À Nir Oz, Anat Even filme l’après-7-Octobre
Dans "Collapse. Face à Gaza", la réalisatrice israélienne documente les destructions de part et d’autre de la frontière
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« Collapse. Face à Gaza », documentaire de la réalisatrice israélienne Anat Even, est sorti en France le 6 mai dernier. Le film revient sur l’après-7 octobre 2023, à la frontière entre Israël et Gaza, en prenant pour point d’ancrage le kibboutz de Nir Oz, situé à quelques kilomètres de l’enclave palestinienne.
Anat Even retourne dans ce lieu où elle a vécu une partie de sa jeunesse et avec lequel elle a conservé des liens étroits. Nir Oz figure parmi les kibboutzim les plus durement touchés lors des attaques du Hamas : 38 personnes ont été tuées et 75 ont été enlevées.
La réalisatrice filme les maisons incendiées, les vitres soufflées, les objets abandonnés et le dépeuplement du site, devenu une ville fantôme. Sur les boîtes aux lettres apparaissent les mentions « tué », « capturé » ou « libéré ».
Tourné sur près de deux ans, le documentaire suit également la transformation progressive de cette zone frontalière du désert du Néguev. Depuis les terres agricoles du kibboutz, la bande de Gaza apparaît constamment à l’horizon, visible à travers les fumées et les destructions provoquées par les bombardements. Les explosions et les bruits de guerre constituent une présence sonore permanente tout au long du film.
Née à Eilat en 1958, d’une mère palestinienne et d’un père algérien, Anat Even a étudié le cinéma à l’UCLA avant de développer, depuis les années 1990, une œuvre documentaire indépendante critique à l’égard de la politique israélienne. Elle a notamment travaillé sur les questions de mémoire, d’identité et de coexistence israélo-palestinienne.
Dans un entretien accordé au journal Le Monde, la réalisatrice explique avoir ressenti, lors de son retour à Nir Oz après le 7-Octobre, « l’absurdité surréaliste des choses » : « Comment un lieu qui avait contenu tant de vie était devenu un tel espace de mort ? » Le film prend la forme d’un dialogue à distance avec son coscénariste Ariel Cypel, écrivain et metteur en scène israélien installé en France depuis l’enfance. Leurs échanges, intégrés au récit, accompagnent la réflexion menée par la cinéaste sur la guerre, le deuil et l’évolution de la société israélienne depuis le 7-Octobre.
Le documentaire précise dès son ouverture avoir été « produit sans le consentement de l’État israélien ». Le film a été intégralement financé par des investissements français.
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