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Des manifestants encerclent un rabbin homophobe et sexiste à Tel Aviv

La manifestation visait Yigal Levinstein et la coercition religieuse ; le chef de Rosh Yehudi, qui veut organiser un office de Kippour non-mixte sur la place Dizengoff, a reçu des crachats

Le rabbin Yigal Levinstein se frayant un chemin à travers les manifestants, à Tel Aviv, le 19 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Le rabbin Yigal Levinstein se frayant un chemin à travers les manifestants, à Tel Aviv, le 19 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Des centaines de manifestants ont encerclé mardi soir une synagogue du centre de Tel Aviv où s’exprimait un rabbin controversé, auteur de commentaires sexistes et homophobes, ce qui a donné lieu à des scènes chaotiques lorsque le rabbin a été escorté vers la sortie sous haute protection policière.

La manifestation devant la synagogue de l’organisation Rosh Yehudi, une association à but non lucratif qui encourage les Juifs à adopter un mode de vie religieux, s’est déroulée alors que le groupe veut organiser une prière non mixte sur la place Dizengoff, suscitant la colère dans cette ville largement libérale.

Quelque 300 personnes ont protesté contre la venue du rabbin Yigal Levinstein, figure connue de l’académie prémilitaire de Bnei David. Levinstein est aussi connu pour avoir qualifié les membres de la communauté LGBTQ de « déviants » et les femmes servant au sein de Tsahal de « folles ».

Des militants ont également protesté contre l’organisation Rosh Yehudi et son chef, le rabbin Israel Zeira, dont les efforts de prosélytisme en faveur du judaïsme orthodoxe à Tel Aviv se sont parfois heurtés aux laïques.

Les manifestants ont brandi des drapeaux israéliens ainsi que des drapeaux aux couleurs de l’arc-en-ciel. Ils ont fait retentir des klaxons et des vuvuzelas. De plus, des pancartes où l’on pouvait lire des slogans à l’encontre du prosélytisme religieux et de la discrimination fondée sur le sexe ont été également brandies par les militants.

Alors qu’il quittait la synagogue, Zeira a été suivi de près par plusieurs dizaines de manifestants, selon le quotidien Israel Hayom. Le journal a publié des images le montrant marchant aux côtés de quelques fidèles et de plusieurs policiers.

D’autres images montraient des scènes similaires lorsque Levinstein a quitté le bâtiment, bien que certains disciples l’accompagnant aient pu être vus en train de se bagarrer brièvement avec des manifestants. Levinstein était entouré d’un grand groupe de policiers, qui ont été contraints de repousser les manifestants qui tentaient de l’encercler.

Les militants, enhardis par les manifestations contre le projet de refonte du système judiciaire du gouvernement, ont pris l’habitude de harceler leurs cibles – et ce, de façon bruyante. Il s’agit généralement de membres de la coalition de Benjamin Netanyahu qui se déplacent lors de visites publiques, – ce qui entraîne parfois aussi de vives altercations.

Le rabbin Yigal Levinstein donnant une leçon pendant que des activistes protestent contre lui, à la synagogue Rosh Yehudi, à Tel Aviv, le 19 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« Près de 100 personnes nous ont poursuivis, » a déclaré Zeira à la chaîne publique israélienne Kan.

A l’antenne de la station de radio 103FM mercredi, Zeira a affirmé que les manifestants lui avaient craché dessus, tout en précisant qu’il n’avait pas été blessé.

« Nous sommes choqués par le niveau de violence et de haine dans les yeux de gens qui sont censés être bons et intelligents », a-t-il aussi confié au site d’information sioniste religieux Kipa, ajoutant que les manifestants, inquiets de la situation du pays, « se déchaînaient dans toutes les directions ». Il a nié soutenir la coercition religieuse, alors que dans le passé, il a déclaré soutenir le prosélytisme.

Des Israéliens protestant contre le rabbin Yigal Levinstein, à Tel Aviv, le 19 septembre 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Levinstein a déclaré qu’il était venu offrir son soutien à Zeira et a accusé « ceux qui s’étouffent dans le libéralisme » de « n’avoir aucun problème (…) à attaquer » le rabbin, selon des propos rapportés par Israel Hayom.

D’autres membres de la communauté sioniste religieuse, à laquelle les deux rabbins sont étroitement liés, ont également condamné la manifestation.

« Ce que nous avons vu hier soir ressemble à une scène des pires périodes de l’histoire juive », a estimé Bezalel Smotrich, chef du parti HaTzionout HaDatit, toujours selon Israel Hayom. « Un rabbin et un citoyen religieux ont été brutalement attaqués par une foule […] violente en raison de leur foi. »

Les manifestants ont défendu leurs actions, notant les remarques déplacées de Levinstein et accusant Zeira d’essayer d’introduire des mœurs religieuses coercitives dans la ville, pour mettre fin à sa tolérance.

Chen Arieli, à droite, présidente de l’Association LGBT, le 25 juillet 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Ce que nous avons vu hier, c’est une communauté qui en a assez de s’excuser et qui veut prendre sa vie en main. À quoi s’attendaient les chefs de Rosh Yehudi ? », a déclaré à Kan la maire-adjointe de Tel Aviv, Chen Arieli. « Il n’y a pas eu d’attroupement, ni de violence. Il y a eu des gens venus protester du fond du cœur contre le racisme et la haine dans le bastion libéral de notre ville. »

La ville a interdit à Rosh Yehudi d’ériger une mehitza – une sorte de cloison ou de barrière t qui est utilisée pendant les prières pour séparer les hommes des femmes, conformément à la halakha, la loi juive orthodoxe.

En réponse, Rosh Yehudi a annoncé que l’événement n’aurait pas lieu si la ville ne retirait pas sa requête, car cela violerait les principes halakhiques. Rosh Yehudi cherche également à obtenir une injonction du tribunal contre la décision de la ville.

Moshe Radman, un entrepreneur qui a joué un rôle important dans les récentes manifestations anti-refonte judiciaire, a écrit sur X – anciennement Twitter : « Ils sont venus pour rendre les gens religieux, ils sont venus pour construire des bases de pouvoir dans les villes laïques. »

Environ 2 000 fidèles assistant à la prière de Neilah de Yom Kippour sur la place Dizengoff, à Tel Aviv, en Israël, le 5 octobre 2022. (Crédit : Municipalité de Tel Aviv)

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