23 policiers et 4 civils blessés lors de violents affrontements à Amona
Rechercher

23 policiers et 4 civils blessés lors de violents affrontements à Amona

La police a démantelé 2 caravanes installées illégalement en Cisjordanie ; 7 arrestations parmi les centaines de manifestants ; au moins 10 militants d'extrême droite blessés

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

La police des frontières évacue plusieurs centaines de jeunes des implantations qui s'étaient réfugiés dans deux mobile-homes installés illégalement dans l'avant-poste d'Amona, le 3 janvier 2018. (Conseil régional de Binyamin)
La police des frontières évacue plusieurs centaines de jeunes des implantations qui s'étaient réfugiés dans deux mobile-homes installés illégalement dans l'avant-poste d'Amona, le 3 janvier 2018. (Conseil régional de Binyamin)

Tôt jeudi matin, les forces de sécurité israéliennes se sont heurtées à quelque 300 jeunes des implantations qui s’étaient rassemblés pendant la nuit à l’intérieur de deux maisons mobiles installées illégalement sur une colline de Cisjordanie, où se trouvait autrefois l’avant-poste d’Amona.

Les policiers qui sont arrivés sur les lieux pour exécuter une ordonnance du tribunal de district de Jérusalem visant à évacuer les caravanes se sont heurtés à « de très graves violences de la part de dizaines d’émeutiers qui ont lancé des pierres, brûlé des pneus et lancé des barres de fer » en direction des forces, selon un porte-parole de la police des frontières.

« Pour maîtriser les manifestants, les forces ont dû recourir à des moyens anti-émeutes », a-t-il ajouté.

Au terme de l’évacuation qui a duré trois heures, 23 policiers avaient été blessés, principalement par des pierres lancées par les militants d’extrême droite, et au moins quatre adolescents avaient été blessés dans les affrontements, selon la police. Un officier a été poignardé à la main par un objet pointu brandi par l’un des manifestants adolescents. Un jeune manifestant a été blessé par une pierre lancée par un de ses pairs. Les blessés ont tous été conduit à l’hôpital le plus proche.

Les forces de sécurité ont arrêté sept résidents d’implantations, a ajouté le porte-parole.

Les militants d’extrême droite ont accusé la police des frontières d’employer une force excessive pour les tirer un par un des deux structures de fortune et les jeter dans des bus pour les évacuer de la colline du centre de la Cisjordanie.

Un porte-parole de l’organisation d’aide juridique Honenu qui représente ces militants lors de leur arrestation a déclaré qu’au moins 10 adolescents avaient été blessés.

Les images de la scène montrent les manifestants toussant abondamment après que les policiers ont pulvérisé du gaz lacrymogène à l’intérieur de l’une des maisons mobiles. Le porte-parole d’Honenu a déclaré que les forces de sécurité ont également pulvérisé du gaz lacrymogène dans l’un des bus. Le porte-parole de la police des frontières n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande de commentaires sur cette accusation.

Les deux maisons mobiles avaient été installées pendant la nuit du 14 décembre par un certain nombre de dirigeants des implantations, qui affirmaient que les terres sur lesquelles elles avaient été placées avaient été légalement achetées aux premiers propriétaires fonciers palestiniens. Cette décision a été décrite comme s’inscrivant dans le cadre de leurs efforts visant à renforcer la présence israélienne en Cisjordanie à la suite d’une série d’attaques palestiniennes meurtrières.

Cependant, ils n’ont pas coordonné l’installation avec les organes de l’État et n’ont pas obtenu les autorisations nécessaires pour ce faire. Le quotidien Haaretz a rapporté mercredi que des problèmes juridiques considérables étaient liés à l’achat présumé.

La police des frontières évacue plusieurs centaines de jeunes des implantations qui s’étaient réfugiés à l’intérieur de deux maisons mobiles installées illégalement dans l’avant-poste d’Amona, le 3 janvier 2018. (Conseil régional de Binyamin)

De plus, l’armée israélienne avait décrété zone militaire fermée cette colline après l’évacuation de l’avant-poste d’Amona il y a deux ans.

La localité avait été créée en 1995 et démolie en février 2017 après que la Cour suprême de justice a statué qu’elle avait été construite sur des terres privées palestiniennes. En mars dernier, ses évacués se sont installés à Amichai, la première implantation nouvellement construite en Cisjordanie en plus de 25 ans. La localité est située juste à l’est de l’implantation de Shiloh, dans le centre de la Cisjordanie.

Lundi, après avoir pris connaissance des intentions de l’Etat de démanteler les maisons mobiles, le groupe responsable de leur installation a saisi la Cour suprême de justice pour bloquer cette expulsion. En réponse, le bureau du procureur de l’État a publié un avis juridique qui donnait aux squatters 48 heures pour retirer les maisons mobiles avant que l’État ne le fasse. Ce délai a expiré mercredi soir.

Un porte-parole du président du conseil régional de Binyamin, Yisrael Gantz, qui a contribué à l’installation des caravanes avec l’ancien résident d’Amona et dirigeant communautaire Avichai Boaron, a déclaré mercredi, qu’ils n’avaient en rien l’intention de respecter la demande du gouvernement de démanteler ces structures.

Le député Bezalel Smotrich qui représente la ligne dure de HaBayit HaYehudi, qui était présent la nuit où les caravanes ont été installées, il y a près de trois semaines, était également sur les lieux lors de l’évacuation, jeudi matin. Il a reproché au Premier ministre Benjamin Netanyahu d’avoir approuvé l’évacuation.

« Aucune visite réussie de Netanyahu au Brésil n’éclipsera les dommages qu’il a causés aux implantations », a-t-il ajouté, affirmant que le Premier ministre avait tout fait pour éviter la destruction du village bédouin de Khan al-Ahmar, mais avait agi sans relâche pour expulser les Israéliens de Amona.

(De gauche à droite) Le leader d’Amona Avichai Boaron, le président du conseil régional de Binyamin Yisrael Gantz, le député de HaBayit HaYehudi Bezalel Smotrich et le chef du conseil régional de Samarie Yossi Dagan devant une nouvelle caravane qui a été installée sur la colline de l’avant-poste illégal d’Amona, le 14 décembre 2018 (Crédit : Conseil régional de Binyamin)

Le hameau palestinien Khan al-Ahmar a été construit sur ce qui est aujourd’hui considéré comme des terres domaniales sans les permis nécessaires, alors que les deux caravanes israéliennes évacuées jeudi étaient installées dans ce que l’administration civile considère encore, à cette date, être des terres palestiniennes privées.

Gantz est arrivé sur les lieux alors que l’évacuation se terminait. Il a publié une déclaration vidéo attaquant de la même façon le gouvernement pour avoir « dévasté la terre au lieu de l’aménager ».

Le nouveau parti de Naftali Bennett et Ayelet Shaked, HaYamin HaHadash, a publié un communiqué critiquant Netanyahu pour sa « sélectivité » et lui demandant de détruire immédiatement Khan Al-Ahmar.

« L’application sélective de la loi contre les seuls Juifs d’Amona, face à la crainte d’évacuer les constructions arabes illégales et sans entraves à Khan al-Ahmar, montre la faiblesse et les hésitations du gouvernement israélien vis-à-vis des Palestiniens, et sape la dissuasion de l’Etat d’Israël », a déclaré le parti.

Le président de Yesh Atid, Yair Lapid, a axé ses critiques sur les jeunes manifestants. « Quiconque attaque nos forces de sécurité attaque notre pays. Nous ne pouvons pas permettre que la primauté du droit s’effondre simplement parce qu’elle convient à quelques politiciens », a déclaré le législateur de l’opposition dans un communiqué.

Le président du Parti travailliste, Avi Gabbay, a affirmé dans un communiqué personnel après l’évacuation de jeudi qu’ « une poignée d’extrémistes des avant-postes et de la Knesset se sont habitués à commander le gouvernement et à voir le gouvernement Netanyahu céder à toutes leurs demandes ».

« Les citoyens israéliens méritent un gouvernement qui ne cède pas à la violence d’une poignée d’extrémistes », a ajouté M. Gabbay.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...