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Abandon des poursuites contre 4 Arabes israéliens accusés d’avoir battu un soldat

Après la diffusion d'une vidéo prouvant qu'ils n'étaient pas impliqués, l'avocat des accusés affirme que des aveux ont été arrachés à ses clients sous la torture

Capture d'écran de la vidéo de la caméra de sécurité qui a conduit à l'abandon des charges contre quatre hommes arabes israéliens accusés d'avoir battu un soldat de Tsahal qui n'était pas en service. (Douzième Chaîne)
Capture d'écran de la vidéo de la caméra de sécurité qui a conduit à l'abandon des charges contre quatre hommes arabes israéliens accusés d'avoir battu un soldat de Tsahal qui n'était pas en service. (Douzième Chaîne)

Mercredi, les procureurs de Tel Aviv ont demandé l’abandon des poursuites contre quatre hommes arabes israéliens accusés d’avoir battu un soldat hors service à Jaffa en mai, car les images des caméras de sécurité les montrent arrivant sur les lieux après que l’attaque avait déjà eu lieu.

La demande a été déposée auprès du tribunal de district de Tel Aviv après que la défense des accusés a fourni les images aux procureurs.

Sur la vidéo, on peut voir les quatre hommes, qui n’étaient pas en groupe, se diriger vers l’endroit où le soldat Leon Shranin, 19 ans, gisait sur le sol après avoir été attaqué par une foule.

La police avait précédemment déclaré que les quatre accusés avaient avoué, lors de leur interrogatoire par le service de sécurité Shin Bet, avoir participé à l’agression, mais leur avocat affirme que les aveux ont été obtenus sous la contrainte.

« Mes clients me disent qu’ils ont subi de graves tortures », a déclaré l’avocat Shadi Kabaha, représentant les quatre suspects, à la Douzième chaîne.

« La torture comprenait des attaques, des humiliations et le fait d’être attaché », a-t-il dit.

Kabaha a déclaré qu’en raison des méthodes utilisées, le résultat de l’interrogatoire du Shin Bet n’est pas fiable.

Des actes d’accusation ont été déposés en juin contre les frères Raav et Lawrence Mahamid, ainsi que Lotfi Vahash et Mohammed Ayiash. Deux autres personnes ont également été inculpées à l’époque.

La police a déclaré que tous les accusés avaient admis qu’ils se trouvaient sur les lieux de l’attaque et que deux d’entre eux avaient avoué avoir pris part au passage à tabac, bien qu’ils se soient ensuite rétractés.

Leon Shranin, 19 ans, a été grièvement blessé par une foule arabe lors d’émeutes à Jaffa. (Crédit : capture d’écran : Treizième chaîne)

Le procureur d’État Amit Aisman a ordonné le retrait des actes d’accusation contre les frères Mahamid et Vahash, tandis que les charges contre Ayiash ont été modifiées, car il est également accusé d’incitation et de soutien à un groupe terroriste.

Les charges contre deux autres suspects, qui n’ont pas été nommés dans les médias, restent en place.

La Douzième chaîne a rapporté qu’une décision n’a pas encore été prise concernant l’enquête sur la façon dont les quatre suspects ont avoué des délits dans lesquels ils n’étaient pas impliqués.

Shranin a été laissé dans un état grave après avoir été battu le 13 mai, souffrant d’une fracture du crâne et d’une hémorragie cérébrale, avait déclaré à l’époque l’hôpital Ichilov de Tel Aviv. Il a pu se rendre seul à l’hôpital après l’agression, mais ses blessures ont nécessité une longue rééducation.

L’attaque contre Shranin a eu lieu pendant une période de troubles qui a été marquée par les pires violences entre les communautés juive et arabe depuis des décennies. En mai, dans un contexte de combats intenses avec Gaza et de tensions à Jérusalem, les communautés juives et arabes d’Israël, ethniquement mélangées, se sont déchaînées dans des violences collectives que la police n’a pas réussi à contenir.

Dans les semaines qui ont suivi l’apaisement des violences, la police a lancé une vaste opération visant à appréhender les suspects impliqués dans les violences, ce qui a conduit à l’arrestation de plus de 1 550 personnes, en majorité des Arabes israéliens. Plus de 150 inculpations ont été prononcées.

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