Accusations d’homicide involontaire dans le drame du parking à Tel Aviv en 2016
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Accusations d’homicide involontaire dans le drame du parking à Tel Aviv en 2016

2 entreprises et 2 ingénieurs accusés de négligence dans l'effondrement qui a fait six morts, les procureurs affirmant qu'ils ont rogné sur les coûts de construction

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des équipes de recherche et de sauvetage sortent un troisième corps des décombres d'un parking effondré à Tel Aviv, le 6 septembre 2016. (Miriam Alster/Flash90)
Des équipes de recherche et de sauvetage sortent un troisième corps des décombres d'un parking effondré à Tel Aviv, le 6 septembre 2016. (Miriam Alster/Flash90)

Les procureurs ont déposé jeudi des accusations d’homicide involontaire contre deux ingénieurs et les entreprises pour lesquelles ils travaillaient, suite à l’effondrement du toit d’un parking de Tel Aviv en 2016, qui a tué six personnes et blessé près d’une vingtaine d’autres.

Des accusations d’homicide involontaire et de blessures par imprudence ont été portées contre deux sociétés d’ingénierie et contre deux ingénieurs, un de chacune des deux sociétés.

Le parking de quatre étages, dans le quartier de Ramat Hahayal au nord de Tel Aviv, était en cours de construction mais presque terminé lorsque le toit s’est effondré le 5 septembre 2016, piégeant plusieurs travailleurs.

Les efforts de sauvetage ont été entravés par le fait que la structure a été construite sous terre, avec seulement le toit au niveau du sol. Il a fallu attendre le 11 septembre pour que les corps des six victimes soient retrouvés. Au moins 23 personnes ont été blessées.

« La série de défaillances et d’actes cumulés des accusés… a causé le grave désastre », ont écrit les procureurs dans l’acte d’accusation déposé au tribunal de première instance de Tel Aviv.

Des équipes de recherche et de sauvetage sortent un troisième corps des décombres d’un parking effondré à Tel Aviv, le 6 septembre 2016. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Des documents citent comme accusés la société de construction Miller, Shnabel et Tzahar et son propriétaire Hanoch Tzahar, ainsi que la société de conseil en ingénierie Yaron-Shimoni-Shaham et l’un de ses ingénieurs principaux, Ariel Babaganov.

Aucune charge n’a été retenue contre le chef de projet et l’ingénieur en construction, qui ont également été examinés dans le cadre de l’enquête.

Les procureurs ont allégué que des changements aux plans de conception originaux ont été apportés pour économiser de l’argent sur le projet, ce qui a conduit à l’effondrement.

Au moment de l’effondrement, le toit ne supportait qu’un tiers du poids pour lequel il avait été conçu, rapporte le site web Walla, citant des documents du tribunal.

Des équipes de recherche et de sauvetage sortent un troisième corps des décombres d’un parking effondré à Tel Aviv, le 6 septembre 2016. (Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les avocats représentant Yaron-Shimoni-Shaham ont déclaré dans un communiqué que « le bureau n’a aucune responsabilité sur ce qui est fait par le contractant à son insu ou sans son approbation », a rapporté Walla.

L’avocate Yulia Shenkar, représentant les familles de deux des personnes tuées dans la catastrophe, Dennis Dyachenko, un ressortissant ukrainien employé en Israël, et Mark Nazarov, ont déploré le temps qu’il a fallu pour arriver au stade de l’inculpation.

« Les familles des victimes ont dû attendre plus de quatre ans pour que des actes d’accusation soient déposés » pour avoir gain de cause au tribunal, a-t-elle déclaré.

Elle a expliqué que le retard a empêché les familles d’avancer dans le dépôt de poursuites en indemnisation contre les personnes impliquées, car la Cour suprême avait décidé qu’elles devaient attendre que les actes d’accusation soient présentés.

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