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Reportage

A Beit Hanoun pour la 5e fois, Tsahal annonce la destruction imminente du bataillon du Hamas

Le ToI a suivi la brigade Givati dans cette ville du nord-est de Gaza dans laquelle les terroristes se retranchent depuis 2 ans ; dans un tunnel, des soldats ont tué un chef du Hamas

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des soldats de Tsahal de la brigade Givati se tiennent à l'aplomb d'une entrée de tunnel à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)
Des soldats de Tsahal de la brigade Givati se tiennent à l'aplomb d'une entrée de tunnel à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

C’est la cinquième fois que l’armée israélienne opère dans la ville de Beit Hanoun, à l’extrémité nord-est de la bande de Gaza, en face de Sderot, dans le sud d’Israël.

Mais cette fois – deux ans ou presque depuis le début de l’offensive terrestre – les chef de Tsahal assurent que la neutralisation du « bataillon » du Hamas, paralysé et encerclé à Beit Hanoun, est à portée de main.

Le bataillon du Hamas de Beit Hanoun ne se compose plus que de quelques agents, et la grande majorité des tunnels du groupe terroriste ont été démolis, expliquent les officiers.

« D’ici une semaine, ce devrait être fini : et quand je dis « fini », je dis qu’il n’y aura alors plus un seul tunnel », affirme le colonel Netanel Shamaka, commandant de la brigade d’infanterie de Givati, devant un parterre de journalistes réunis pour les besoins d’une visite sous bonne escorte à Beit Hanoun, mercredi dernier.

Ces deux derniers mois, l’armée a rasé la quasi-totalité des infrastructures à Beit Hanoun, dans le cadre d’une chasse aux tunnels et autres emprises du Hamas dans le secteur.

L’armée israélienne ne pense pas qu’il y ait des otages dans les environs.

Des maisons rasées à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Il ne s’agit pas pour nous de détruire des bâtiments pour le plaisir mais de détruire les infrastructures du Hamas », commente Shamaka.

« Peut-être restera-t-il au final 10 bâtiments debout [quand nous aurons terminé], car ils appartiennent à des civils, mais sans entrées de tunnel », précise-t-il.

Le commandant de Givati ajoute qu’à Beit Hanoun, « où que l’on creuse, on trouve des tunnels ».

Un soldat de Tsahal aux côtés de véhicules blindés, à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

L’un des principaux tunnels traversait tout Beit Hanoun, passant sous des écoles, les hôpitaux, les maisons et autres sites civils, au gré de dizaines d’embranchements souterraines, ajoute M. Shamaka.

Le tunnel principal, qui débouchait chez tous les chefs du Hamas de la ville, reliait également Beit Hanoun à Beit Lahiya, plus à l’ouest, ainsi qu’à Jabaliya, au sud, commente-t-il.

Lorsque l’armée israélienne a lancé sa nouvelle offensive à Beit Hanoun, ses soldats se sont frayé un chemin jusqu’aux embranchements du tunnel et ont coupé les routes d’accès à l’extérieur de la ville, ce qui a eu pour effet de piéger les quelques dizaines d’agents du Hamas non en surface et sous terre.

Des soldats de Tsahal de la brigade Givati se tiennent au-dessus d’une sortie de tunnel à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Nous localisons, cartographions puis détruisons les tunnels. Ce qui nous permet dans le même temps d’éliminer de nombreux terroristes cachés sous terre », explique Shamaka.

Lors de la recehrche de tunnels, des ingénieurs de combat ont tué – presque accidentellement – un chef de compagnie du Hamas recherché depuis le pogrom du 7 octobre 2023, ainsi que d’autres agents du bataillon Beit Hanoun.

Après avoir creusé et frappé le tunnel, les soldats du 7107e bataillon de génie de combat de réserve y ont déposé une charge explosive.

Des soldats de la brigade Givati tirent depuis un véhicule blindé Namer à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

Cette explosion a tué Mohammed Sahwil, chef de compagnie du bataillon Beit Hanoun ainsi qu’Akram Abu Jarad, chef de peloton et d’autres agents.

Selon des officiers de Tsahal, leurs corps n’ont été découverts que plus tard, lorsque les ingénieurs de combat ont envoyé un drone inspecter le tunnel. À l’intérieur du tunnel, les soldats ont mis la main sur des armes et des documents utiles pour le renseignement.

« Nous avons mené plusieurs actions tactiques pour tuer l’ennemi à l’intérieur même de ses tunnels. C’est l’un des résultats que nous avons obtenus », explique aux journalistes rassemblés sur ce qui était le tunnel, aujourd’hui rasé, le lieutenant-colonel « Gimmel », commandant du 7107e bataillon – qui, pour des raisons de sécurité, ne peut être connu que par son initiale en hébreu.

Maisons endommagées à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Il y a de cela quelques jours à peine, il y avait ici, sous nos pieds, un tunnel avec à l’intérieur des terroristes bien vivants. Nous les avons éliminés et avons détruit le tunnel ans son entier », ajoute-t-il.

Selon l’armée israélienne, il ne reste plus que quatre ou cinq terroristes à Beit Hanoun, la majorité d’entre eux ayant fui ou ayant été tués lors des combats, à l’instar du chef du bataillon, Hussein Fayyad.

Avant la guerre, le bataillon de Beit Hanoun – comme les 23 autres bataillons du Hamas de la bande de Gaza – comptait plus d’un millier d’agents.

Des soldats de Tsahal de la brigade Givati à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

Fayyad, le chef du bataillon de Beit Hanoun, a récemment été pris pour cible mais l’armée israélienne n’est pas certaine qu’il ait été tué. Elle avait déjà annoncé sa mort lors d’une précédente frappe, avant de revenir sur ses déclarations, ce dernier ayant été vu en public lors d’un cessez-le-feu.

« Ce qui a permis au Hamas de tenir pendant un an et 10 mois à Beit Hanoun, ce sont les tunnels et pas autre chose », explique Shamaka. « Les agents sont très rapidement descendus se cacher dans les tunnels creusés par le Hamas. Ce n’est que lorsque nous sommes parvenus à les localiser qu’ils ont commencé à en sortir : c’est à ce moment-là que nous les avons frappés », complète-t-il.

Le colonel Netanel Shamaka, commandant de la brigade Givati, prend la parole devant des journalistes à Beit Hanoun, dans le nord de Gaza, le 30 juillet 2025. (Emanuel Fabian/Times of Israel)

« Malheureusement, cette dernière année, le bataillon de Beit Hanoun nous a infligés un nombre non négligeable de pertes. D’après nos calculs, d’ici une semaine, nous en aurons fini avec Beit Hanoun », confie Shamaka avant d’ajouter que rien n’est totalement arrêté. Il se pourrait en effet qu’il y ait encore des tunnels inconnus de l’armée ou que « des terroristes viennent de la ville de Gaza par la route » et attaquent Israël.

« Il faudra que je sois là » pour éviter que ça arrive, conclut le commandant de Givati.

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