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Aliot du FN : « C’est M. Briois qui prend la suite de l’intérim, et on n’en parle plus »

Jean-François Jalkh avait fait siens des propos du négationniste Robert Faurisson, qualifié de "sérieux" par le vice-président du parti extrême

Jean-François Jalkh, nouveau président par intérim, du FN remet en question l'usage du Zyklon B durant la Shoah. (Crédit : Polomartini/Wikimedia Commons)
Jean-François Jalkh, nouveau président par intérim, du FN remet en question l'usage du Zyklon B durant la Shoah. (Crédit : Polomartini/Wikimedia Commons)

Le maire d’Hénin-Beaumont et député européen FN Steeve Briois assurera la présidence par intérim du FN à la place de Jean-François Jalkh, accusé de propos négationnistes qu’il a démentis, a annoncé vendredi le vice-président du Front national Louis Aliot.

« C’est M. Briois qui prend la suite de l’intérim, et on n’en parle plus », a déclaré M. Aliot sur BFMTV et RMC. Qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen s’est mise lundi « en congé » de la présidence du FN.

M. Aliot a réaffirmé que M. Jalkh « n’a pas tenu » les propos qui lui ont été attribués.

Interrogé par l’AFP sur le remplacement de M. Jalkh par M. Briois, Wallerand de Saint-Just a déclaré que « juridiquement, c’est tout à fait possible », car « statutairement, on considère que le premier vice-président est empêché, donc c’est le vice-président suivant ».

« Mais on fait pas trop de ‘juridisme’, là », a-t-il ajouté, notant que, « symboliquement, Marine Le Pen a voulu abandonner la présidence » et « pendant un temps bref, elle a demandé à Jean-François Jalkh de la remplacer, mais, comme il faut le changer, elle a demandé à Steeve Briois ».

Dans « Une création illégitime ? Le Front national de la jeunesse », article d’un numéro de 2005 de la revue « Le Temps des savoirs », M. Jalkh est cité, en disant : « Le problème des chambres à gaz, mais moi je dis qu’on doit pouvoir discuter même de ce problème ».

M. Jalkh se défend dans la même publication d’être « négationniste ». « Mais je dis moi, quelque chose qui m’a énormément surpris, dans les travaux d’un négationniste ou d’un révisionniste sérieux (…), c’est le sérieux et la rigueur, je dirais, de l’argumentation ».

Il a cité à cette occasion, selon ce livre, les travaux de Robert Faurisson, régulièrement condamné pour nier la réalité de la Shoah.

Magali Boumaza, doctorante à l’époque qui avait interrogé M. Jalkh en 2000, a affirmé au site Buzzfeed News que M. Jalkh avait bien tenu ces propos « tels qu’ils ont été retranscrits ».

Contacté à de multiples reprises par l’AFP, M. Jalkh, par ailleurs renvoyé en correctionnelle dans l’enquête sur le financement des campagnes du FN en 2012, n’a pas répondu à ces sollicitations.

« Nous condamnons ce genre de propos et il les conteste », a déclaré vendredi M. Aliot, précisant que M. Jalkh avait « déposé plainte » contre la chercheuse. « Aujourd’hui, c’est M. Briois qui prend la suite. Point à la ligne, l’affaire est close ».

Jusqu’ici vice-président du FN, Steeve Briois a été élu maire d’Hénin-Beaumont en mars 2014, dès le premier tour de scrutin dans cette ville de 27.000 habitants longtemps dirigée par un socialiste.

Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)
Nicolas Bay, secrétaire général du Front National (Crédit: Josiane06/Wikimedia Commons)

Sur Europe 1, le secrétaire général du parti Nicolas Bay a lui aussi déclaré que « cette accusation contre M. Jalkh n’est absolument pas fondée. Il n’est absolument pas soupçonnable de la moindre sympathie pour ces thèses-là ».

Le secrétaire général du Front National (FN) Nicolas Bay a dit vendredi qu’il espérait le ralliement de Nicolas Dupont-Aignan à la candidature de Marine Le Pen avant le second tour de l’élection présidentielle.

« Ah oui, bien sûr, moi j’espère que tous les patriotes rejoindront Marine Le Pen durant cet entre-deux tours. Nicolas Dupont-Aignan est évidemment un patriote, il a obtenu un résultat non négligeable au premier tour, et nous lui tendons évidemment la main. (…) J’espère qu’il prendra une position claire en faveur de Marine Le Pen », a déclaré M. Bay sur Europe 1.

Interrogé sur la possibilité de voir le président de Debout la France (DLF) figurer au sein du gouvernement que pourrait mettre en place la candidate du FN si elle accédait à l’Elysée, M. Bay a répondu que l’hypothèse lui paraissait « probable ».

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