Le groupe Etat islamique (EI) a mené jeudi un deuxième attentat suicide à Kobané, quelques heures après l’entrée des jihadistes dans cette ville kurde syrienne symbolique à la frontière avec la Turquie, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’attentat a été perpétré par un kamikaze qui a fait exploser sa voiture piégée au poste-frontière turc de Mursitpinar, faisant des victimes, d’après l’OSDH, qui ne pouvait dans l’immédiat donner un bilan précis.

« Les combattants de l’EI ont exécuté par balles au moins 23 personnes dans le village kurde de Barekh Boutane, y compris des femmes et des enfants, et des résidents qui avaient pris les armes pour combattre l’EI », a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« L’EI commet un massacre à Barekh Boutane, tuant une vingtaine de civils », a indiqué de son côté Arin Shekhmos, un militant kurde dans le nord de la Syrie.

Au moins cinq djihadistes ont été tués dans les affrontements armés avec les résidents, indique L’OSDH.

Les combattants de l’EI sont entrés brièvement à Barekh Boutane dans la matinée, puis s’en sont retirés « en raison des frappes aériennes de la coalition anti-djihadiste menée par les Etats-Unis et l’arrivée de renforts de forces kurdes qui ont encerclé le village », explique M. Abdel Rahmane.

Le groupe extrémiste a lancé une attaque surprise jeudi à Kobané, ville frontalière de la Turquie où le groupe ultra-radical avait subi un retentissant revers en janvier.

Il en avait été chassé, notamment par les forces kurdes, au terme d’un siège de quatre mois qui avait fait de cette cité un haut-lieu de la lutte anti-djihadiste.

La Turquie dément que les djihadistes de l’EI aient attaqué Kobané via son territoire

La Turquie a catégoriquement démenti que les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui ont repris pied jeudi dans la ville kurde syrienne de Kobané soient passés par son territoire, ainsi que l’ont affirmé les forces kurdes

« Les éléments en notre possession prouvent que les membres de cette organisation se sont infiltrés à Kobané depuis (la ville de) Jarablus en Syrie », a assuré le bureau du gouverneur de la province de Sanliurfa (sud) dans une déclaration.

« Nous avons la preuve concrète qu’il n’y a pas eu d’entrée (à Kobané) depuis le côté turc », a confirmé un responsable turc s’exprimant sous couvert de l’anonymat à l’AFP, assurant que ces « preuves » seraient rapidement publiées.

L’agence de presse gouvernementale Anatolie a publié jeudi matin une vidéo qui montre une forte détonation dans la ville de Kobané, sans autre détail.

Selon le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane, des combattants de l’EI se sont infiltrés mercredi soir dans Kobané et y ont fait exploser une voiture piégée à un point de contrôle tenu par les Kurdes. Cet attentat suicide a fait au moins 5 morts, selon M. Rahmane.

Un militant kurde syrien, Arin Shekhmos, a affirmé jeudi à l’AFP que les forces de l’EI qui ont attaqué Kobané étaient passées par le poste-frontière turc de Mursitpinar, à quelques kilomètres à peine du centre de la ville syrienne.

Les pays occidentaux reprochent régulièrement au gouvernement islamo-conservateur turc de ne pas déployer suffisamment d’efforts pour contrôler sa frontière avec la Syrie et y bloquer le flux des militants jihadistes qui rejoignent les rangs djihadistes.

Les autorités turques démentent toute complaisance en mettant en exergue les arrestations sur son territoire de recrues étrangères à destination de la Syrie et accusent en retour leurs alliés de ne pas partager leurs informations sur ces candidats au « jihad ».

Appuyées par les frappes aériennes de la coalition dirigée par les Etats-Unis, les milices kurdes ont repoussé en janvier le groupe Etat islamique hors de Kobané, après plus de quatre mois d’intenses combats qui ont provoqué l’exode de 200.000 réfugiés, pour la plupart kurdes, vers la Turquie voisine.

Aucun signe d’un éventuel nouvel afflux de réfugiés syrien n’était signalé jeudi à la frontière turque, a-t-on assuré de source officielle turque.