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75 chefs orthodoxes israéliens appellent au dialogue sur la réforme judiciaire

Bon nombre de signataires de la lettre sont liés au mouvement des implantations, mais la plupart font partie de l'aile libérale de la communauté sioniste religieuse

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Des Israéliens agitant des drapeaux lors d'une manifestation contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de remanier le système judiciaire, devant la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023 (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)
Des Israéliens agitant des drapeaux lors d'une manifestation contre les projets du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de remanier le système judiciaire, devant la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023 (Crédit : Ohad Zwigenberg/AP)

Des dizaines de responsables religieux orthodoxes ont appelé mardi tous les partis politiques à se réunir pour envisager la proposition de compromis du président Isaac Herzog sur la réforme judiciaire, avertissant dans une lettre ouverte que les mesures unilatérales actuelles du gouvernement menaçaient de provoquer une fracture dans la société israélienne.

La lettre a été signée par 75 chefs religieux israéliens, hommes et femmes, issus pour la plupart du courant le plus libéral de la communauté sioniste religieuse, mais qui incluent également un certain nombre de personnalités éminentes.

« Nous appelons les membres de toutes les factions du parlement à entamer immédiatement un dialogue selon les principes énoncés dans les appels du président Herzog et à faciliter leur examen. Ceci afin d’essayer de parvenir à un consensus, par-delà les camps politiques, concernant les réformes du système judiciaire et de l’équilibre des pouvoirs entre les branches du gouvernement, afin de préserver l’indépendance des différentes instances », ont-ils écrit.

Les responsables religieux ont déclaré que de tels changements étaient nécessaires afin de « rétablir l’équilibre » entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire du gouvernement et de renforcer la confiance des Israéliens dans le gouvernement.

« Tout changement sans un accord aussi vaste que possible risquerait de rompre le fil qui relie les différentes parties de la nation, ce qui provoquerait une fracture et un effondrement », ont-ils écrit.

Parmi les signataires figurent le rabbin David Stav, chef de Tzohar ; le rabbin Mosheh Lichtenstein, directeur de la Yeshivat Har Etzion dans l’implantation d’Alon Shvut ; la religieuse Malka Puterkovsky, éminente experte en droit juif ; le rabbin Shai Piron, ancien ministre de l’Éducation ; et des dizaines d’autres.

Le gouvernement fait actuellement avancer une législation qui remanierait le système judiciaire, réduisant considérablement le pouvoir de la Cour suprême d’exercer un contrôle judiciaire, accordant au gouvernement une majorité automatique au sein de la commission de sélection des juges, autorisant les législateurs à annuler les décisions de justice à la majorité simple et permettant aux ministres de nommer leurs propres conseillers juridiques.

En réponse à ces propositions très controversées, des dizaines de milliers d’Israéliens participent depuis plus d’un mois à des manifestations hebdomadaires à travers le pays, d’importants économistes ont annoncé de sévères répercussions financières si les mesures étaient adoptées, et des alliés d’Israël ont averti des dangers de cette réforme.

La lettre ouverte des rabbins fait référence à une proposition de compromis en cinq points présentée par Herzog dimanche soir, qui comprend une législation plus claire pour formaliser le statut des lois fondamentales quasi-constitutionnelles d’Israël et une nouvelle configuration de la commission de sélection des juges qui ne donnerait pas un contrôle total au gouvernement – comme le propose actuellement la coalition – mais assurerait une plus grande représentation des différentes branches du gouvernement.

Une majorité d’Israéliens, 62 %, est favorable à l’arrêt ou au report du processus législatif actuel, la moitié d’entre eux disant qu’il devrait être complètement arrêté et l’autre moitié trouvant qu’il devrait être reporté pour permettre un débat. Un peu moins d’un quart d’entre eux, 24 %, ont déclaré qu’il devait se poursuivre comme prévu, et 14 % ont dit qu’ils ne savaient pas, selon un récent sondage réalisé par la Douzième chaîne.

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