Pour Jalkh, le nouveau chef du FN, Faurisson est un « négationniste sérieux »
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Pour Jalkh, le nouveau chef du FN, Faurisson est un « négationniste sérieux »

Multi-mis en examen dans des affaires d'escroqueries et d'emploi fictif, admirateur du maréchal Pétain, révisionniste, le remplaçant de Marine Le Pen à la tête du parti a un pedigree chargé

Jean-François Jalkh, nouveau président par intérim, du FN remet en question l'usage du Zyklon B durant la Shoah. (Crédit : Polomartini/Wikimedia Commons)
Jean-François Jalkh, nouveau président par intérim, du FN remet en question l'usage du Zyklon B durant la Shoah. (Crédit : Polomartini/Wikimedia Commons)

Marine Le Pen s’est mise en congé de la présidence du Front national « afin de rassembler autour de [son] projet ».

Jean-François Jalkh, ex-député européen frontiste, ex-vice président du FN, ex-trésorier de Jeanne, le micro-parti pierre angulaire du financement du FN, est un homme du sérail, discret, très proche de Jean-Marie Le Pen.

Pour la première fois depuis sa création, le parti n’est pas dirigé par un Le Pen. C’est dire le niveau de confiance que la clan a pour cet homme, à qui ont déjà été confiées quelques tâches complexes au sein du FN (comme le passation de pouvoir entre Jean-Marie et Marine Le Pen).

Et il est peu de dire, que les activités de cet homme, jusque-là quasi-inconnu du public, mais pas de la justice, démontrent son grand engagement dans le fonctionnement du parti, et le partage de certaines de ses idées les plus sombres.

Ainsi s’exprimait, le 14 avril 2000 à St-Cloud, Jalkh, le nouveau président du Front national, selon un témoignage rapporté par le n°7 de la revue Le Temps des savoirs (La Création, Odile Jacob, mars 2005).

« Je dis, moi, quelque chose qui m’a énormément surpris, dans les travaux d’un négationniste ou d’un révisionniste sérieux,ce qui m’a surpris c’est le sérieux et la rigueur, je dirais, de l’argumentation ».

Et de citer, à la phrase suivante, le négationniste Robert Faurisson:

« Bon, même un type comme Faurisson par exemple, qui est professeur à la faculté de Lyon [de littérature] , il est quand même prof (…) ».

Il cite ensuite les thèses sérieuses du « prof » Faurisson, qu’il faut « avoir lu » pour « avoir une position »:

« …sur l’utilisation d’un gaz, par exemple, qu’on appelle le Zykon B (sic), moi, je [Jalkh cite Faurisson] considère que d’un point de vue technique il est impossible je dis bien impossible de l’utiliser dans des […] exterminations de masse. Pourquoi ? Parce qu’il faut plusieurs jours avant de décontaminer un local qui a été… où l’on a utilisé du Zyklon B ».

Ce que Jalkh aime chez Faurisson ? C’est qu’il affirme ne pas « avoir de haine » ou de « volonté délibérée de nuire à qui que se soit ».

Parmi les multiples condamnations qui ont émaillé la carrière de Faurisson, celle du 18 avril 1991 illustre assez bien l’activité du personnage. A cette date, la 17e chambre du TGI de Paris le condamne à 100 000 francs d’amendes pour « contestation de crime contre l’humanité ».

L’homme sans « haine » avait déclaré un an plus tôt dans la presse : « le mythe des chambres à gaz est une gredinerie » arguant qu’il avait « d’excellentes raisons de ne pas croire à cette politique d’extermination des Juifs, ou à la magique chambre à gaz ».

Magali Boumaza, doctorante à l’époque qui avait interrogé Jalkh en 2000, a indiqué au site Buzzfeed News que le désormais président par intérim du FN avait bien tenu ces propos « tels qu’ils ont été retranscrits ».

« La rencontre a duré trois heures, et sur ces trois heures, il y a eu cette sortie révisionniste qui a duré deux ou trois minutes tout au plus. Les propos ont été retranscrits tels qu’ils ont été prononcés » a-t-elle dit.

« J’ai les enregistrements audio et la retranscription complète de l’entretien. Rien n’a été falsifié » ajoute-t-elle.

Contacté à de multiples reprises par l’AFP, Jean-François Jalkh n’a pas répondu.

Au rayon « affaires judiciaires », le nouveau président du FN n’a rien à envier à l’ex-présidente du parti.

Le 19 mai 2015, alors secrétaire général de Jeanne, un micro-parti créé pour faciliter le financement des campagnes du FN, il est mis en examen pour « escroqueries, abus de confiance et acceptation par un parti politique d’un financement provenant d’une personne morale, en l’occurrence la société Riwal » dirigée par Frédéric Chatillon, ami et conseiller de Marine Le Pen.

Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen. (Crédit : capture d'écran Facebook/Frédéric Chatillon)
Frédéric Chatillon, proche de Marine Le Pen. (Crédit : capture d’écran Facebook/Frédéric Chatillon)

Riwal est alors accusée de sur-facturer des kits de campagne au FN aux candidats FN, afin de libérer des liquidités en blanchissant les subventions accordés au parti.

Autre affaire : si la Parlement européen réclame aujourd’hui la coquette somme de 320 000 euros à Jean-Marie Le Pen, c’est pour avoir embauché un assistant parlementaire présumé fictif, dont, à ce jour, l’activité réelle n’a jamais été prouvée. Le nom de ce fantôme du parlement : Jean-François Jalkh.

Last but not least, c’est, déjà en compagnie du fondateur du Front national qu’en 1991, ce touche-à-tout se rend à l’église de Saint-Nicolas-du-Chardonnet afin d’assister à une messe à la mémoire du maréchal Pétain.

Hier matin, Florian Philippot s’insurgeait encore que l’on qualifie le Front national de Marine Le Pen d’extrême-droite. Que pense-t-il de celui de Jean-François Jalkh ?

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