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A Gaza, restaurer de vieux réchauds en laiton pour la cuisine

"Les gens ont cherché du bois de chauffage partout, mais il n'y en a plus. Il faudrait l'acheter plus cher et ils n'ont plus beaucoup d'argent", explique Ibrahim Shouman

Ibrahim Shouman de vieux réchauds de camping en laiton à Gaza. (Crédit : AFPTV)
Ibrahim Shouman de vieux réchauds de camping en laiton à Gaza. (Crédit : AFPTV)

Dans un atelier gazaoui, Ibrahim Shouman redonne vie à d’antiques réchauds en laiton, et de l’espoir aux déplacés privés de gaz ou de bois pour la cuisine. Un coup de pince, une mèche neuve, une recharge de carburant maison et une gerbe de feu crépite, comme un miracle.

« Les gens sont revenus aux temps anciens et apportent leurs réchauds de camping en laiton pour les faire réparer parce qu’il n’y a pas de gaz ou de carburant disponible », explique-t-il à un journaliste de l’AFP à Rafah, à la pointe sud de la bande de Gaza contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas.

Des centaines de milliers de civils piégés par la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée à cause de l’attaque sanglante de la branche palestinienne des Frères musulmans sur le sol israélien le 7 octobre ont tout laissé derrière eux lorsque la riposte a commencé au nord.

« Les gens ont cherché du bois de chauffage partout, mais il n’y en a plus. Il faudrait l’acheter plus cher et ils n’ont plus beaucoup d’argent », explique Ibrahim Shouman dont les clients suivent les gestes précis quand il frotte, tord, ajuste les pièces, un piston, le brûleur, la réserve.

À Rafah, ceux d’entre eux qui en avaient hérité de leurs parents, et leurs parents avant eux, apportent leurs vieux réchauds en laiton, cabossés, couverts de poussière.

C’est le cas d’Adnan Abu al-Aish. « Ces réchauds de camping étaient utilisés il y a 100 ans, c’est dire à quel point nous avons régressé », soupire l’homme qui, à 55 ans, cherche de quoi faire cuire sa semoule ou ses légumes.

Faute de kérosène, Ibrahim Shouman alimente les réchauds avec un mélange maison d’huile de moteur et de mazout.

« Il y a du diesel », explique Adnan Abu al-Aish, « mais c’est très difficile d’en trouver. Le litre coûte environ 30-35 shekels », l’équivalent de 7,5 à 8,7 euros, « et il faut passer une journée entière à en chercher ». « Il faut se débrouiller. Il n’y a même pas de bois de chauffage, les gens cherchent des bouts de carton jetés par terre ».

Mohamed al-Malahi, lui aussi, a apporté son réchaud, qu’il dit avoir appartenu à son arrière-arrière-grand-père. « Que pouvons-nous faire ? Nous en avons besoin pour faire du feu et cuisiner ».

Dans les circonstances, « ils font l’affaire », philosophe Ibrahim Shouman.

Le groupe terroriste palestinien du Hamas avait affirmé mardi que le nord de Gaza était en « état de famine, en raison de la pénurie de produits alimentaires essentiels », mais le colonel Elad Goren, chef du Cogat, l’organe du ministère de la Défense israélien supervisant les activités civiles dans les Territoires palestiniens, a accusé le mouvement islamiste de « s’accaparer la nourriture des convois humanitaires » pour lui-même, « au lieu de le donner à la population de Gaza ».

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