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300 M de shekels alloués pour renforcer la barrière de sécurité en Cisjordanie

Une section de 9 mètres de haut et de 40 kilomètres de long sera renforcée de Salem à Bat Hefer, suite à la tentative d'infiltration de deux terroristes par des brèches

Le contrôleur de l'État, Matanyahu Englman, visite une partie endommagée  de la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, près de la ville de Matan, dans le Centre du pays, le 31 mars 2022. (Crédit : Autorisation)
Le contrôleur de l'État, Matanyahu Englman, visite une partie endommagée de la barrière de sécurité avec la Cisjordanie, près de la ville de Matan, dans le Centre du pays, le 31 mars 2022. (Crédit : Autorisation)

Le cabinet de sécurité de haut niveau a approuvé le financement de la restauration d’une section de la barrière de sécurité de Cisjordanie, a déclaré dimanche le bureau du Premier ministre.

Selon un communiqué, les ministres ont voté à l’unanimité pour allouer 300 millions de shekels au renforcement d’un tronçon de 40 kilomètres de la barrière, le long de la ligne de séparation.

Cette décision a été prise suite à l’entrée en Israël, par une brèche dans la barrière, du terroriste qui a tué cinq personnes à Bnei Brak le 29 mars dernier. Les responsables de la sécurité soupçonnent l’assaillant palestinien qui a abattu trois personnes à Tel Aviv jeudi dernier d’avoir utilisé la même voie.

« Nous combattrons le terrorisme avec tous les outils à notre disposition et nous gagnerons », a tweeté le Premier ministre Naftali Bennett après la réunion du cabinet.

Selon le ministère de la Défense, cette somme financera la modernisation d’un tronçon de 40 kilomètres de la barrière, de la zone de Salem, dans le nord de la Cisjordanie, à la région israélienne de Bat Hefer.

« La barrière sera composée de béton, d’équipements de protection et de composants technologiques supplémentaires. Elle mesurera jusqu’à 9 mètres de haut et remplacera la barrière construite il y a environ 20 ans », a déclaré le ministère, ajoutant qu’il prévoit de commencer les travaux dans les semaines à venir.

Une section de la barrière de sécurité d’Israël entre l’implantation juive de Modiin Illit, à droite, et la périphérie du village cisjordanien de Bilin, près de Ramallah, le 23 juin 2011. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

De hauts responsables de la sécurité ont déclaré aux médias israéliens que le terroriste de Tel Aviv serait entré en Israël par une brèche dans la barrière de sécurité près de Jenine, malgré le fait que l’armée ait récemment fortifié la barrière dans cette zone.

La barrière de sécurité en Cisjordanie avait été proposée pour la première fois dans les années 1990 par l’ancien Premier ministre Yitzhak Rabin, qui y voyait un moyen de séparer Israël des Palestiniens. Mais le projet ne s’est jamais concrétisé en raison d’oppositions internes.

Ce n’est qu’au cours de la deuxième Intifada, alors qu’Israël a dû faire face aux vagues d’attentats suicides et autres attaques terroristes émanant de Cisjordanie, que l’idée a été relancée et est passée à la vitesse supérieure.

Nombreux sont ceux qui attribuent à la barrière le mérite d’avoir contribué à mettre fin à ce soulèvement, qui a duré de 2000 à 2005, bien que seulement 62 % du tracé prévu de 708 kilomètres ait été construit.

Des ouvriers palestiniens entrent illégalement en Israël par une brèche dans la barrière de sécurité près de la ville de Beer sheva, le 20 novembre 2019. (Crédit : HAZEM BADER / AFP

La barrière de sécurité n’est pas dénuée sans controverse, cependant, car elle a suscité des manifestations locales et une condamnation internationale en raison de son tracé, serpentant en Cisjordanie à travers des champs palestiniens saisis et coupant parfois les agriculteurs de leurs terres.

Environ 85 % de la barrière se trouve à l’intérieur de la Cisjordanie, les 15 % restants longeant la Ligne verte – la ligne de cessez-le-feu d’avant 1967 qui sépare Israël de la Cisjordanie – et le territoire israélien. Au total, on estime que la barrière a coûté au pays quelque 9 milliards de shekels, selon le Knesset Research and Information Center.

Sur la majeure partie de son tracé, la barrière consiste en une clôture à mailles losangées équipée de caméras de surveillance et d’autres capteurs, protégée par des fils barbelés et une zone d’exclusion de 60 mètres de large. Dans les zones plus urbaines, notamment autour de Jérusalem et de Bethléem, la barrière n’est pas une clôture, mais un mur en béton de huit à neuf mètres de haut.

Cependant, ces dernières années, Israël a été accusé de fermer les yeux sur les brèches de la barrière qui sont utilisées quotidiennement par des milliers de travailleurs palestiniens pour entrer illégalement en Israël.

Selon les analystes, la politique tacite d’Israël est de permettre à autant de travailleurs palestiniens que possible d’entrer en Israël afin d’éviter les difficultés économiques susceptibles de conduire au désespoir et de fomenter le terrorisme.

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