Finalement, cette semaine, après plus de 40 jours de guerre, Israël a réussi à traiter le Hamas en lui portant une série de coups importants.

Mardi soir, après que le Hamas ait violé un cessez-le-feu, Israël a largué cinq pièces lourdes d’artillerie sur une maison dans le quartier de Sheikh Radwan de la ville de Gaza, dans laquelle le chef de l’aile militaire Mohammed Deif était censé se cacher.

Son épouse, Widad, son jeune fils, Ali, et sa fille, Sara, ont été tués dans l’attaque. Alors que le temps passe et que le Hamas ne parvient pas à fournir de preuve de vie, les chances augmentent que Deif, après cinq tentatives d’assassinat, a été tué.

La nuit suivante, Israël, en s’appuyant sur ce que le service de sécurité du Shin Bet appelle le « travail opérationnel et le renseignement
intensif » a liquidé trois hauts responsables militaires du Hamas. L’un d’entre eux, Mohammed Abu Shamala, aurait été le commandant de l’ensemble du district sud de la bande de Gaza.

Un autre, Raed al-Attar, celui de la région de Rafah. Le troisième, Mohammed Barhoun, comme Al-Attar, aurait, lui, été profondément impliqué dans la contrebande d’armes en provenance de la péninsule égyptienne du Sinaï à Gaza. Shamala et Attar, a remarqué Avi Issacharoff du Times of Israel ont été des membres fondateurs de l’aile militaire du Hamas.

Que les missiles israéliens aient pu les atteindre, a déclaré après la frappe une source militaire israélienne, est la preuve de ce que les commandants du Hamas considèrent comme « une grave trahison ». C’est un développement, qui, dit-il, a laissé le Hamas à la fois profondément déstabilisé et « en état de choc ».

La source militaire estime que ce que le Hamas a le plus de mal à contrecarrer, c’est le « bon vieux renseignement ». C’est, dit-il, « la plus effrayante, la plus sensible, la plus menaçante » forme de trahison.

Le Hamas, a-t-il ajouté, dispose d’une unité consacrée à rechercher les collaborateurs. Le jeudi, quelques heures après l’assassinat, l’aile militaire du Hamas, les Brigades Qassam, ont annoncé sur leur compte Twitter arabe qu’ils avaient « rapidement arrêté sept collaborateurs, et exécuté immédiatement trois autres d’entre eux ».

L’officier a précisé que « plusieurs dizaines » de personnes ont été arrêtées au cours des dernières semaines sur des accusations de collaboration et que, le 17 juillet, quatre avaient été exécutés pour leurs crimes présumés.

Ces soi-disant collaborateurs, selon la même source, mettent à mal la confiance mutuelle des membres du Hamas. « Pour eux, le renseignement humain, c’est tout » affirme-t-il. « C’est ce qu’il y a de plus dangereux et de plus douloureux ».

En août 2013, Israël a été contraint de fermer son aéroport à Eilat pour une journée suite à des tirs de roquettes venant du Sinaï. Plus tard dans la même semaine, cinq djihadistes basés dans le Sinaï avaient été tués dans une attaque de drone. Des sources égyptiennes avaient dit à l’Autorité palestinienne que le missile avait été tiré par Israël.

A ce stade, il est encore difficile de connaître le rôle que l’Egypte a joué dans la récente série d’éliminations à Gaza, mais il semble intéressant de noter que les liens sécuritaires avec Israël ont pris de plus en plus d’importance.

Il est à noter qu’Al-Attar, l’un des hauts commandants du Hamas, était en charge de la contrebande d’armes du Sinaï, ce qui signifie qu’il a maintenu des liens étroits avec les tribus bédouines sur le côté ouest de la frontière. Ce seul fait d’armes aurait rendu Al-Attar persona non grata au Caire.

En outre, son nom et celui de son commandant, Abu Shamala, seraient liés à l’attaque terroriste d’août 2012 dans le Sinaï, dans laquelle les militants islamistes avaient tué 16 soldats égyptiens, qui étaient assis pour le repas de l’Iftar qui clôt le mois du Ramadan.

Le quotidien Al-Quds avait signalé à l’époque que le renseignement égyptien recherchait les hommes pour fournir « un soutien indirect aux groupes radicaux dans le Sinaï ».

Ceci, combiné avec le fait qu’Israël recherchait les mêmes personnes depuis près de deux décennies, crée, au minimum, une confluence d’intérêts prononcée.