A l’université d’été du judaïsme français, la culture comme ouverture
Les défis de la lutte contre l'antisémitisme ont occupé une grande part des débats de l'université d'été, mais les organisateurs ont aussi tenu à avoir un message d'espérance
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Au-delà des inquiétudes face à l’antisémitisme, l’université d’été du judaïsme français, organisée cette semaine à Nice, a rappelé que la culture pouvait permettre d’affirmer une identité mais aussi de s’ouvrir au reste de la société.
« Ce serait magnifique que les gens rentrent dans une synagogue » pour des spectacles, des masterclass ou des lectures, a ainsi lancé le metteur en scène Steve Suissa devant plus de 150 responsables et représentants de tous les consistoires de France.
« Il y a des concerts d’artistes dans toutes les églises de France. Si on arrive à mélanger ce culte et cette culture, on va se surprendre. Et forcément, on va surprendre les autres. Il y a un patrimoine juif qui est magnifique », a-t-il insisté.
Pour l’auteure et comédienne Rachel Khan, « on a encore la force d’aller au-devant du public, alors même que, instinctivement, on a envie de se mettre en boule dans notre lit et juste d’être comme nos grands-parents, cachés dans la cave ».
La semaine dernière, le diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) avait été l’occasion d’exprimer l’inquiétude face à l’antisémitisme qui mine la communauté depuis les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 et la riposte militaire israélienne dans la bande de Gaza.
Entre janvier et mai 2025, un total de 504 actes antisémites ont été recensés, en baisse de 24% sur la même période en 2024. Mais ils restent toutefois en augmentation de 134% par rapport à janvier-mai 2023, selon le ministère de l’Intérieur.
M. Suissa, qui organise un festival annuel de théâtre français à Tel Aviv et des ateliers pour les enfants de Sderot, à la lisière de la bande de Gaza, n’a pas caché ses difficultés depuis octobre 2023: son agent l’a lâché, les salles refusent d’accueillir ses spectacles, il reçoit des menaces de mort chaque semaine…
Les défis de la lutte contre l’antisémitisme ont occupé une grande part des débats de l’université d’été, mais les organisateurs ont aussi tenu à avoir un message d’espérance.
Donner envie « de nous aimer »
Pour Elie Korchia, président du consistoire central, il est en effet important que la communauté juive se parle et fasse parler d’elle parfois autrement que « sous le prisme des actes antisémites, de la guerre en Israël, du climat anxiogène, des commémorations de la Shoah… »
Dans cette optique, le consistoire et M. Suissa, également producteur d’une émission sur le judaïsme diffusée le dimanche matin sur France 2, vont proposer à cet auditoire à 90 % non-juif une série de documentaires sur le judaïsme dans les régions françaises.
Après un premier épisode tourné cette semaine à Nice, le suivant s’intéressera fin octobre à Metz aux sources du judaïsme ashkénaze en France.
« On va faire comme Stéphane Bern (avec le patrimoine). On va se balader en France et on va montrer la richesse du judaïsme », a-t-il expliqué. « Pourquoi, par la culture, on ne donnerait pas aussi envie aux gens de nous aimer ? »
Parmi les participants, cet appel a particulièrement résonné. Un représentant de Levallois a rappelé que si les synagogues étaient trop petites ou mal adaptées pour accueillir du public, les communautés pouvaient se tourner vers leur municipalité pour avoir une salle.
Un représentant de Toulouse a suggéré d’inviter les enfants des écoles juives à ces spectacles, mais de se tourner aussi vers les autres écoles privées confessionnelles, chrétiennes ou musulmanes.
Même si elles font l’objet de mesures de sécurité particulières, « les synagogues sont des lieux de prière, de communion, de réunion », a rappelé Bension Elkouby, membre du consistoire de Nice.
« Et il y a plusieurs portes d’entrée. Pour moi, c’est la prière mais pour d’autres, ça peut être la culture. L’important, c’est qu’elles sont ouvertes », a-t-il ajouté.
la Communauté du Times of Israël !








