Israël en guerre - Jour 196

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Accusant la gauche d’abandonner sa judéité, le Likud s’unit à Otzma Yehudit à Tel Aviv

Malgré les appels du Premier ministre à l'unité pendant la guerre, les partis s'appuient sur les divisions laïcs-religieux et appellent à préserver son "héritage et de son caractère juifs"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, saluant le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à la Knesset, à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, saluant le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, à la Knesset, à Jérusalem, le 23 mai 2023. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Arguant que l’Israël libéral a « oublié ce que signifie être Juif », le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu a rejoint le parti d’extrême-droite Otzma Yehudit dans une campagne électorale commune visant à préserver « l’héritage et le caractère juifs » de Tel Aviv.

S’appuyant sur les profondes divisions entre Israéliens religieux et laïcs, les deux partis nationalistes – qui se présentent sur une liste commune – ont lancé des attaques répétées contre ce qu’ils décrivent comme les efforts de la gauche pour minimiser les expressions publiques du judaïsme dans la ville blanche largement laïque, avant les élections municipales qui se tiendront la semaine prochaine à l’échelle nationale.

« Tel Aviv n’appartient pas qu’aux gauchistes », ont-ils déclaré dans une récente publication sur Facebook, accusant les résidents libéraux et laïcs de la ville d’essayer d’évincer leurs homologues religieux.

Les termes employés dans la campagne ont un retentissement particulièrement frappant à un moment où les politiciens, et Netanyahu en particulier, ont à maintes reprises appelé à la modération, à une rhétorique conciliante et à l’unité dans le cadre de la guerre éreintante contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

En 2022, Netanyahu a fait entrer dans sa coalition le chef d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, un disciple de feu le rabbin extrémiste Meïr Kahane en marge de la politique israélienne, ce qui a suscité de nombreuses critiques, notamment de la part du président américain Joe Biden, qui a déclaré que plusieurs membres du gouvernement israélien étaient « parmi les plus extrémistes » qu’il ait jamais vus au cours de sa carrière politique.

Depuis lors, Ben Gvir, qui est devenu ministre de la Sécurité nationale, s’est heurté à de nombreuses reprises à la Maison Blanche et à Netanyahu, menaçant de quitter le gouvernement si les opérations militaires israéliennes à Gaza ne se poursuivaient pas « à plein régime ».

Une camionnette de campagne Likud-Otzmah Yehudit portant le slogan « vous avez oublié ce qu’est le judaïsme » garée à Tel Aviv avant les élections municipales de 2024. (Crédit : Facebook)

Malgré les tensions occasionnelles au sein de la coalition, Ben Gvir a vanté le partenariat entre les deux partis à Tel Aviv dans un récent spot de campagne mettant en scène des images du Likud, déclarant que leurs efforts conjoints allaient « renforcer Tel Aviv ».

Otzma Yehudit se présente dans « des dizaines de villes à travers le pays, dans certaines d’entre elles seul et dans d’autres en collaboration », a déclaré un porte-parole du parti au Times of Israel, ajoutant que chaque fois qu’il y a une opportunité de « faire avancer le programme du ministre Ben Gvir et d’Otzma Yehudit pour renforcer la sécurité, le sionisme et le judaïsme », ils sont « les premiers à coopérer ».

Otzma Yehudit fait également campagne avec le Likud dans les villes de Yeruham et Netivot, dans le sud du pays, et avec le parti ultra-orthodoxe Shas dans plusieurs autres municipalités.

La première année du mandat du gouvernement actuel a été marquée par des divisions croissantes entre les Juifs religieux et laïcs à Tel Aviv, et la campagne des deux partis a cherché à tirer parti de la colère suscitée par les controverses religieuses – bien que celles-ci aient été largement mises de côté à la suite de l’attaque du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre, la population ayant été encouragée à se concentrer sur ce qui l’unit plutôt que sur ce qui la divise.

Les élections étaient initialement prévues pour le 31 octobre, mais elles ont été reportées au 27 février en raison de la poursuite des combats dans le sud et le long de la frontière libanaise.

« Le Likud-Otzma Yehudit à Tel Aviv-Jaffa est là pour préserver la tradition juive, les synagogues, les institutions religieuses de la ville et un espace public où l’on peut mettre des tefillin [phylactères de prière juifs] et prier sans être humilié ou empêché par la force », ont écrit les deux partis dans une déclaration sur Facebook au début du mois.

La campagne faisait probablement référence aux efforts déployés par les activistes de la ville pour empêcher les membres du mouvement Habad Loubavitch d’installer des stands de tefillin près des écoles de la ville, ainsi qu’à un incident très médiatisé au cours duquel un directeur de lycée a été filmé en train de dire à un élève de cesser de mettre ses tefillin dans un espace public (bien que les élèves soient autorisés à le faire à l’intérieur des salles de classe, et que le ministre de l’Éducation du Likud lui-même ait défendu le directeur à ce sujet).

La question de la prière dans l’espace public a profondément divisé les habitants de Tel Aviv, provoquant des protestations et des affrontements dans les rues de la ville.

Heurts entre militants orthodoxes et laïcs alors que le groupe Rosh Yehudi installe une cloison pour séparer les hommes et les femmes sur la place Dizengoff, malgré un arrêt de la Haute cour, pendant Yom Kippour, le 24 septembre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash 90)

En septembre, des centaines de manifestants ont encerclé une synagogue du centre de Tel Aviv où s’exprimait un rabbin controversé, auteur de commentaires sexistes et homophobes, ce qui a donné lieu à des scènes chaotiques lorsque le rabbin a été escorté vers la sortie sous haute protection policière.

La manifestation devant la synagogue de l’organisation Rosh Yehudi, une association à but non lucratif qui encourage les juifs à adopter un mode de vie religieux, s’est déroulée alors que le groupe se battait pour obtenir le droit de tenir des prières non mixtes sur la place Dizengoff, suscitant la colère dans cette ville largement libérale.

Quelques jours plus tard, le groupe a défié la municipalité de Tel Aviv et un ordre de la Cour suprême en installant des drapeaux israéliens pour former une cloison de fortune, ou mehitzah, entre les hommes et les femmes, lors d’une prière de masse sur la place Dizengoff, au centre de Tel Aviv, au début de Yom Kippour.

Les manifestants ont ensuite arraché les drapeaux et retiré les chaises que les organisateurs avaient installées, empêchant ainsi l’office de se dérouler.

Des affrontements similaires ont eu lieu au même endroit le 6 octobre, un jour avant l’attaque du Hamas, lorsque des employés municipaux ont démonté une mehitzah que les fidèles avaient placée, et que plusieurs manifestants ont utilisé des haut-parleurs pour scander des slogans contre la coercition religieuse.

Les porte-parole du Likud ont refusé de répondre aux questions du Times of Israel concernant le partenariat du parti avec Otzma Yehudit.

La campagne commune des deux partis a donné lieu à « une incitation plus extrême que celle à laquelle nous avons été exposés dans le passé », a souligné au début du mois le quotidien Maariv, qui cite la liste du « Nouveau Contrat », comprenant le parti de gauche Meretz et les Verts.

« Nous ne laisserons aucun de ces extrémistes décider qui est Juif, ni en Israël, ni à Tel Aviv-Jaffa », a déclaré le parti libéral. « Nous devons nous opposer à ce groupe d’extrémistes fous qui osent essayer de nous dicter qui est Juif et qui ne l’est pas, en temps de guerre, alors que nous sommes tous mobilisés pour protéger le pays. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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