2 projets de loi US reflètent la division entre Démocrates et Juifs sur Israël
Alors que certains souhaitent une aide inconditionnelle pour la défense d'Israël, d'autres veulent que des limites strictes soient imposées à l'utilisation de l'aide par Israël
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WASHINGTON (JTA) – Il y avait deux groupes de Démocrates juifs au Capitole cette semaine, chacun d’entre eux mettant à profit sa judéité pour faire avancer ce que chacun d’entre eux considérait comme un remède essentiel après le conflit entre Israël et le Hamas en mai dernier.
Ces remèdes étaient radicalement différents. Un groupe, dirigé par la représentante Kathy Manning de Caroline du Nord, voulait une aide plus inconditionnelle pour la défense d’Israël. L’autre, dirigé par le représentant Andy Levin du Michigan, voulait des restrictions sur la façon dont Israël dépense l’aide américaine à la Défense.
Chaque groupe était soutenu par un lobby qui prétend parler au nom de la communauté juive. Et chacun d’entre eux espérait faire les gros titres jeudi avec une législation majeure.
Les appels concurrents à l’attention ont révélé un clivage croissant non seulement parmi les Démocrates, mais aussi parmi les Juifs dans les rangs du parti. Autrefois, Israël pouvait compter sur les Démocrates, et surtout sur les Démocrates juifs du Congrès, pour répondre aux demandes d’aide à la Défense sans poser trop de questions.
Ce n’est plus le cas, comme l’a clairement montré le débat de cette semaine entre Démocrates pour savoir s’il fallait inclure un milliard de dollars de financement pour réapprovisionner le système de défense antimissile israélien du Dôme de Fer dans un projet de loi sur les dépenses.
Lors d’une conférence de presse jeudi, M. Levin a annoncé être à la tête d’un groupe de législateurs qui souhaitaient inscrire dans la loi américaine la solution à deux États comme l’issue préférée du conflit israélo-palestinien. En soi, cela devrait recueillir un large soutien parmi les Démocrates juifs, mais le projet de loi de Levin impose également une surveillance stricte de la manière dont Israël dépense l’aide à la Défense, et interdit également les dépenses pour tout projet qui renforce la présence d’Israël en Cisjordanie.
Manning, quant à lui, a été à l’origine du projet de loi approuvé jeudi qui prévoit un milliard de dollars de nouveaux fonds pour le Dôme de fer, à la demande du gouvernement israélien. Les progressistes menés par la représentante de New York Alexandria Ocasio-Cortez et son « squad » ont forcé les Démocrates à retirer le même montant d’un projet de loi d’urgence de financement du gouvernement plus tôt dans la semaine.
Le projet de loi autonome a été approuvé à une écrasante majorité jeudi, mais le débat a mis à nu les tensions que certains progressistes ont déchaînées parmi les Démocrates.
« Nous ne pouvons pas seulement parler des besoins de sécurité des Israéliens alors que les Palestiniens vivent sous apartheid », a déclaré Rashida Tlaib, représentante du Michigan, une Américaine d’origine palestinienne qui faisait partie de la poignée de votes contre le financement. « Nous devrions également parler des besoins des Palestiniens en matière de protection contre les attaques israéliennes. »
Le représentant Ted Deutch de Floride, qui est Juif et qui préside le sous-comité de la Chambre sur le Moyen-Orient, a écarté l’idée d’un discours qui soulignait la nature défensive du Dôme de Fer et a plutôt tourné sa rhétorique contre Tlaib.
« Je ne peux pas permettre à l’un de mes collègues de se tenir à la Chambre des représentants et de qualifier l’État démocratique juif d’Israël d’État d’apartheid », a-t-il déclaré. « Quand il n’y a pas de place sur la carte pour un seul État juif, c’est de l’antisémitisme ». Une accusation d’antisémitisme contre un collègue du Congrès est rare.
Levin a déclaré dans une interview avec la Jewish Telegraphic Agency que la grande majorité de la communauté juive américaine soutenait son approche, qui consiste à plaider pour une aide à Israël – mais avec une surveillance stricte pour s’assurer que l’argent n’entrave pas la possibilité d’une solution à deux États.
« La communauté juive, à deux contre un, ou plus de deux contre un, est favorable à l’aménagement de l’aide à Israël pour qu’elle ne prolonge pas l’occupation. Les voix les plus fortes de la communauté juive ne le disent peut-être pas, mais les Juifs américains le font », a-t-il déclaré.
« La communauté juive, à deux contre un, ou plus de deux contre un, est favorable à un ajustement de l’aide à Israël pour que le pays ne prolonge pas l’occupation. Les voix les plus fortes de la communauté juive ne le disent peut-être pas, mais les Juifs américains le font », a-t-il déclaré.
M. Levin faisait référence à un sondage de l’Institut électoral juif réalisé en juillet, après le conflit de Gaza, dans lequel 58 % des électeurs juifs ont déclaré qu’il serait approprié de restreindre l’aide à Israël afin que le pays ne puisse pas dépenser l’argent américain pour les implantations.
Mme Manning, membre du Congrès pour la première fois, était auparavant la présidente des Fédérations juives d’Amérique du Nord et est depuis des années très impliquée dans la philanthropie juive. Bien qu’elle n’ait pas formulé son appel au financement du Dôme de Fer se présentant comme Juive, l’équipe de collègues démocrates qu’elle a réunie pour faire pression sur la Chambre afin qu’elle fasse avancer le projet de loi était entièrement juive.
Elle comprenait Ted Deutch et Debbie Wasserman Schultz de Floride, Brad Schneider de l’Illinois, Elaine Luria de Virginie, Dean Phillips du Minnesota et Josh Gottheimer du New Jersey. La déclaration de Manning annonçant le projet de loi autonome indiquait clairement que, pour ce groupe de démocrates juifs, le financement du Dôme de Fer était sacro-saint.
« Le Dôme de fer est un système de défense d’une importance cruciale utilisé par Israël, l’un de nos plus proches alliés, pour sauver la vie de civils lors d’attaques terroristes », a-t-elle déclaré.
Levin n’a pas réuni un groupe exclusivement juif, mais six des quatorze membres qui ont signé en tant que co-sponsors sont Juifs, notamment Steve Cohen du Tennessee, Sara Jacobs et Alan Lowenthal de Californie, Jan Schakowsky de l’Illinois et John Yarmuth du Kentucky. Tous ses collègues législateurs présents à la conférence de presse – Jacobs, Lowenthal, Schakowsky et Peter Welch du Vermont – ont déclaré à JTA qu’ils soutenaient le financement du Dôme de Fer.
La division s’est également reflétée dans le soutien apporté à chaque initiative : le lobbying pour le projet de loi de Manning a été effectué par l’American Israel Public Affairs Committee, la plus grande centrale pro-israélienne du pays, qui est historiquement centriste et de centre-droit. Levin a présenté son projet de loi lors de la conférence de presse avec J Street, groupe juif libéral spécialisée sur la politique au Moyen-Orient qui, ces dernières années, a approuvé certaines restrictions de l’aide américaine à Israël.
Lors de la conférence de presse, Mme Schakowsky, cheffe adjointe du parti, a déclaré que la communauté juive n’était pas immunisée contre les cris de justice sociale qui ont émergé ces dernières années.
« Cela fait maintenant 22 ans que je suis au Congrès et j’ai assisté à un changement radical des attitudes en faveur de la paix dans la région », a-t-elle déclaré. « Il y a un mouvement national en faveur de la justice pour tous dans notre pays, de nombreuses façons différentes, et je pense que maintenant, certainement, le choix de la majorité des Juifs américains est apparu : Nous voulons la sécurité pour l’État d’Israël et nous voulons voir un État démocratique juif qui est devenu impossible face à l’occupation, et la justice pour les Palestiniens doit faire partie de ce que nous demandons. »
Dans son interview avec JTA, Levin a déclaré que le projet de loi était en accord avec les enseignements avec lesquels il a grandi en tant que Juif reconstructionniste. Il est l’un des deux seuls membres du Congrès à avoir été président d’une synagogue ; l’autre est le sénateur démocrate Jacky Rosen du Nevada, avec qui il a dit s’être lié par cette expérience.
« La mitzvah qui est répétée plus que toute autre dans la Torah, 36 fois », est de protéger l’étranger, a-t-il dit. « Je pense que si vous êtes vraiment une personne de foi, vous devez vous dire que la Torah ne parle pas de n’importe quel étranger, vraiment. Nous devons probablement nous demander qui sont les étrangers les plus difficiles à aimer comme nous-mêmes et à venir rompre le pain avec eux, les soutenir et les aimer. Je pense que la question se répond d’elle-même pour le peuple juif : l’étranger le plus difficile est le peuple palestinien. »
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