10 ans après Mumbai, qu’est devenu l’entourage du couple du Habad assassiné ?
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10 ans après Mumbai, qu’est devenu l’entourage du couple du Habad assassiné ?

Vivant avec ses grands-parents à Afula, "Bébé Moshé" Holtzberg revoit Sandra Samuel qui l'avait sauvé ; un ami du couple se souvient et leurs remplaçants poursuivent leurs rêves

Le Premier ministre indien Narendra Modi (à gauche) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec Moshe Holtzberg et sa nounou Sandra Samuel au centre Habad Nariman à Mumbai, site de l'attaque terroriste de 2008, qui a coûté la vie aux parents de Moshe, le 5 juillet 2017. (Atef Safadi/AFP/Getty Images/via JTA)
Le Premier ministre indien Narendra Modi (à gauche) et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec Moshe Holtzberg et sa nounou Sandra Samuel au centre Habad Nariman à Mumbai, site de l'attaque terroriste de 2008, qui a coûté la vie aux parents de Moshe, le 5 juillet 2017. (Atef Safadi/AFP/Getty Images/via JTA)

JTA – « Tout va bien », dit Sandra Samuel, en revenant de sa visite hebdomadaire à son « petit Moshé ».

Elle voyage en bus depuis Afula, dans le nord d’Israël, jusqu’à l’appartement de Jérusalem qu’elle partage avec quatre autres femmes indiennes.

Il y a dix ans, tout le monde connaissait Samuel et l’enfant qu’on surnommait alors bébé Moshé. La photo de Samuel, à l’air terrifiée, qui fuit le centre Habad Nariman House assiégé par les terroristes, qui serrait contre elle Moshé Holtzberg, le fils de 2 ans du rabbin Gavriel et Rivka Holtzberg, les émissaires du Habad, fut publiée sur les Unes de tous les journaux du monde entier.

Le 26 novembre 2008, 10 membres de Lashkar-e-Taiba, une organisation terroriste islamique basée au Pakistan, ont mené une série de 12 attentats à la bombe coordonnés dans toute la ville indienne. Le centre Habad était l’un des endroits spécifiquement ciblés. La photo de Moshé et de sa brave nounou a été l’un des miracles d’une tragédie qui a fait 164 morts et des centaines de blessés.

Parmi les morts se trouvaient les parents de Moshé et quatre autres visiteurs israéliens et américains au centre Habad. Cinq ans plus tôt, le couple avait réuni des fonds pour acheter la maison afin de s’établir à Mumbai.

Samuel fait partie des personnes liées à l’attaque et à ses victimes qui affirment avoir eu l’honneur de connaître le couple Holtzberg – et ressentir la douleur de leur absence. Parmi elles, les nouveaux émissaires du mouvement Habad à Mumbaï et un ami du couple, voyageur fréquent là-bas, qui devait se trouver au centre le jour même de l’attaque.

« C’est passé si vite, dix ans »

Samuel, 54 ans, se souvient clairement de l’attentat et de la fuite qui a suivi. « Ce n’est pas quelque chose qu’on oublie. Cela restera dans ma mémoire pour toujours », dit-elle à JTA. Mais elle est heureuse que Moshé n’en ait aucun souvenir.

Moshe Holtzberg avec sa nourrice, Sandra Samuel, en 2010. Elle a secouru le petit garçon lors de l’attentat perpétré à la maison Habad à Mumbaï et l’a suivi en Israël (Crédit : Abir Sultan/Flash 90)

Samuel s’est réfugiée dans un débarras situé au première étage du bâtiment qui en comptait six mais, quelques heures plus tard, elle a entendu les cris de Moshé qui venaient du second. Elle a quitté sa cachette et elle s’est précipitée dans une pièce où elle a trouvé le rabbin et son épouse, baignant dans leur sang – elle ignorait s’ils étaient inconscients ou morts – et Moshé assis sur le sol, à leurs côtés, recouvert de leur sang, en train de pleurer. Elle a pris l’enfant dans ses bras et a fui la maison sans jeter un regard derrière elle.

« C’est passé si vite, 10 ans. Mon petit Moshe a tellement grandi », s’exclame Samuel, notant sa taille élevée. « C’est si bon de le revoir ».

Immédiatement après l’attaque, Samuel et Moshe sont partis en Israël, accueillis par les parents de Rivka. Ils se sont rendus aux funérailles du rabbin et de son épouse. Deux ans plus tard, Samuel a reçu la citoyenneté israélienne en guise de reconnaissance de son héroïsme.

Aujourd’hui, elle vit à Jérusalem avec un groupe de femmes indiennes bien plus jeunes qui travaillent comme aides-soignantes dans la ville. Elle travaille à l’ALEH, un réseau pour les enfants ayant des besoins particuliers, et s’occupe de petits handicapés. Son hébreu ne s’est pas réellement amélioré au-delà des mots de base qu’elle avait appris dans les cours d’oulpan mais Samuel affirme bien s’en sortir au travail ou lorsqu’elle va faire des courses.

Pendant ses visites hebdomadaires à Moshé, ils jouent ensemble et ils parlent de l’école. Lorsqu’il était plus jeune, ils allaient au parc ou manger une glace ou une autre gourmandise, mais Samuel note que ce temps, maintenant qu’il a grandi, est révolu.

Sandra Samuel, sa nourrice indienne, embrasse Moshé Holtzberg, 2 ans orphelin du rabbin Gavriel Noach Holtzberg et de son épouse Rivkah, tués dans un attentat au centre juif de Mumbaï, à Migdal Ha-Emek, dans le centre d’Israël, le 8 décembre 2008 (Crédit : AP Photo/Tara Todras-Whitehill)

Elle prévoit de rester en Israël encore quatre ou cinq ans – « pour voir mon petit Moshe encore grandir » – puis elle retournera en Inde. Son mari est décédé il y plus d’une décennie, quelques mois avant l’attentat, mais elle a deux fils aujourd’hui adultes, âgés de 29 et 35 ans, qui vivent encore en Inde.

Samuel retourne en Inde environ une fois par an voir ses fils mais elle ne retourne pas à la maison Habad – située à deux heures de voiture de chez eux.

Au mois de juillet, le Premier ministre indien Narendra Modi est venu en Israël pour célébrer le 25ème anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, la toute première visite au sein de l’Etat juif d’un chef de gouvernement indien. Modi a rencontré Moshé, qui lui a dit que l’Inde lui manquait. Modi l’a invité à revenir quand il le voudra.

Au mois de janvier, Samuel et Moshe ont accompagné le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un déplacement à Mumbaï.

Soucieux de pouvoir apercevoir un garçon dont la survie avait paru tenir du miracle, les médias et les citoyens ont suivi Moshe pendant tout le voyage. Il a visité la maison dans laquelle il avait passé les deux premières années de sa vie, il s’est assis dans son ancienne chambre, il s’est mesuré sur la toise que ses parents avaient installée pour lui, sur le mur. Il a également vu les trous laissés par les balles et les grenades qui marquent encore les murs de la maison Habad.

Naftali Charter, le chef de la sécurité à Nariman (Chabad) House, qui a rouvert plus tôt cette année après avoir été endommagé dans les attentats terroristes de Bombay, montre les noms du rabbin Gavriel Holtzberg, de son épouse israélienne Rivka et de leur enfant Moshe, écrit en hébreu sur un mur dans sa chambre, qui a été laissé dans le même état qu’il l’était après les attentats, à l’occasion du sixième des attentats de Bombay le 26 novembre 2014 (Crédit : AFP PHOTO / INDRANIL MUKHERJEE)

« Mon coeur bat très fort, mon coeur est bouleversé de retourner dans la maison de mes parents, la maison ‘Habad qui a été reconstruite et remeublée », a confié l’enfant alors que lui et Netanyahu dévoilaient une plaque commémorant l’attentat. Il a alors promis de revenir à Mumbaï pour y servir d’émissaire, comme ses parents l’avaient fait dans le passé. Il a aussi prononcé une bénédiction particulière pour ceux qui retournent à l’endroit où ils ont échappé à un grand danger : « Baruch She’Asah Li Nes B’Makom HaZeh – « Béni soit celui qui a fait pour moi un miracle dans ce lieu ».

Sa bar-mitzvah devrait avoir lieu l’année prochaine, dans l’enceinte du centre Habad de Mumbaï.

‘Que feraient les Holtzberg ?’

Le centre, pour sa part, a de nouveaux dirigeants.

Il y a presque sept ans, le rabbin Israel Kozlovsky et son épouse Chaya sont arrivés à la maison Habad de Mumbaï, une semaine seulement après avoir été informés qu’ils pouvaient devenir les nouveaux émissaires permanents et qu’ils sont venus découvrir les lieux.

Le bâtiment était encore marqué de trous laissés par les balles et le mortier et des taches de sang avaient séché sur les murs. Cette vision a eu, déclare le rabbin Kozlovsky, « un fort impact émotionnel sur nous ».

Le rabbin Gavriel et Rivkah Holtzberg (Crédit : Habad)

Il affirme ressentir la présence du couple Holtzberg partout autour de lui – en commençant par la photographie accrochée jusqu’au mur au trou laissé par l’une des balles dans le sanctuaire du bâtiment, là où le corps sans vie de Gavriel Holtzberg, ou Gabi, avait été retrouvé sur le sol.

Il y a trois ans, le fils de Kozlovsky, l’un de ses quatre enfants – âgés de 14 mois à six ans – a fait sa brit milah, (circoncision), tout près de cet endroit. Il a reçu le nom de Gavriel Noach, qui était celui de feu le rabbin.

Kozlovsky explique que de nombreuses personnes qui viennent dorénavant dans la maison Habad avaient connu le couple Holtzberg qui, de leur avis à toutes, gardait toujours le sourire.

Le rabbin s’émerveille devant cet aboutissement : Lancer à partir de rien un centre Habad n’est pas chose facile. Au cours des cinq ans qu’ils ont passés à Mumbaï, le couple Holtzberg a collecté des fonds pour acheter ce bâtiment de six étages dans une municipalité où l’immobilier atteint des prix exorbitants. Et plus encore, ils ont commencé à offrir des programmes et des repas de Shabbat et à rassembler autour d’eux. En plus, ils avaient eu deux enfants atteints de la maladie de Tay-Sachs – l’un plus âgé et l’autre plus jeune que Moshe, qui étaient morts très jeunes. Rivka Holtzberg était enceinte de cinq mois au moment de l’attaque.

Kozlovsky explique que si un seul voeu à réaliser lui était accordé, il demanderait à pouvoir s’entretenir dix minutes avec Gavriel Holtzberg. Et il note que lorsqu’il rencontre une difficulté, il s’interroge souvent : Qu’auraient fait les Holtzberg ?

Le directeur Habad de Mumbaï, le rabbin Israel Kozlovsky, à droite, et son épouse et co-directrice Chaya Kozlovsky regardent un manuel de présentation du prochain mémorial pour les victimes de l’attentat terroriste du 26/11 à leur domicile de Mumbaï, le 12 janvier 2018 (Crédit : INDRANIL MUKHERJEE/AFP)

Une communauté forte d’environ 2 000 Juifs indiens vit encore à Mumbaï. Appelés Bene Israel, ils sont considérés par la légende locale comme l’une des tribus perdues d’Israël. Des milliers d’entre eux se sont installés au sein de l’Etat juif après la fondation de l’Etat, en 1948, un grand nombre y affrontant une discrimination religieuse. Mais dans les années 1960, le grand rabbinat d’Israël a reconnu qu’ils étaient juifs selon la Halakha.

La communauté qui continue à vivre à Mumbaï a connu l’assimilation par le biais des mariages mixtes et le manque d’intérêt pour la religion, pratiquement avalée par une ville engorgée de presque 20 millions d’habitants. Et c’est un grand défi à relever pour Kozlovsky et son épouse.

Trois étages du bâtiment ont été restaurés depuis l’attentat. Les fondations, endommagées pendant l’attaque, ont été renforcées. Mais les étages supérieurs, avec notamment les espaces où vivait la famille Holtzberg et la chambre à coucher de Moshé, sont restés intacts.

Les fenêtres de l’immeuble ont été remplacées par du verre pare-balles. Une cabine de sécurité a été installée au rez-de-chaussée. Des murs et des portes en acier renforcé entourent dorénavant l’immeuble.

Des inquiétudes d’ordre sécuritaire empêchent la famille Kozlovsky d’y vivre : Leur domicile est situé à quelques minutes à pied. Pour la même raison, ils ne peuvent loger personne dans les chambres d’amis.

Naftali Charter, chef de la sécurité à la maison Nariman (Habad), laissée partiellement dans l’état où elle était après l’attentat terroriste de Mumbaï, parle aux médias lors du sixième anniversaire des attaques à Mumbaï, en Inde, le 26 novembre 2014 (Crédit : AFP PHOTO/ INDRANIL MUKHERJEE)

Tandis que vivre dans l’ombre des premiers émissaires Habad assassinés pourrait être considéré comme un fardeau lourd à porter, le rabbin explique que cela lui donne, ainsi qu’à son épouse, un sentiment de « grand honneur de savoir que nous sommes en train de construire leur rêve ».

Kozlovsky déclare posséder des vidéos du jeune couple évoquant leurs plans d’avenir pour le mouvement Habad à Mumbaï. Parmi eux, une école juive, une crèche et des activités post-scolaires – des choses établies par Kozlovsky et son épouse aujourd’hui. Les activités sont devenues si prenantes qu’un jeune couple va bientôt se joindre à eux pour travailler en faveur de la communauté juive.

« Nous savons qu’ils nous regardent de là-haut », s’exclame le rabbin en évoquant le couple Holtzberg.
« Nous savons qu’ils sont encore dans leur mission ».

Un mémorial vivant

En l’honneur du 10ème yahrtzeit des Holtzberg, au début du mois (la date hébraïque et celle du calendrier grégorien de l’attaque peut être éloignée chaque année d’une période pouvant aller jusqu’à un mois), le mouvement Habad de Mumbaï a imprimé ses propres copies du livre de philosophie hassidique connu sous le nom de Tanya, l’un des préférés de Gavriel Holtzberg. Trente enfants en âge d’aller à l’école se sont aussi réunis dans le sanctuaire où le couple était mort et ils ont récité la prière Shema Yisrael pour lui rendre hommage.

Pour l’anniversaire du 26 décembre, les membres du mouvement ‘Habad, à Mumbaï, consacreront le Mémorial vivant – un musée qui s’intéressera à montrer aux Juifs et aux non-Juifs la manière dont « chaque individu a la capacité et la responsabilité de faire du monde un endroit meilleur » à travers la découverte de la vie du couple Holtzberg.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et Moshe Holtzberg, le fils de Rabbi Gavriel et Rivky Holtzberg, qui ont été tués lors de l’attaque terroriste du 26 novembre 2008 à Mumbay, au cours d’un hommage pour les victimes de l’attentat à la maison Nariman Habad à Mumbai. 18 janvier 2018. (GPO)

Ce plan, selon Kozlovsky, est « d’amener de la lumière dans l’obscurité » et d’encourager chaque personne à accepter une mitzvah – ou action – particulière pour ce faire.

Il y a également le plan de transformer le toit du bâtiment en « jardin de réflexion » avec notamment un mémorial portant les noms des 164 victimes de l’attentat de Mumbaï, en 2008 – il deviendrait le seul lieu de commémoration de ce type dans la ville – et une cascade fondue dans un beau paysage.

« Il y a dix ans, c’était Mumbaï », dit Kozlovsky en évoquant la menace du terrorisme. « Aujourd’hui, il est très, très clair que la question est devenue mondiale. Il est très clair également qu’il faut faire quelque chose ».

Un coup manqué de justesse

L’homme d’affaires israélien Gary Spund devait se trouver à la maison Habad de Mumbaï le soir de l’attentat. Résident de Petach Tikvah, une ville du centre d’Israël, Spund se trouvait alors, la majorité du temps, à Mumbaï et il était devenu très proche de la famille Holtzberg, passant tous ses Shabbat dans une pièce qui lui avait été attribuée et leur rendant visite pendant la semaine.

La famille Holtzberg l’avait invité à dîner le 26 novembre 2018. Il devait faire un voyage d’affaires le matin suivant en Chine mais, à la dernière minute, le transporteur aérien l’avait appelé pour lui signaler que le vol avait été déplacé à la nuit précédente. Spund avait téléphoné au rabbin pour annuler le dîner et ils avaient convenu de se voir le dimanche suivant. Ils ne devaient plus jamais se parler.

Vue extérieure de la maison Habad de Mumbaï, le 26 novembre 2014 (Autorisation : Habad)

Spund avait été autorisé à rentrer dans l’immeuble quelques jours après l’attaque. Il avait vu les traces de sang et les trous laissés par les balles. Il avait vu également le rouleau de Torah portant la trace d’un tir. La balle s’était logée entre les deux manches en bois autour desquels le texte est enroulé, formant un trou à simplement un endroit du rouleau. C’était dans la portion de Torah qui vient juste après la mort des fils d’Aaron, le grand prêtre, intitulé « Acharei Mot », ou après la mort.

A ce jour, Spund, aujourd’hui âgé de 59 ans, à la tête d’une entreprise d’investissements immobiliers, conserve une photo de lui aux côtés de Gavriel Holtzberg sur son bureau et une copie de la carte de la Prière des voyageurs du rabbin, avec un cliché de feu le rebbe loubavitch Menachem Mendel Schneerson de l’autre côté, dans sa valise.

Il a travaillé encore quelques mois à Mumbaï après l’attentat. Le mouvement Habad a gardé une présence dans la ville, envoyant de jeunes étudiants en yeshiva pendant deux semaines d’affilée assurer des offices de Shabbat dans un hôtel local. Spund a servi d’intermédiaire, passant les clés du bâtiment d’un des groupes d’émissaires à un autre. Il n’est pas retourné dans la ville depuis qu’il a cessé de travailler là-bas.

« Je ne pense pas avoir envie de retourner un jour en Inde », dit-il à JTA.

Spund déclare avoir rendu visite occasionnellement au jeune Moshe au domicile de ses grands-parents pendant deux ans après l’attentat, mais que le petit garçon ne se souvenait pas réellement de lui. Il récite encore le Kaddish pour le rabbin et son épouse chaque année, lors de leur yahrtzeit.

Au début du mois, alors qu’il était en voyage pour son travail aux Etats-Unis, Spund – qui a fait son alyah depuis New York en 1987 – s’est rendu dans le quartier Squirrel Hill de Pittsburgh et s’est recueilli devant la synagogue Tree of Life où, une semaine auparavant, un homme armé avait tué onze fidèles samedi matin durant les offices.

« On s’habitue à ces horreurs », déplore-t-il. « On est comme engourdis face à ça ».

Spund ajoute s’être parfois demandé ce que Dieu avait à l’esprit lorsque son vol pour la Chine a été changé, le maintenant à distance de l’immeuble Habad pendant la nuit de l’attaque. Et il se demande alors : « Ma vie est-elle à la hauteur ? »

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