Accusations d’abus sexuels sur des détenus palestiniens: Des Juifs manifestent devant les bureaux du New York Times
A Manhattan, les manifestants ont scandé le slogan « Stop aux diffamations, stop à la haine », indignés et effrayés que cet article, alléguant que l'armée israélienne a dressé des chiens pour violer des détenus, ne déchaîne la violence
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Luke Tress est le correspondant du Times of Israel à New York.

NEW YORK — Jeudi, des manifestants se sont rassemblés devant les bureaux du New York Times, à Manhattan, pour protester contre un article invraisemblable qui a fait couler beaucoup d’encre, faisant état d’abus sexuels systémiques à l’encontre de détenus palestiniens en Israël à l’aide de chiens dressés à cet effet.
Près de 200 manifestants, pour la plupart juifs, se sont massés sur le trottoir pour scander « Le New York Times, c’est une honte », « Nous ne nous tairons pas » et « Le New York Times, reprends-toi, stop aux diffamations, stop à la haine. »
« Les abus du Hamas sont tus ! Nick Kristof invente des choses ! » a crié un homme à propos de l’auteur de l’article, Nicholas Kristof.
Les manifestants tenaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « L’anti-sionisme provoque la mort de Juifs » et « J’accuse » à côté du logo du New York Times, en référence à l’affaire Dreyfus, lors de laquelle un officier juif français avait été accusé à tort d’espionnage sur la base de preuves fabriquées de toutes pièces à la fin du XIXème siècle.
Les critiques regrettent que cet article s’appuie sur des sources connues pour leur extrémisme anti-sioniste et pour leurs inventions. Selon des spécialistes, l’affirmation la plus extrême de l’article, selon laquelle les Israéliens utilisent des chiens pour violer des Palestiniens, n’est pas plausible. Par ailleurs, l’article est sorti peu de temps avant la publication d’un important rapport sur les viols commis par le Hamas. L’ex-Premier ministre Ehud Olmert a souligné que cet article déformait une de ses déclarations faites au journaliste.
Cette manifestation a été l’oeuvre des organisations militantes Stop Antisionism, Movement Against Antizionism, Hineni et End Jew Hatred. A part End Jew-Hatred, les autres organisations sont de création relativement récente, nées dans le sillage du pogrom commis par le Hamas en Israël en octobre 2023 : elle sont le reflet d’une tendance croissante, au sein de la communauté juive américaine, à considérer l’anti-sionisme comme une forme de haine contre les Juifs, et non comme une position politique.
End Jew Hatred organise régulièrement des manifestations aux États-Unis – pas les autres organisations, pour lesquelles ce rassemblement a été l’un des premiers.
« Nous estimons que les diffamations de Kristof constituent un tournant, de par leur caractère on ne peut plus scandaleux et de par cette représentation bestiale des Israéliens qu’il propose, qui est la pire que l’on ait vue à ce jour », a déclaré Adam Louis-Klein de Movement Against Antizionism.
« On voit bien que le problème est celui d’une diffamation systématique, anti-sioniste, et que la société est dans le déni face à ce problème. Le problème est celui de l’anti-sionisme systémique. »
La manifestante Eve Oster a déclaré espérer que la manifestation incite les collaborateurs du New York Times de Boone volonté à prendre la parole.
« C’est de la diffamation contre les Juifs, Israël, et cela ne fait qu’aggraver la situation des Juifs partout dans le monde », a-t-elle déclaré. « Les gens se sentent seuls. Ils ne sont pas seuls. Nous ne sommes pas seuls. Juifs, avec nos amis, nous ne sommes pas seuls. »
Les manifestants ont à plusieurs reprises fait référence à la couverture de Gaza par le New York Times, laquelle s’est avérée être erronée – comme cela avait notamment été le cas lors de l’explosion de l’hôpital Al Ahli, en octobre 2023, que le New York Times et d’autres organes de presse avaient attribuée à une frappe israélienne mais qui avait, en réalité, été causée par une roquette palestinienne. Le journal avait aussi rapporté les propos d’un responsable de l’ONU qui avait affirmé que 14 000 bébés gazaouis allaient mourir de faim, ce qui était là encore mensonger.
Plusieurs commentateurs avaient souligné que l’affirmation relative aux « 14 000 bébés » était sortie peu avant l’assassinat de deux membres du personnel de l’ambassade d’Israël à Washington, DC.
Selon Ramon Maislen, coordinateur des activistes de Brooklyn Bridgebuilders, l’article de Kristof est encore différent de tout ce qui précède car, auparavant, la situation sur le terrain, à Gaza, était complexe et difficile à lire.
« A titre général, il y a un grand épuisement et une forte déception. Et cela fait un bon moment que nous supportons cela : c’est peut-être la goutte d’eau qui fait déborder le vase », a-t-il déclaré.
Several hundred demonstrators outside the New York Times to protest Kristof column pic.twitter.com/20K0KNzXTf
— Luke Tress (@luketress) May 14, 2026
Les manifestants ont fait part de leur indignation face à cette manière de présenter les choses et ils ont dit craindre que de telles accusations n’encouragent la violence contre les Juifs.
Naya Lekht, qui est fondatrice de Stop Antisionism, a comparé cet article à la propagande de l’Allemagne nazie entre le moment de l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler, en 1933. Les massacres de masse avaient commencé en 1941.
« Que s’est-il passé pendant ces huit années ? Une suite ininterrompue de diffamations. Nous sommes à nouveau dans cette suite ininterrompue de diffamations. De calomnies sanglantes qui se cachent sous des dehors politiques, comme l’apartheid, le génocide ou l’idée qu’Israël vole des organes », a-t-elle dit.
« Si nous étions en 1929, debout devant Der Stürmer, eux aussi penseraient qu’ils sont les gentils. Avons-nous vraiment besoin d’une nouvelle catastrophe pour que l’on construise un autre sanctuaire, en ces temps d’anti-sionisme ? » ajoute-t-elle. « Nous sommes ici pour mettre en garde. Nous sommes ici pour leur dire qu’ils sont en train d’enclencher un cycle de violences. Ils ne le comprennent pas. »
Le New York Times a défendu son article dans plusieurs déclarations et jeudi, il a balayé d’un revers de la main la menace du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, de le poursuivre en justice.
« Cette menace, semblable à celle de l’an dernier, semble tout droit sortie d’un manuel politique éculé destiné à saper les bases du journalisme indépendant et à étouffer la presse qui ne va pas dans le sens souhaité. Ces récriminations sans infondées sur le plan juridique », a déclaré un porte-parole.
Devant la manifestation, des passants ont hué les manifestants et crié « Qu’Israël aille se faire foutre » ou encore « Arrêtez de n*** des gamins », sans que cela donne pour autant lieu à une contre-manifestation organisée.
La manifestation a cessé au bout d’une heure et les manifestants se sont séparés en chantant l’hymne israélien, « Hatikvah », qui signifie en hébreu « L’Espoir ».
la Communauté du Times of Israël !







