900 survivants de la Shoah sont morts de la COVID en Israël
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900 survivants de la Shoah sont morts de la COVID en Israël

179 600 personnes définies comme survivantes du génocide vivent dans le pays, et environ 850 d'entre elles sont centenaires ou plus, selon le Bureau central des statistiques

Un survivant de la Shoah montre son numéro de prisonnier tatoué sur son bras. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Un survivant de la Shoah montre son numéro de prisonnier tatoué sur son bras. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Environ 900 survivants de la Shoah sont morts de la COVID-19 au sein de l’Etat juif pendant la pandémie, a annoncé mardi le Bureau central des statistiques à la veille de la Journée mondiale de commémoration du génocide.

3 500 survivants auraient contracté le coronavirus, ce qui signifie que le taux de mortalité parmi les survivants est de 17 %, un pourcentage seulement légèrement supérieur à celui enregistré pour le même groupe d’âge dans la population générale qui est de 16 %.

Les agences de l’Etat israélien définissent les survivants comme toute personne ayant été « exposée » au régime nazi, notamment celles qui ont vécu dans des pays qui avaient été conquis par l’Allemagne nazie ou qui avaient été placés sous l’influence directe des nazis entre 1933 et 1945. Sont aussi considérés comme des survivants les réfugiés ayant fui ces régions en raison des nazis.

Le rapport note qu’à la fin 2020, 179 600 personnes définies comme étant des survivantes de la Shoah vivaient en Israël. 3 000 personnes ont été reconnues comme survivantes du génocide en 2020 et 17 000 sont mortes – avec notamment les 900 victimes qui ont succombé des suites du coronavirus.

Joseph Zalman Kleinman, 92 ans, survivant de la Shoah, désigne le bras sur lequel il préfère recevoir la seconde dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19 au centre de vaccination de la caisse d’assurance-maladie de la Clalit dans un stade de Jérusalem, le 21 janvier 2021. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

Presque deux-tiers des survivants – soit 64 % – sont originaires de l’Europe. 11 % sont venus d’Irak, 16 % du Maroc, 4 % de Tunisie, 2 % d’Algérie et 2 % aussi de Libye.

Les survivants originaires du monde musulman avaient fui les pogroms inspirés par les nazis, comme le pogrom de Fahrud en Irak, en 1941, ou les territoires alliés ou contrôlés par les Allemands où leur quotidien avait subi des restrictions – comme cela avait été le cas au Maroc ou en Tunisie, qui étaient placés sous l’autorité du régime de Vichy.

La survivante de la Shoah Miriam Linial, au centre-gauche, alors que la sirène résonne pendant une cérémonie de commémoration de la Shoah qui a été organisée cette année en plein air pour cause de coronavirus à Haïfa, dans le nord d’Israël, le 21 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Ariel Schalit)

Seulement 1,8 % de la population de survivants – soit environ 3 200 personnes – est originaire d’Allemagne et d’Autriche.

Environ 40 % des survivants ont immigré au sein de l’Etat juif avant 1951 et plus d’un-tiers au cours de la dernière vague d’immigration en provenance de l’ex-Union soviétique dans les années 1990.

Comme les femmes vivent, en général, plus longtemps que les hommes, elles constituent 60 % de la population des survivants. Le pourcentage des femmes augmente à chaque catégorie de vieillissement.

Les survivants d’aujourd’hui ont tous plus de 75 ans – la Seconde Guerre mondiale s’est achevée il y a 75 ans – et environ 17 % d’entre eux ont plus de 90 ans.

Environ 850 survivants de la Shoah qui vivaient au sein de l’Etat juif à la fin de l’année 2020 étaient âgés de 100 ans ou plus.

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