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Explication

A quoi va ressembler la 25e Knesset ?

Dans le parlement investi mardi, 23 nouveaux élus, 3 revenants, 10 Arabes (le nombre le plus bas en 20 ans) et deux fois plus de femmes dans l'opposition que dans la coalition

Le chef du parti du Likud Benjamin Netanyahu après des discussions de coalition dans un hôtel de Jérusalem, le 6 novembre 2022. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du parti du Likud Benjamin Netanyahu après des discussions de coalition dans un hôtel de Jérusalem, le 6 novembre 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La 25è Knesset fera sa prestation de serment mardi, quatorze jours après les élections législatives du 1er novembre.

Ce sera la cinquième Knesset investie en moins de trois ans et demi – ce qui témoigne de la crise politique en cours au sein de l’État juif.

Combien y a-t-il de nouveaux députés ? Le nombre de femmes, au Parlement, continuera-t-il à stagner ? Combien de nouveaux législateurs ont donc eu une expérience politique au niveau local ?

Nouveaux venus, vétérans et revenants

Vingt-deux députés qui vont faire leur prestation de serment comme membres de la 25e Knesset sont des nouveaux venus – parmi eux, sept appartiennent au Likud et sept à HaTzionout HaDatit.

Trois autres font leur retour après une pause : Danny Danon et Nissim Vaturi, du Likud, ainsi que Youssef Atauna, de Hadash-Taal. Le législateur ayant eu la plus longue carrière parlementaire est Moshe Gafni – il avait été élu pour la première fois en 1988. Vient ensuite Benjamin Netanyahu, qui avait lui aussi été élu pour la première fois en 1988 mais qui n’avait pas servi dans la 15e Knesset, de 1999 à 2003.

Un graphique montrant, par parti, le nombre de nouveaux députés, de revenants et le nombre de ceux qui ont été réélus. (Crédit : Israel Democracy Institute/Autorisation)

Les femmes

Dans les élections qui ont eu lieu entre 1988 et 2015, il y a eu une augmentation presque constante du nombre de femmes siégeant au Parlement : elles sont passées de sept en 1998 à 29 en 2015. Dans les cinq scrutins qui ont eu lieu depuis lors, la situation s’est gelée – avec entre 28 et 30 femmes qui ont été élues à chaque fois.

La représentation des femmes dans la Knesset sortante avait atteint un record sans précédent grâce à la « Loi norvégienne », une loi qui permet aux parlementaires élus à un poste de ministre de démissionner de la Knesset et de laisser la place à d’autres candidats issus de leur liste. Cette nouvelle Knesset commencera avec 29 femmes, mais ce chiffre devrait peut-être augmenter si la « Loi norvégienne » est une nouvelle fois utilisée.

La faction comptant le plus de femmes (neuf) est Yesh Atid. Les femmes constituent une majorité des quatre députés d’Avoda élus au Parlement – elles sont trois. Le Shas et Yahadout HaTorah, de leur côté, continuent d’être des factions 100 % masculines.

En résultat, la coalition qui devrait apporter son soutien au 37e gouvernement ne comptera que neuf femmes parmi ses 64 membres – soit 14 %. Il y a 20 femmes, en contraste, parmi les 56 législateurs qui siègeront dans l’opposition (soit 56 %).

Composition de la Knesset par sexe et parti. (Crédit : Israel Democracy Institute/Autorisation)

Représentation arabe

Dans ces élections, la représentation parlementaire de la plus grande minorité en Israël a atteint son niveau le plus bas en deux décennies : Seuls dix non-Juifs appartiendront à cette 25e Knesset. Pourquoi ? En raison de la faible participation électorale dans le secteur arabe et la scission survenue entre les listes arabes – une scission qui a amené Balad à se trouver dans l’incapacité de franchir le seuil électoral pour intégrer la Knesset, un seuil qui s’élève à 3,25 %.

Mais ce n’est qu’une partie de l’histoire.

Une autre raison expliquant cette représentation arabe réduite à son minimum est qu’il n’y a pas de parlementaires arabes dans les autres formations. La 20e Knesset élue en 2015, par exemple, comprenait quatre députés arabes – chez Avoda, chez Yisrael Beytenu, au Likud et au Meretz. L’année dernière, lors de la 24e Knesset, cinq députés arabes étaient entrés sous l’étiquette de ces partis – deux au Meretz et trois, pour chacun d’entre eux, au sein d’Yisrael Beytenu, du Likud, et du parti Travailliste.

Cette fois-ci, il n’y a que le député vétéran druze Hamad Amar (Yisrael Beytenu) qui est entré à la Knesset au dernier moment, grâce aux bulletins sous double enveloppe.

Nombre de députés arabes à la Knesset par membres arabes et par parti en 2015 et 2022. (Crédit : Israel Democracy Institute/Autorisation)

Âge

La moyenne d’âge des membres de la 25e Knesset est de 50,5 ans. Les députés les plus âgés sont Haim Katz (75 ans), Netanyahu (73 ans), Mickey Levy et Yitzhak Goldknopf (71 ans). Il y a douze parlementaires âgés de moins de 40 ans, et les plus jeunes sont Yitzhak Waserlauf (30 ans), Yorai Lahav-Hertzano (34 ans) et Almog Cohen (35 ans).

La faction la plus âgée est Yahadout HaTorah (ses membres ont 64 ans en moyenne) ; la plus jeune est HaTzionout HaDatit (avec une moyenne, parmi ses membres, d’un peu moins de 48 ans).

Expérience

Le tremplin le plus commun pour une carrière parlementaire est l’expérience acquise dans l’administration locale.

Un total de 34 membres de la nouvelle Knesset ont occupé des postes à responsabilité au niveau local. Parmi eux, plusieurs maires (Nir Barkat à Jérusalem, Meir Cohen à Dimona, Yaakov Asher à Bnei Brak et Moshe Abutbul à Beit Shemesh), des chefs de conseils régionaux (Mati Tzarfati Harkabi au conseil régional de Yoav ; Alon Schuster, au conseil régional de Shaar Hanegev) et un chef de conseil local (Michael Biton à Yeruham).

Les services de sécurité continuent à être un important ticket d’entrée au Parlement israélien : Treize membres de la 25e Knesset ont occupé des fonctions déterminantes dans la sécurité.

En plus de deux anciens chefs d’état-major (Benny Gantz et Gadi Eisenkot), trois généraux de réserve (Yoav Gallant, Orna Barbivai et Elazar Stern), trois généraux de brigade (Miri Regev, Zvika Fogel et Sharon Nir) et un colonel (Matan Kahana). Quatre autres ont servi dans la police israélienne (Mickey Levy et Yoav Segalovitz), au Shin Bet (Avi Dichter), et au Mossad (Ram Ben-Barak).

Photo d’illustration : Vue du parlement israélien pendant une séance plénière à la Knesset de Jérusalem, le 2 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus d’un quart des députés sont diplômés en droit – mais seulement certains d’entre eux ont fait carrière dans ce domaine avant d’être élus à la Knesset. C’est le cas de Moshe Saada, Tali Gotliv, Simcha Rothman, Karine Elharrar et Debby Biton. La 25e Knesset n’aura que quelques membres issus du monde des médias : Les vétérans Yair Lapid, Merav Michaeli et Yisrael Eichler accueillent ainsi dans leur club une nouvelle recrue, Boaz Bismuth.

Le professeur Kenig, auteur de cet article, est chercheur à l’Institut israélien de la démocratie.

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