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Affaire 1000 : Milchan pensait avoir un pouvoir sur Netanyahu, dit Hadas Klein

L'assistante du milliardaire défend les preuves fournies à l'interrogatoire, affirme que Milchan a harcelé Netanyahu de manière "obsessionnelle" pour son aide concernant les visas

Hadas Klein arrivant au tribunal pour témoigner dans le procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Hadas Klein arrivant au tribunal pour témoigner dans le procès contre l'ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, au tribunal de Jérusalem, le 11 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Une témoin clé dans le procès de Benjamin Netanyahu a été contre-interrogée une nouvelle fois mardi avant que la Cour ne suspende ses travaux pour les vacances d’été, et a confronté les tentatives de la défense de trouver des failles dans son témoignage, décrivant comment son patron estimait pouvoir contacter l’ancien premier ministre à tout moment.

Hadas Klein, l’une des principales assistantes du magnat d’Hollywood Arnon Milchan, s’est présentée à la barre pour un dernier contre-interrogatoire par l’avocat de la défense de Netanyahu, Amit Hadad, dans l’Affaire 1000, qui porte sur les cadeaux de luxe que l’ancien Premier ministre et sa famille ont reçus et les contreparties que Netanyahu est accusé d’avoir fournies en retour.

Klein doit reprendre la barre lorsque le procès reprendra en septembre.

L’acte d’accusation contre Netanyahu dans l’Affaire 1000 accuse l’ancien Premier ministre de fraude et d’abus de confiance pour avoir accepté des cadeaux – dont du champagne et des cigares haut de gamme – de Milchan et du milliardaire australien James Packer pour une valeur de 691 776 shekels et pour être intervenu en faveur de Milchan lorsqu’il cherchait à faire renouveler son visa américain et l’avoir aidé à obtenir des avantages règlementaires.

Au cours de la séance, Hadad a cité des extraits de l’interrogatoire de Klein, où elle semble incertaine de la quantité exacte de champagne, achetée par Milchan et Packer au cours de la période concernée, et destinée à l’épouse du leader de l’opposition, Sara Netanyahu. Klein avait hésité entre un ratio de 65/35 et un ratio de 70/30 en faveur de Netanyahu, et s’inquiétait de ne pas pouvoir fournir un chiffre précis.

« Disons 60/40 », avait-elle finalement déclaré à la police.

Arnon Milchan pose pour les photographes à son arrivée à la première du film ‘Widows’, projeté au gala d’ouverture du Festival du film de Londres BFI, à Londres, le 10 octobre 2018. (Crédit : Vianney Le Caer/Invision/AP)

Au tribunal, Mme Klein a répondu qu’elle avait craint de causer du tort pendant son interrogatoire et qu’elle ne se souvenait pas de son estimation de 60/40.

Elle a reconnu que Milchan n’avait aucun « intérêt économique » dans sa relation avec Netanyahu, mais a commenté que « du point de vue du pouvoir que cela lui donnait, il pouvait dire : « Je suis un ami du Premier ministre. »

« Arnon pouvait venir et être accueilli par eux quand il le voulait. Cela lui a ouvert des portes », a-t-elle déclaré.

Klein a ajouté que Milchan avait le sentiment de pouvoir appeler Netanyahu à tout moment, même pendant des réunions importantes, et qu’il s’est immédiatement tourné vers lui lorsqu’il a eu besoin d’aide pour son visa.

Klein a réaffirmé ses propos après l’intervention du juge Moshe Bar-Am lors de l’audience pour clarifier avec lui que, malgré l’absence d’intérêts économiques, Milchan pouvait faire sortir Netanyahu de réunions importantes.

À titre d’exemple, Klein a raconté qu’en 2016, Milchan lui avait demandé d’appeler Netanyahu alors que ce dernier rencontrait le Premier ministre chypriote, suite à la visite d’un comptable de l’île méditerranéenne venu examiner un investissement de Milchan, mais Klein avait refusé.

« Arnon avait des attentes et savait, Arnon savait qu’il pouvait faire sortir M. Netanyahu de ses réunions et de ses entretiens », a-t-elle déclaré à la cour.

Hadas Klein arrive à une audience du tribunal dans le procès contre l’ex-Premier ministre Benjamin Netanyahu, à la cour de district de Jérusalem, le 12 juillet 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Klein a également affirmé que Netanyahu avait accédé à la demande de Milchan après que ce dernier a harcelé l’ancien Premier ministre de manière « obsessionnelle » pour son visa.

Son témoignage constitue un défi pour la défense de Netanyahu, qui a du mal à contredire ses propos.

Lundi, Mme Klein a déclaré que l’ancien Premier ministre avait opposé son veto à un don de 3 millions de dollars au Centre Peres de la part du milliardaire australien James Packer, après que ce dernier eut fièrement annoncé à M. Milchan qu’il avait l’intention de faire cette contribution.

Au début du mois, elle a décrit son rôle d’intermédiaire dans la fourniture ininterrompue de cigares et de champagne de première qualité aux Netanyahu, des biens qui, selon elle, n’étaient pas offerts par Milchan ou Packer, mais bien demandés sans détour par l’ex-premier ministre et son épouse.

Son témoignage est très important car il met à mal la défense de Netanyahu qui affirme qu’il n’a fait qu’accepter des cadeaux d’un ami et qu’il n’était pas conscient de l’ampleur des cadeaux.

L’acte d’accusation allègue qu’en retour, l’ancien Premier ministre a aidé Milchan à obtenir un visa américain, ainsi que des avantages réglementaires et fiscaux liés à ses intérêts commerciaux en Israël.

Outre l’affaire 1000, M. Netanyahu est accusé de fraude et d’abus de confiance dans deux autres affaires, ainsi que de corruption dans l’une d’entre elles. Il nie avoir commis des actes répréhensibles et affirme sans preuve que les accusations ont été fabriquées et font partie d’une tentative du ministère public et de ses rivaux politiques de le forcer à quitter ses fonctions.

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