Allemands arrêtés en Turquie : “Qu’est-ce que ça peut vous faire?”, lance Ankara à Berlin
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Allemands arrêtés en Turquie : “Qu’est-ce que ça peut vous faire?”, lance Ankara à Berlin

Berlin considère que 12 Allemands sont des détenus politiques en Turquie ; Ankara accuse Berlin d'indulgence envers des “terroristes”

Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Mevlüt Cavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a dénoncé samedi la réaction de Berlin à l’arrestation en Turquie de deux citoyens allemands soupçonnés de liens avec le putsch manqué de juillet 2016, selon les médias locaux.

« Quand nous arrêtons [un putschiste], l’Allemagne commence par s’indigner. Mais qu’est-ce que ça peut vous faire ? », a lancé Cavusoglu, cité par l’agence progouvernementale Anadolu. « C’est aussi un citoyen turc, mais elle demande : ‘Pourquoi vous arrêtez mon citoyen ?' »

Le ministère allemand des Affaires étrangères a dénoncé vendredi l’arrestation en Turquie pour des « raisons politiques » de deux de ses ressortissants, portant à douze le nombre d’Allemands que Berlin considère comme des détenus politiques dans ce pays.

Selon l’agence privée Dogan, il s’agit de deux Allemands d’origine turque, interpellés à l’aéroport d’Antalya pour des liens présumés avec le putsch du 15 juillet 2016. Dogan ne précisait pas s’ils avaient la nationalité turque, comme le laisse entendre Cavusoglu.

« S’il est impliqué dans le putsch manqué, s’il l’a soutenu, pourquoi est-ce que vous le protégez ? », a poursuivi le chef de la diplomatie turque, s’exprimant lors de célébrations de la fête musulmane du sacrifice, l’Aïd al-Adha, dans le sud de la Turquie.

Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : Clemens Bilan/AFP)
Angela Merkel au Bundestag, le 26 novembre 2014. (Crédit : Clemens Bilan/AFP)

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé vendredi que ces arrestations étaient « dans la plupart des cas sans fondement » et « n’ont rien à voir avec nos principes de l’état de droit ».

Les relations entre Berlin et Ankara se sont largement dégradées depuis le coup d’Etat manqué, imputé par Ankara au prédicateur Fethullah Gülen, qui nie les faits.

L’Allemagne a condamné fermement les purges d’une ampleur sans précédent lancées par le pouvoir contre les partisans présumés du mouvement Gülen.

Ankara accuse pour sa part Berlin de faire preuve d’indulgence envers des « terroristes », en abritant des séparatistes kurdes et des putschistes présumés.

En août, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé les Turcs d’Allemagne à ne voter ni pour le parti chrétien-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, ni pour le Parti social-démocrate (SPD), ni pour les Verts, lors des législatives de septembre, qualifiant ces partis d’ « ennemis de la Turquie ».

L’Allemagne, qui compte quelques trois millions de personnes d’origine turque dont environ la moitié peut voter, a dénoncé une ingérence inacceptable.

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