30 M $ pour défendre les start-up israéliennes contre les géants étrangers
Rechercher

30 M $ pour défendre les start-up israéliennes contre les géants étrangers

L'Américain Kobre & Kim et l'Australien Bentham IMF vont aider les entreprises israéliennes dans leurs litiges à l'étranger, notamment en matière de propriété intellectuelle

Symboles du droit et de la justice, comprenant un maillet de juge, des livres, la balance de la justice (Michał Chodyra ; iStock by Getty Images).
Symboles du droit et de la justice, comprenant un maillet de juge, des livres, la balance de la justice (Michał Chodyra ; iStock by Getty Images).

Le cabinet d’avocats américain Kobre & Kim, qui a un bureau à Tel Aviv, s’est associé à un cabinet mondial de financement de contentieux, Bentham IMF, pour mettre en place un fonds de contentieux de 30 millions de dollars pour aider les entreprises israéliennes à mener des batailles juridiques à l’étranger. Le fonds sera lancé à Tel Aviv mardi soir.

« Lorsque les Israéliens ont des différends juridiques aux États-Unis, notamment en matière de propriété intellectuelle, c’est à ce moment-là que nous intervenons », a déclaré Michael Rosen, avocat à Tel Aviv chez Kobre & Kim, dans une interview accordée au Times of Israel.

Un fonds de contentieux est un fonds créé par un tiers qui fournit les ressources financières nécessaires pour couvrir des procédures judiciaires coûteuses, moyennant une commission si le procès est gagné.

Si le litige n’aboutit pas, le fonds assume les frais qu’il a accepté de financer. Ce type de financement a pris de l’ampleur ces dernières années. La plupart des fonds sont destinés aux affaires juridiques majeures et de grande envergure, mais certains d’entre eux sont créés pour des affaires de moindre importance.

Le nouveau fonds « est conçu pour permettre aux entreprises israéliennes de rivaliser sur un pied d’égalité, même lorsqu’elles sont confrontées aux plus grandes entreprises internationales dans ce qui serait autrement un litige d’un coût prohibitif », a déclaré M. Rosen.

Le cabinet d’avocats basé à New York a des bureaux dans 11 pays, notamment à Londres, Séoul et Hong Kong.

Michael Rosen, avocat à Tel Aviv chez Kobre & Kim (Autorisation)

Les start-up israéliennes, dès leur création, sont orientées vers l’étranger, le marché local étant de petite taille. La plupart d’entre elles visent les États-Unis, où résident généralement leurs investisseurs et leurs principaux clients. Pour grandir, elles ont souvent besoin de faire équipe avec de plus grandes entreprises d’une façon ou d’une autre, ce qui implique de révéler comment fonctionne leur produit. Et cela peut engendrer des problèmes. Parce que lorsqu’une deuxième entreprise entre en scène, il peut y avoir des manquements à la confidentialité ou même aux brevets ; des promesses faites et non tenues.

Kobre & Kim a travaillé avec un certain nombre d’entreprises israéliennes, notamment dans les domaines de la virtualisation informatique, de l’apprentissage automatique et de la vision par ordinateur, pour les aider à faire valoir des réclamations à l’étranger contre des multinationales qui ont piraté leurs secrets commerciaux et leurs brevets.

« Ces cas sont nombreux » a indiqué Rosen. « Les entreprises israéliennes en général n’ont pas les ressources nécessaires pour mener le combat. Les multinationales sont certaines de pouvoir faire peur aux start-up ».

Lorsque des différends surviennent, les entreprises en démarrage, généralement à court d’argent au départ, sont très limitées quant à la façon dont elles peuvent se défendre en raison des coûts faramineux des procédures judiciaires. Ils abandonnent souvent le combat avant même de l’avoir commencé.

Il en coûte de 5 à 10 millions de dollars pour intenter une action en justice aux États-Unis, a expliqué M. Rosen. Vous pourrez peut-être les récupérer, si vous gagnez l’affaire, dit-il. Mais vous avez toujours besoin de fonds pour faire démarrer le dossier et le maintenir sur la bonne voie, et « aucune start-up n’a l’argent pour le faire », a-t-il ajouté.

Pour les entreprises israéliennes, la question devient encore plus difficile parce qu’elles n’ont pas les ressources et la confiance nécessaires pour réussir, car il y a des différences culturelles et elles ne savent pas comment naviguer dans le système juridique américain.

« D’autres fonds ont été consacrés pour des cas israéliens, mais il est difficile pour les entreprises israéliennes d’y avoir accès », a expliqué M. Rosen. Aucun autre fonds n’a consacré 30 millions de dollars uniquement pour les start-up israéliennes et leurs litiges, a-t-il précisé.

Le montant peut sembler une goutte d’eau dans l’océan, a-t-il admis, compte tenu du fait que les litiges à l’étranger peuvent dépasser les 10 millions de dollars. Mais c’est parce que le nouveau fonds est prêt à traiter également des affaires de moindre envergure. « Cela va nous permettre de nous développer en dehors des grosses affaires médiatiques », a-t-il dit. « Il y a un créneau qui n’est pas encore pleinement exploité en ce qui concerne le financement des affaires plus petites et moins coûteuses, et le nouveau fonds sera en mesure de s’en occuper également. »

Kobre & Kim se sont associés à Bentham pour un certain nombre de litiges, a expliqué Rosen. « Nous leur avons fait comprendre la valeur de la technologie israélienne et des demandes qui peuvent en découler », a-t-il expliqué. Et Bentham a décidé que ça valait le coup de se lancer dans la mêlée. Le capital de ce fonds pourrait aussi augmenter avec le temps, a ajouté M. Rosen. « C’est la première étape », a-t-il dit. « L’argent qui est en réserve est plus facile d’accès. »

Bentham a été fondée en Australie en 2001 et a créé sa filiale américaine en 2011. Au cours des six dernières années, la société américaine a traité des milliers de cas et a investi dans plus de 162 dossiers, récupérant quelque 2,1 milliards de dollars australiens (1,55 milliard de dollars américains) en dommages et intérêts, selon le site Web de la société. L’idée étant de partager le risque, mais aussi les bénéfices lorsqu’il y en a.

Le fonds de contentieux Kobre & Kim Bentham pour les sociétés de technologie israéliennes prendra en charge les litiges dans n’importe quel pays, a indiqué M. Rosen. « Les entreprises en démarrage doivent venir nous voir si elles ont un problème », a-t-il précisé. « Nous procéderons à un examen diligent et rapide de l’affaire, souvent en quelques semaines ». Si la requête est valable, le fonds se chargera de l’affaire.

Il y a peut-être quelques dizaines de procédures israéliennes introduites chaque année aux États-Unis, a poursuivi M. Rosen.

« Il ne s’agit pas de centaines de cas », a-t-il fait remarquer. Mais « parmi ces plaintes, quelles sont celles qui sont susceptibles d’aboutir ? Les gens abandonnent. Nous allons essayer de résoudre ce problème. »

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...