A l’anniversaire du procès de Nuremberg, Loretta Lynch salue la reconnaissance du viol comme crime de guerre
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A l’anniversaire du procès de Nuremberg, Loretta Lynch salue la reconnaissance du viol comme crime de guerre

La procureure générale américaine décrit sa frustration qu’il soit plus facile de porter en justice les crimes de guerre que de les faire cesser

Loretta Lynch, procureure générale des Etats-Unis, le 9 décembre 2015. (Crédit : Chatham House/CC BY 2.0/WikiCommons)
Loretta Lynch, procureure générale des Etats-Unis, le 9 décembre 2015. (Crédit : Chatham House/CC BY 2.0/WikiCommons)

Marquant le 70e anniversaire du procès de Nuremberg, la procureure générale des Etats-Unis Loretta Lynch a déclaré que le développement le plus important dans la poursuite des crimes de guerre depuis le procès avait été la reconnaissance du viol comme un crime de guerre.

« L’une des plus grandes avancées du droit pénal international pendant la dernière génération a été la reconnaissance des violences de genre comme crime de guerre », a déclaré Lynch pendant un entretien avec JTA vendredi.

Le Tribunal pénal international pour le Rwanda a classé le viol comme crime de guerre en conséquence des procès des années 1990.

Lynch s’est exprimée jeudi depuis Nuremberg aux Dialogues du droit humanitaire international, un forum pour les professionnels et les étudiants du droit international, pendant un évènement marquant le 70e anniversaire du procès des crimes de guerre nazis dans la ville allemande.

Ce procès, qui a tenu pour responsable les officiels nazis du génocide des juifs et d’autres crimes de guerre, a formé la base des poursuites actuelles contre les crimes de guerre.

Le procès de Nuremberg dans l'Allemagne d'après guerre, pendant lesquels certains des plus grands criminels de guerre du Troisième Reich ont été jugés et condamnés par les Alliés. Sur le banc des accusés se trouve Hermann Goering (devant à gauche), dirigeant de l'armée de l'air allemande et personnage important du Reich. (Crédit : WikiCommons)
Le procès de Nuremberg dans l’Allemagne d’après guerre, pendant lesquels certains des plus grands criminels de guerre du Troisième Reich ont été jugés et condamnés par les Alliés. Sur le banc des accusés se trouve Hermann Goering (devant à gauche), dirigeant de l’armée de l’air allemande et personnage important du Reich. (Crédit : WikiCommons)

Lynch a déclaré que la reconnaissance du viol comme un crime de guerre, couplée à la prolifération des poursuites, notamment contre des commandants des Balkans, du Soudan et de la République du Congo, était un testament sur la manière dont une jeune génération de procureurs était de plus en plus engagée envers la justice.

Quand elle était en droit à l’université, a déclaré Lynch, les étudiants en droit international le voyaient comme une voie sur « comment gagner de l’agent » via des cabinets juridiques.

« A présent, la plupart des étudiants en droit international demandent comment ils peuvent faire une différence », a-t-elle déclaré.

Lynch a reconnu les contradictions dans l’application du droit international, avec certains criminels rapidement appréhendés et d’autres, notamment le dirigeant soudanais Omar al-Bashir, qui peuvent échapper à la justice en raison d’un réseau de dirigeants amis qui leur permettent de voyager sans être arrêter.

« Nous devons constamment réinventer les manières de réprimer ce mal », a-t-elle déclaré.

Lynch a décrit comme une grande frustration qu’il soir plus facile de porter en justice les criminels de guerre que de faire cesser leurs crimes, disant qu’elle préférait largement pouvoir intervenir.

« La nature de ce que nous faisons en tant qu’enquêteurs et procureurs arrive nécessairement après que les pires atrocités ont été commises, a-t-elle déclaré. La condition humaine continue de prolonger les dictateurs et les autocrates et les personnes qui vivent de la souffrance des autres. »

Elle n’a pas spéculé sur le sort du président syrien Bashar el-Assad, le dirigeant d’un régime qui a brutalement réprimé le soulèvement de son pays, ou celui des islamistes le combattant, pour savoir s’ils seraient jugés pour crimes de guerre dans un conflit qui a fait presque un demi million de morts en plus de cinq ans.

« J’ai été procureur pendant longtemps et je ne prédirai jamais qui pourrait ou pas se situer dans le champ d’application d’un tribunal parce que vous ne les alertez pas de cela », a déclaré Lynch.

« Ils auraient du mal à ne pas être conscient que leurs crimes leur ont attiré des condamnations internationales et le mépris international. A présent, nous sommes au milieu du conflit et nous devons voir ce qui se développe, et également comment les choses seront abordées une fois que le conflit est résolu », a-t-elle déclaré.

« Je pense qu’avec une coalition forte de nations qui affrontent ce sujet en Syrie, que finalement nous l’emporterons, c’est mon espoir, et mon opinion, a-t-elle déclaré. A la fin du conflit, nous aurons certainement à évaluer et à voir comment nous pouvons nous occuper des auteurs [de crimes de guerre]. »

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