A voir : Un journaliste de l’AP coince le département d’Etat américain
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A voir : Un journaliste de l’AP coince le département d’Etat américain

Le porte-parole américain a du mal à qualifier le bombardement américain d'un hôpital afghan de « scandaleux et consternant »

Un journaliste de l’Associated Press a, lundi, interrogé un porte-parole du Département d’Etat sur les condamnations des Etats-Unis d’une frappe israélienne sur une école de l’ONU dans la bande de Gaza l’été dernier, qui contrastent avec la réponse à l’échec de Washington à condamner sa propre frappe apparemment accidentelle sur un hôpital de Médecins sans frontières à Kunduz, en Afghanistan la semaine dernière.

Le gouvernement américain a déclaré que le bombardement de l’hôpital de Kunduz, qui a tué au moins 19 personnes et blessé des dizaines d’autres personnes, était un « incident tragique », mais a renoncé à condamner l’attaque tant que « les faits n’ont pas encore émergé » et que la lumière ne sera pas faite sur l’attaque.

Au cours de la conférence de presse quotidienne, le journaliste Matthew Lee a rappelé que le département d’Etat avait publié une déclaration « très, très ferme », après qu’Israël a bombardé l’école de l’ONU dans la bande de Gaza, en disant : « le soupçon que les militants [terroristes du Jihad islamique et du Hamas] opèrent à proximité ne justifie pas les frappes qui ont mis en danger les vies de tant de civils innocents ».

La frappe de Tsahal du 3 août dernier, pendant la guerre de l’été dernier à Gaza, a fait au moins 10 morts, selon des sources palestiniennes. L’armée israélienne a publié une déclaration affirmant que les forces avaient visé trois terroristes du Jihad Islamique palestinien à bord d’une moto dans les environs de l’école à Rafah.

« Est-ce … encore la politique de l’administration que le soupçon que les militants opèrent à proximité d’un site comme celui-ci, qui est une école – est-ce que ce soupçon ne justifie pas les frappes qui mettent en danger la vie de civils innocents ? Est-ce la position de l’administration encore ? », a demandé Lee.

Le porte-parole adjoint, Mark Toner, a répondu, « nous agissons toujours avec une grande précaution et nous sommes très catégoriques lorsque nous déclarons que quand nous voyons ailleurs des attaques dans les zones où il pourrait y avoir des victimes civiles d’éviter les pertes civiles ».

Lee, cependant, n’a pas été satisfait de la réponse.

Il a continué à questionner Toner, en ajoutant : « ce qui me rend plus curieux est que cette déclaration dit que la suspicion que les militants opèrent à proximité ne justifie pas les frappes, qui – et l’armée a dit qu’elle a été appelée parce que les Afghans l’ont demandé. Mais [Médecins Sans Frontières] a dit qu’ils avaient reçu les coordonnées de la même manière que l’armée israélienne avait donné les coordonnées à l’école à Rafah ».

« Donc ma question est : si le soupçon que les militants opèrent à proximité ne justifie pas les frappes sur un centre humanitaire pour lequel les coordonnées avaient été données, cela semble avoir changé », a-t-il poursuivi.

Toner a déclaré qu’il restait « trop ​​de spéculation à ce stade » pour commenter et a demandé « d’attendre que l’enquête suive son cours ».

Lee a souligné que la déclaration du Département d’Etat sur la frappe de l’école à Gaza avait été délivrée avant qu’une enquête ne soit menée.

« Alors pouvez-vous dire maintenant, en sachant ce que vous avez fait, que vous – que la frappe sur cet hôpital était scandaleuse et consternante », a-t-il insisté.

« Encore une fois, je voudrais juste réitérer mes sincères condoléances aux victimes de cette attaque et juste à nouveau souligner le fait que nous allons enquêter », a déclaré Toner.

« Et comme je l’ai dit, une fois que ces enquêtes seront terminées, nous allons prendre des mesures pour – soit obliger les parties responsables à prendre leur responsabilité ou prendre des mesures qui permettent d’éviter tout type d’accident de ce genre à l’avenir ».

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