pas non plus souhaité réagir dans l’immédiat.

Après des mois de négociations entre les deux parties, l’accord devait être signé après les élections municipales turques, le 30 mars, avait précisé le mois dernier le vice-Premier ministre Bulent Arınç à Hurriyet Daily News.

Une fois que les conditions auraient été finalisées, le Parlement turc aurait dû examiner le document.

L’accord doit détailler le montant des dommages qu’Israël versera aux familles des neuf Turcs tués à bord du Mavi Marmara.

L’incident a déclenché un tollé international et exacerbé des relations déjà tendues entre la Turquie et Israël. Une querelle diplomatique s’en est suivie, Ankara expulsant l’ambassadeur israélien et exigeant des excuses officielles ainsi qu’une indemnisation.

Les négociations sur l’indemnisation ont commencé en mars 2013 après qu’Israël a présenté ses excuses à la Turquie lors d’un appel téléphonique de Netanyahu à Erdogan, négocié par le président américain Barack Obama au cours de sa visite en Israël.

Le sous-secrétaire turc du ministère des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu se trouvait en Israël début février pour discuter des termes de l’accord.

Selon le texte, la Turquie légiférerait pour empêcher les poursuites contre Israël sur l’affaire du Mavi Marmara et mettrait de côté ses objections sur un renforcement de la relation d’Israël avec l’OTAN.

Bien que la somme finale à octroyer aux familles des victimes est tenue secrète, des sources ont indiqué que Netanyahu avait rejeté, mi-février, une proposition de 20 millions de dollars.