Alain Soral chercherait à s’installer en Suisse
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Alain Soral chercherait à s’installer en Suisse

Le polémiste loue au nom de Robert Bonnet un appartement à Lausanne depuis mi-octobre, à proximité de la synagogue de la ville

Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)
Alain Soral (Crédit : Torpegiggio, Wikimedia commons)

L’essayiste d’extrême droite Alain Bonnet, dit Soral, chercherait à s’installer en Suisse, pays dont il détiendrait la double nationalité, a révélé début novembre Le Matin dimanche – une information reprise par la presse suisse et le magazine Le Point.

Le polémiste loue au nom de Robert (un autre de ses prénoms) Bonnet (son patronyme de naissance) un appartement à Lausanne depuis mi-octobre, à proximité de la synagogue de la ville, mais qu’il n’occuperait pas encore – bien que la boîte à lettres porte son nom. Le journal a également révélé qu’il se serait inscrit sous ce nom au contrôle des habitants de la ville de Lausanne – celui-ci, contacté, a confirmé l’information.

Selon la presse suisse, ce déménagement pourrait permettre à Alain Soral de contourner les sanctions subies en France suite à de multiples condamnations pour antisémitisme et négationnisme, alors qu’il n’a jamais été condamné en Suisse.

Sa dernière condamnation, un an de prison ferme, remonte à début octobre dernier. Il a été reconnu coupable d’injure publique antisémite et de provocation à la discrimination, la haine ou à la violence envers les Juifs pour avoir qualifié le Panthéon de « déchèterie cacher ». Ses propos injurieux avaient été prononcés dans une vidéo de 2018 postée sur son site internet, après l’inhumation de Simone Veil et de son époux.

Depuis un an, les revenus qu’il génère via son site Égalité & Réconciliation seraient versés à une association basée à Genève intitulée « Les Amis genevois de la tolérance », a révélé Tristan Mendès France, maître de conférences associé à l’université de Paris et petit-fils de l’ancien résistant et ex-président du Conseil des ministres, qui traque les militants d’extrême droite sur la Toile.

Étant donné que « les dons et les financements participatifs sont dans certains pays très difficiles à mettre en place » en raison de « pressions des pouvoirs » sur les banques, l’association se serait établie en Suisse, « dont la tradition de neutralité et de rigueur dans le secteur bancaire n’est plus à faire », afin de pouvoir récolter des dons.

Interrogée par Le Point, l’association, installée à l’adresse du cabinet de Me Pascal Junod, l’un des avocats d’Alain Soral, explique se consacrer « exclusivement au mécénat ».

Selon Tristan Mendès-France, si l’association suisse lui permettrait non seulement de continuer à récolter des dons suite aux fermetures des comptes en banque d’E&R en France, ce montage financier pourrait également avoir des fins fiscales.

« Les internautes français versent donc leurs dons sur le compte d’une association en Suisse qui ne paie pas d’impôts. J’espère bien que les autorités françaises s’intéresseront à cet aspect », a expliqué le maître de conférences à La Tribune de Genève.

« En devenant résident en Suisse, il devra respecter les lois en vigueur dans notre pays, lesquelles condamnent le négationnisme, l’incitation à la haine raciale, les discriminations et l’antisémitisme », a réagi dans un communiqué la Licra-Genève suite aux articles annonçant sa possible installation en Suisse.

« Alain Soral n’a jamais été condamné en Suisse. S’il décide de s’installer dans ce quartier à Lausanne, nous resterons naturellement vigilants face à ce propagateur de haine antisémite déjà bien connu des tribunaux français », a réagi Johanne Gurfinkiel, secrétaire général de la Cicad.

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