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15 agents présumés du Mossad auraient été arrêtés en Turquie – média

Un journal affirme que 200 agents du renseignement ont suivi la cellule pendant un an avant de l'arrêter le 7 octobre ; ils auraient espionné des étudiants, dont des Palestiniens

Des photos floues de trois des 15 agents présumés du Mossad sont publiées par le quotidien turc Sabah. (Capture d'écran : Sabah ; AP Photo/Emrah Gurel)
Des photos floues de trois des 15 agents présumés du Mossad sont publiées par le quotidien turc Sabah. (Capture d'écran : Sabah ; AP Photo/Emrah Gurel)

Les médias turcs ont rapporté jeudi que 15 hommes qui auraient espionné pour le compte de l’agence de renseignement israélienne, le Mossad, ont été arrêtés par les autorités au début du mois.

Le quotidien Sabah, proche du président turc Recep Tayyip Erdogan, affirme que quelque 200 agents des services de renseignement ont participé aux efforts visant à localiser les espions.

Selon le reportage, les arrestations ont eu lieu le 7 octobre à la suite d’une opération menée par l’Organisation nationale du renseignement (MIT) pendant un an.

Les espions, qui seraient d’origine arabe, opéraient par groupes de trois, selon le reportage. Certains avaient rencontré des agents du Mossad en Croatie et en Suisse, où ils échangeaient des informations.

Ils avaient également reçu des ordres dans la capitale roumaine de Bucarest et à Nairobi au Kenya, selon le reportage. Les cinq groupes avaient opéré dans différentes régions du pays, selon Sabah.

Les hommes avaient fourni au Mossad des informations sur les étudiants qui étudient dans le pays, dont certains étaient des citoyens turcs et d’autres des étrangers, notamment des Palestiniens, selon l’article.

Les principales cibles de l’opération d’espionnage étaient les Palestiniens en Turquie et les installations qui les accueillaient, selon Sabah.

Selon le journal, le MIT a également découvert comment les agents étaient payés, notamment en crypto-monnaies et par transferts d’argent provenant de bijouteries et de magasins de change.

La Turquie n’a pas fait de commentaire officiel immédiat sur cette affaire.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, serre la main du chef du mouvement terroriste Hamas Ismail Haniyeh, avant leur rencontre à Istanbul, le 1er février 2020. (Service de presse présidentiel via AP, Pool)

L’année dernière, un média avait affirmé que le groupe terroriste palestinien du Hamas exploitait secrètement une installation en Turquie où il menait des cyberattaques et des opérations de contre-espionnage contre Israël.

Ce quartier général, distinct des bureaux officiels du Hamas dans la ville, a été mis en place à l’insu des autorités turques, selon le média.

Le quotidien britannique The Telegraph a également rapporté en 2020 que la Turquie accordait la citoyenneté à une dizaine de membres de haut rang du Hamas impliqués dans la coordination d’attaques terroristes, ce qui a ensuite été confirmé par le chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël à Ankara.

La Turquie considère le Hamas comme un mouvement politique légitime. Le pays entretient depuis longtemps des liens chaleureux avec le Hamas, qui se sont intensifiés au fur et à mesure que les relations avec Israël se sont refroidies au cours de la dernière décennie. Israël s’est plaint à Ankara de ses liens avec le Hamas, mais en vain, selon le reportage.

En août 2020, le président turc Recep Erdogan a rencontré une délégation du Hamas comprenant le chef du politburo Ismail Haniyeh et le numéro deux du groupe terroriste, Saleh al-Arouri, un haut commandant militaire dont la tête est mise à prix pour 5 millions de dollars.

La réunion avait été sévèrement condamnée par le département d’État américain à l’époque, mais le ministère turc des Aaffaires étrangères avait rejeté les critiques, accusant Washington de « servir les intérêts d’Israël ».

Le Hamas et le parti AKP d’Erdogan sont politiquement liés. Tous deux ont des liens idéologiques étroits avec le mouvement égyptien des Frères musulmans.

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