5 soldats israéliens mis en examen pour violence contre des détenus Palestiniens
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5 soldats israéliens mis en examen pour violence contre des détenus Palestiniens

Le procureur a rédigé un acte d'inculpation contre des soldats suspectés d’avoir "frappé, cogné, matraqué" des détenus pour venger leur camarade tué

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Photo illustrant l'arrestation de Palestiniens. (Najeh Hashlamoun/Flash90)
Photo illustrant l'arrestation de Palestiniens. (Najeh Hashlamoun/Flash90)

Mardi, des procureurs militaires ont inculpé cinq soldats suspectés d’avoir frappé deux détenus palestiniens le mois dernier. Les prisonniers ont été sérieusement blessés, présumablement pour se venger d’une attaque terroriste qui avait tué deux de soldats israéliens.

Les cinq soldats auraient « giflé les Palestiniens, frappés à coups de poings et de matraques », alors qu’ils étaient menottés et les yeux bandés, leur « infligeant des blessures sérieuses », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Les deux détenus palestiniens avaient été arrêtés dans un raid conduit dans le cadre de la recherche d’un terroriste qui avait tué deux soldats israéliens lors d’une attaque à l’arme à feu à proximité de l’implantation de Givat Assaf au centre de la Cisjordanie.

Les cinq soldats sont poursuivis pour attaque et abus de pouvoir aggravés, a déclaré l’armée.

En outre, deux des soldats ont été inculpés pour obstruction à la justice puisqu’ils sont suspectés d’avoir essayé de s’accorder sur des faux témoignages au sujet de l’incident.

En déposant les plaintes, les procureurs militaires ont demandé de garder les cinq suspects en détention jusqu’au procès.

S’ils sont reconnus coupables, les soldats risquent de lourdes peines de prison.

Séparément, le commandant du peloton des soldats, un lieutenant, est suspecté d’avoir été au courant des violences sur les prisonniers et de ne pas avoir pris des mesures. Jusqu’à jeudi, il était confiné à la base le temps que les procureurs déterminent les mesures à prendre à son encontre.

Les soldats impliqués servent tous dans le bataillon religieux Netzah Yehuda de la brigade Kfir.

Les soldats du bataillon, qui opère en Cisjordanie, ont été au cœur de plusieurs polémiques liées aux extrémistes de droite et aux Palestiniens.

Le mois dernier, deux membres du bataillon ont été démis de leur fonction après s’être battus avec un groupe de soldats de la police aux frontières qui avaient arrêté de leurs amis civils pour avoir jeté des pierre sur des maisons palestiniennes à Ramallah.

En décembre, la police militaire a lancé une enquête sur les actes de soldats de Netzah Yehuda qui ont abattu un homme de Jérusalem est. Ils ont affirmé que l’homme avait essayé de forcer le passage avec sa voiture à un barrage en Cisjordanie. Les premiers éléments de l’enquête sur l’incident ont trouvé qu’il n’y a pas eu de tentative de forcer le barrage.

En 2016, un soldat du bataillon a été condamné à 21 jours de prison militaire pour avoir participé à ce qui avait été qualifié de « mariage de haine » au cours duquel des extrémistes avaient célébré le meurtre d’un nouveau-né palestinien quelques mois auparavant.

Des soldats du bataillon ont aussi été condamnés dans le passé pour avoir torturé et agressé des prisonniers palestiniens.

Le bataillon a été créé pour que les ultra-orthodoxes et autres soldats religieux puissent servir sans avoir le sentiment compromettre leurs croyances. Les soldats ne quasiment pas en contact avec leurs consœurs et disposes de plages horaires consacrées à l’étude à la prière.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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