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A Gaza, le Hamas est partout, nulle part… et à la radio

"Cela fait partie de notre bataille médiatique et psychologique", assène un dirigeant du Hamas

Tirs de roquette depuis la bande de Gaza (Crédit : AFP
Tirs de roquette depuis la bande de Gaza (Crédit : AFP

Où sont les hommes du Hamas ? Dans la bande de Gaza, les islamistes sont à la fois partout et invisibles, mais bien présents à la radio et sur les réseaux sociaux, devenus leur arme de séduction massive.

Dans l’enclave palestinienne, les islamistes sont en quelque sorte invisibles.

Jamais on ne les a vus pendant les combats. Ils ont pourtant lancé plus de 3 000 roquettes en direction d’Israël depuis le 8 juillet, selon l’armée israélienne, dont certaines du quartier où sont basés les journalistes étrangers.

Ceux-ci ont parfois eu la surprise de voir surgir ces énormes projectiles à quelques mètres au-dessus de leur tête.

Même après des frappes israéliennes, dans des secteurs tendus, les hommes armés ont brillé par leur présence fantomatique, soit terrés dans leurs galeries qui creusent la bande de Gaza comme un gruyère, soit en tenue civile.

Israël, dont l’opération « Bordure protectrice » visait la destruction de ce monde souterrain, accuse le « mouvement de résistance islamique », nom officiel du Hamas, de se servir des Gazaouis comme « boucliers humains ».

Quand une frappe nocturne a décimé une famille, mais aussi un agent présumé du Hamas à Jabaliya, des hommes en civil patientaient au matin devant la morgue de l’hôpital.

Une fois les portes ouvertes, ils se sont engouffrés pour draper une des nombreuses dépouilles ensanglantées de la bannière verte du Hamas et aussitôt entamer une procession dans les méandres urbains de béton et de poussière.

– Portables éteints –

Si les agents terroristes peuvent parfois être repérés, leurs dirigeants, eux, ont totalement disparu des écrans radars. Certains ont déjà échappé à la mort lors des conflits précédents, d’autres ont vu leur maison bombardée durant cette guerre, et depuis ils se terrent, tous portables éteints.

Seuls des porte-parole du mouvement se sont risqués à des conférences de presse improvisées. Les cadres, eux, s’en sont remis aux réseaux sociaux pour publier avec une régularité exemplaire des déclarations glorifiant la « résistance » à Israël ou les exploits militaires des brigades Ezzedine Al-Qassam, la branche armée du Hamas.

A chaque fois que Facebook a fermé leurs pages, à deux reprises au moins pendant la guerre, ils en ont ouvert de nouvelles, livrant en temps réel le détail des opérations, leurs revendications ou les derniers développements sur les bombardements des maisons de leurs dirigeants.

Dans cette guerre de l’information, le Hamas peut compter sur sa chaîne Al-Aqsa qui a inondé la population d’images crues et de vidéos de propagande d’Al-Qassam : des hommes encagoulés sortant et entrant des tunnels, s’entraînant aux arts martiaux ou à des opérations en mer.

– ‘Bataille psychologique’ –

« Cela fait partie de notre bataille médiatique et psychologique », assène un dirigeant du Hamas sous le couvert de l’anonymat.

Pas une image de combats en temps réel n’a filtré. Les brigades Al-Qassam ont diffusé un communiqué menaçant quiconque aurait pris ou diffusé des photos de lance-roquettes multiples, dont certaines, abandonnées, traînent parfois sur les sentiers.

Mais, avec l’arrêt de l’unique centrale électrique de la bande de Gaza, bombardée fin juillet, regarder la télévision est devenu un luxe. Alors tout le monde se branche sur la radio.

« Notre télévision est désormais à usage externe, pour les Palestiniens en Cisjordanie, en Egypte, en Algérie. A Gaza, les gens écoutent maintenant la radio et je dirais qu’environ 50 % de la population écoutent notre fréquence », explique à l’AFP Mohammed Thuraya, le directeur du réseau Al-Aqsa.

« La résistance doit être dans le cœur et l’esprit des gens, d’où l’importance des médias. Les gens doivent savoir que les sionistes tuent des enfants, des professeurs, des parents », affirme-t-il.

« La radio d’Al-Aqsa est de loin la plus rapide », lance Ahmed Nasir, Gazaoui d’une vingtaine d’années.

« Mais elle ne dit pas toute la vérité », lance un autre jeune habitant, « Al-Aqsa fait beaucoup dans la propagande ».

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