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A Berlin, Isaac Herzog dénonce un accord iranien « inefficace et édulcoré »

L'Allemagne est l'une des principales puissances qui négocient actuellement un retour à l'accord nucléaire, dont la conclusion est pressentie dans les prochaines semaines

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, à gauche, accueille le président Isaac Herzog au château de Bellevue à Berlin, en Allemagne, le 4 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)
Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, à gauche, accueille le président Isaac Herzog au château de Bellevue à Berlin, en Allemagne, le 4 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

Le président Isaac Herzog a publiquement souligné l’opposition d’Israël au projet actuel d’accord sur le nucléaire iranien lors de sa rencontre dimanche à Berlin avec le président allemand Frank-Walter Steinmeier.

« L’Iran aspire ouvertement à la destruction d’Israël, et la communauté internationale doit le traiter avec sévérité, fermeté et assurance », a déclaré Herzog aux côtés de Steinmeier après leur rencontre. « Les accords inefficaces et édulcorés ainsi que les avantages généraux n’arrêteront pas l’Iran. »

« L’Iran a prouvé qu’on ne pouvait pas lui faire confiance. L’Iran a prouvé qu’il était une menace pour l’ordre mondial. L’Iran a prouvé qu’il n’a aucun scrupule à semer la terreur, la mort et un comportement violent qui menace la stabilité mondiale », a poursuivi Herzog.

« L’État d’Israël ne peut accepter que son existence soit menacée. Israël se dressera et défendra avec assurance et puissance ses citoyens et ses communautés juives dans le monde entier. Nous attendons de nos alliés qu’ils se tiennent fermement à nos côtés en cette heure », a-t-il ajouté.

L’Allemagne est l’une des principales puissances mondiales qui négocient actuellement un retour à l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, un accord pouvant voir le jour dans les prochaines semaines malgré les divergences persistantes entre Téhéran et Washington.

Herzog est parti pour l’Allemagne dimanche matin pour une visite d’État officielle qui coïncide avec les commémorations du 50e anniversaire du massacre des Jeux olympiques de Munich en 1972. Sa participation à la cérémonie officielle allemande a été retardée jusqu’à la dernière minute en raison d’un différend concernant l’indemnisation des membres survivants des familles des 11 victimes israéliennes de l’attentat de 1972. Un accord entre les familles et le gouvernement allemand a finalement été conclu la semaine dernière.

Le 5 septembre 1972, huit membres de l’organisation terroriste palestinienne « Septembre noir » avaient pénétré dans un appartement de la délégation israélienne au village olympique, tuant deux athlètes israéliens et prenant neuf autres membres de la délégation en otage, afin de les échanger contre 232 prisonniers palestiniens.

L’intervention des services de sécurité allemands s’était achevée par la mort de tous les otages, un dénouement sanglant dont les autorités ouest-allemandes ont été tenues en partie responsables. Cinq terroristes palestiniens avaient été abattus et trois autres arrêtés.

Le président israélien a noté que les relations entre Jérusalem et Berlin étaient « compliquées, difficiles et parfois douloureuses, mais elles ont créé un lien profond et une alliance puissante et importante. » Herzog a noté que le Premier ministre Yair Lapid devait également se rendre en Allemagne la semaine prochaine, où il devrait rencontrer Steinmeier, le chancelier Olaf Scholz et d’autres responsables allemands.

Herzog devrait également rencontrer Scholz au cours de sa visite, s’adresser au Bundestag, le Parlement allemand, et participer à la commémoration du 50e anniversaire près de Munich. Il terminera son voyage par une visite du camp de concentration de Bergen-Belsen aux côtés de Steinmeier.

Herzog a déclaré dimanche que sa visite en Allemagne – sa première en tant que président – « est un voyage vers ses racines, tant personnelles que nationales », notant que son défunt père, l’ancien président Chaim Herzog, « a foulé le sol allemand en tant que fier officier juif, parmi les libérateurs des camps de la mort – dont l’un, Bergen-Belsen, où je conclurai ma visite d’État en Allemagne avec vous, Monsieur le Président, dans deux jours ».

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier, à droite, et son épouse Elke Buedenbender, à gauche, accueillent le président Isaac Herzog, deuxième à droite, et son épouse Michal Herzog, deuxième à gauche, pour une visite officielle au château Bellevue de Berlin, en Allemagne, le 4 septembre 2022. (Crédit : AP Photo/Markus Schreiber)

Le voyage de Herzog intervient un mois après que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a suscité l’indignation lors d’une visite officielle en Allemagne, en déclarant lors d’une conférence de presse à Berlin que les Palestiniens avaient subi « 50 Holocaustes« .

A LIRE : Mahmoud Abbas ou la falsification de toute une vie de l’Histoire juive

L’incident a poussé les responsables allemands à prendre leurs distances par rapport à ces commentaires, Scholz appelant Lapid pour lui présenter ses excuses.

Ni Herzog ni Steinmeier n’ont mentionné les commentaires d’Abbas lors de leurs interventions dimanche.

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