40 % des cas de virus importés de l’étranger viennent des Etats-Unis – ministère
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40 % des cas de virus importés de l’étranger viennent des Etats-Unis – ministère

Les Etats-Unis représentent la 1e source d'infection en Israël – probablement en raison de la politique de quarantaine bâclée concernant les arrivants

Photo d'illustration : Des voyageurs portant des masques à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, en Israël, le 27 février 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)
Photo d'illustration : Des voyageurs portant des masques à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, en Israël, le 27 février 2020 (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Les nouveaux arrivants depuis les Etats-Unis ont entraîné beaucoup plus d’infections au coronavirus en Israël que ceux venus de n’importe quel autre pays, a indiqué mardi le ministère de la Santé.

40 % des voyageurs entrants en Israël et ayant été contaminés à l’étranger, soit plus de 560 cas, venaient des Etats-Unis.

Le total pour l’Amérique du Nord s’élève à 573 infections, avec plus de 99 % en provenance des Etats-Unis, a noté le ministère de la Santé dans un rapport épidémiologique sans pour autant fournir un nombre exact. Les autres pays concernés sont le Canada et le Mexique.

La proportion élevée de cas israéliens en provenance du territoire américain a été probablement due à une politique gouvernementale bâclée qui a permis aux voyageurs d’entrer librement en Israël – notamment des personnes venues de New York, une ville très touchée par le coronavirus – et ce malgré des directives de quarantaine qui avaient été mises en place par les autorités israéliennes.

Depuis la mise en vigueur des restrictions de voyage, le mois dernier, des passagers ont atterri de manière répétée, avant de rentrer dans leurs foyers en Israël sans mise à l’isolement. Le gouvernement a suspendu cette semaine toutes les arrivées dans les aéroports.

Selon le rapport du ministère de la Santé, les arrivées depuis l’Europe ont représenté 43 % de tous les cas venus de l’étranger, soit 611 infections au total. Premier vecteur, les voyageurs en provenance de France, le pays qui arrive deuxième, derrière les Etats-Unis, avec approximativement 159 infections.

Arrive ensuite le Royaume-Uni, avec à peu-près 110 cas, puis le Brésil et l’Espagne, avec 50 à 100 cas chacun. Selon le rapport, 10 % des personnes ayant ramené la maladie de l’étranger venaient d’Amérique du sud, 4 % d’Afrique, et 3 % d’Asie.

Sur les treize premiers pays à l’origine de contaminations ultérieures en Israël, onze se trouvent en Europe.

Le ministère de la Santé a déclaré que les pays d’origine de 578 cas importés de l’étranger n’avaient pas été encore déterminés, ce qui signifie que le chiffre total pour les Etats-Unis pourrait être encore plus élevé.

Des employés du Magen David Adom en combinaison de protection contre le coronavirus se rendent chez un malade présumé à Jérusalem, le 14 avril 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Des voyageurs infectés sont arrivés au sein de l’Etat juif en provenance d’un total de 67 pays, a précisé le rapport. Le ministère de la Santé n’a pas fait savoir si tous les cas de malades venus de l’étranger étaient eux-mêmes citoyens israéliens mais les non-ressortissants sont largement interdits d’entrée sur le territoire depuis le début du mois de mars.

Les chiffres utilisés dans cette étude épidémiologique dataient du 11 avril. Israël, ce jour-là, comptait 10 825 infections au coronavirus confirmées. Ce nombre s’élevait à 12 200 mercredi matin.

Le rapport a établi que 49 % des infections au 11 avril – soit 5 004 cas – étaient issues d’un contact avec un porteur confirmé du coronavirus au sein de l’Etat juif. 19 % – ou 2 005 cas – ont été contaminés alors qu’ils se trouvaient à l’étranger et 15 % des malades – 1 517 personnes – ont attrapé le virus alors qu’ils se trouvaient dans des espaces publics, notamment dans des synagogues, des supermarchés, des marchés en plein air, des hôpitaux, des pharmacies, des banques ou des transports publics.

17 % des cas présentent une origine de contamination inconnue et le ministère de la Santé a indiqué manquer de données pour les 5 % restants.

Pour les enfants entre zéro et neuf ans, 86 % ont été infectés par un porteur confirmé, un pourcentage qui s’élève à 79 % pour les adolescents entre 10 et 19 ans.

Chez les 20 à 59 ans, 53 à 58 % ont été contaminés après avoir été en contact avec un porteur et pour les personnes âgées de 60 à 79 ans, ce taux s’élève à 44 % à 46 %.

Pour les seniors âgés de plus de 80 ans, 73 % ont attrapé le virus via contact direct – probablement dans la mesure où un nombre moindre d’individus relevant de ce groupe d’âge est amené à se rendre à l’étranger ou à utiliser les transports publics.

Le risque d’attraper le virus à l’étranger, chez les enfants et les personnes âgées, est bien moins important.

Dans le mois qui a suivi le premier cas confirmé de la maladie au sein de l’Etat juif, la majorité des nouveaux cas sont provenus de l’étranger mais, depuis la mi-mars, la plus grande partie des contaminations ont eu lieu sur le territoire israélien. Cela a particulièrement été le cas après Pourim, le 10 mars, où des foules festives ont entraîné une recrudescence du nombre de contaminations, a déclaré le rapport.

Une équipe médicale traite un patient atteint du COVID-19 dans une unité spécialisée à l’hôpital Mayanei Hayeshua à Bnei Brak, le 13 avril 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Le cabinet a approuvé, dimanche, des ordonnances d’urgence exigeant de toutes les personnes arrivant depuis l’étranger en Israël qu’elles rejoignent des hôtels de quarantaine à leur entrée dans le pays.

Au vu de ces nouveaux accords, le ministre des Transports Bezalel Smotrich a annoncé la reprise des quelques vols qui atterrissent encore en Israël. Ils avaient été gelés dimanche matin par le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui désirait résoudre d’abord la question de la mise à l’isolement des passagers.

Ces nouvelles initiatives ont été prises après qu’il a été clairement établi que les voyageurs arrivant au sein de l’Etat juif n’étaient pas tous placés en quarantaine, malgré les ordres données dans ce sens par le Premier ministre, la semaine dernière. Il était apparu que les nouveaux arrivants étaient autorisés à entrer dans le pays et à retourner chez eux, parfois même en prenant un taxi, sans exigence d’une mise à l’isolement sous la supervision de l’Etat et sans contrôle de leur température.

Samedi matin, environ 70 passagers d’un vol de la United Airlines, en provenance de New York, avaient pu débarquer à l’aéroport Ben Gurion et simplement rentrer chez eux. L’avion avait obtenu une autorisation spéciale d’atterrissage au sein de l’Etat juif malgré le confinement actuel.

Dès lundi, les autorités ont strictement appliqué les règles de mise en quarantaine des voyageurs dans les hôtels prévus à cet effet, a indiqué la Douzième chaîne.

Mardi, 158 passagers d’un appareil de la United Airlines en provenance de Newark, dans le New Jersey, ont été accueillis à l’aéroport par les personnels du Commandement du front intérieur, des services d’urgence du Magen David Adom et de la police. Ces derniers ont effectué des contrôles médicaux des nouveaux arrivants et observé leurs interactions avec les familles à l’aéroport, interdisant tout contact au-delà du coude.

Ceux qui présentaient des symptômes du COVID-19 ont été évacués vers un hôpital et ceux qui souffrent de maladie chronique ont été envoyés à l’isolement, chez eux. Tous les autres ont été emmenés dans un hôtel de quarantaine de Jérusalem pour un séjour de 14 jours.

Les Etats-Unis sont dorénavant l’épicentre mondial du coronavirus, avec 601 472 cas confirmés – c’est de loin le plus grand nombre de cas répertoriés dans un pays jusqu’à aujourd’hui – et 24 429 décès, légèrement plus que l’Italie, qui avait enregistré, jusqu’à présent, le nombre le plus important de décès.

New York est la ville la plus touchée par la maladie, avec plus de 10 000 morts et 175 000 cas selon le bilan de mardi soir.

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