Abbas : « Nous n’avons jamais dit non à la reprise des négociations de paix »
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"C'est une terre islamique et chrétienne, à tous les égards"

Abbas : « Nous n’avons jamais dit non à la reprise des négociations de paix »

Abbas dément avoir refusé de négocier et explique que les Etats-Unis ne sont plus un "négociateur honnête" ; il n'acceptera pas Jérusalem comme capitale israélienne unifiée

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Mahmoud Abbas de l'Autorité palestinienne, au centre, lors de la "Conférence de Jérusalem, capitale de la jeunesse islamique" dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 6 février 2018 (Crédit :  AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)
Mahmoud Abbas de l'Autorité palestinienne, au centre, lors de la "Conférence de Jérusalem, capitale de la jeunesse islamique" dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 6 février 2018 (Crédit : AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Les Palestiniens n’ont jamais rejeté une invitation à reprendre les négociations de paix avec Israël, a indiqué mardi le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

« Notre main est tendue vers la paix par le biais de négociations », a dit Abbas. « Nous soutenons la lutte contre le terrorisme partout dans le monde ».

Abbas, qui s’exprimait au festival 2018 de la « Conférence de Jérusalem, capitale de la jeunesse islamique » à Ramallah, a répété que l’administration américaine n’était plus en mesure de tenir un rôle de négociateur honnête dans le processus de paix israélo-palestinien.

Il a expliqué que l’événement de Ramallah avait pour objectif d’envoyer un message au monde que Jérusalem est exclusivement la capitale d’un état palestinien, même s’il a plus tard ajouté que Jérusalem appartenait aux confessions musulmane et chrétienne.

Les représentants de 27 pays arabes, islamiques et de l’Union européenne ont assisté à la cérémonie d’ouverture du festival, notamment 14 ministres des Sports et de la Jeunesse.

Khaled Al-Roudhan, le ministre koweïtien du Commerce et de l’Industrie et ministre d’Etat de la Jeunesse, a déclaré lors de son arrivée à Ramallah : « Notre participation aux côtés d’un certain nombre de nations sœurs est également l’affirmation que Jérusalem est la capitale de la Palestine. Les liens du Koweït avec la cause palestinienne sont solides, ils sont anciens et l’engagement continu du Koweït en faveur de la cause palestinienne n’a pas changé depuis des décennies ».

Dans son discours, Abbas a renouvelé ses critiques du plan de paix au Moyen-Orient préparé par l’administration américaine dont les détails doivent encore être rendus publics.

« Personne n’est autorisé à signer [un accord] en notre nom », a dit Abbas, se référant aux informations stipulant que l’administration américaine tente de réaliser la paix entre Israël et certains pays arabes.

Le président américain Donald Trump montre le protocole signé reconnaissant Jérusalem en tant que capitale de l’Etat juif en présence du vice-président Pence, à la Maison-Blanche, le 6 décembre 2017 (Crédit : AFP Photo/Saul Loeb)

Abbas a critiqué la reconnaissance par le président américain Donald Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël ainsi que ses menaces de couper ses financements à l’Office de secours pour les réfugiés palestiniens des Nations unies (UNRWA).

« Que reste-t-il à évoquer maintenant que Jérusalem et les réfugiés ne sont plus sur la table des négociations ? », a demandé Abbas.

« Nous ne parlerons pas avec ceux qui excluent les réfugiés du statut final. Il y a des questions dont nous avons d’ores et déjà convenu – la vision d’une solution à deux états sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-est comme capitale. Après cela, nous nous installerons à la table des négociations et nous débattrons de tous les problèmes », a-t-il dit.

Abbas a qualifié de « mensonges » les allégations stipulant que les Palestiniens refuseraient des pourparlers avec Israël.

« Je défie quiconque qui affirmerait nous avoir invités, ne serait-ce qu’une fois, pour des négociations, dire que nous avons rejeté cette offre ».

Les Palestiniens, a dit Abbas, ne permettront à personne de dire que Jérusalem est la capitale unifiée d’Israël ou d’y déplacer une ambassade.

« Nous n’accepterons ni ne permettrons une telle discussion », a-t-il dit.

« Cette terre est une terre islamique et chrétienne, à tous les égards. Jérusalem est la capitale palestinienne éternelle des jeunes musulmans et c’est également la capitale des jeunes chrétiens », a ajouté le chef de l’AP.

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