Amos Gilad : le Hamas est la source des maux de Gaza, pas l’économie
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Amos Gilad : le Hamas est la source des maux de Gaza, pas l’économie

Pas de solution en vue, mais la dissuasion militaire devrait empêcher un conflit à Gaza cet été, affirme un haut fonctionnaire du ministère de la Défense

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Amos Gilad, directeur du Bureau des affaires politico-militaires du ministère de la Défense, pendant une conférence sur l'économie de la bande de Gaza à l'université Hébraïque de Jérusalem, le 13 avril 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Amos Gilad, directeur du Bureau des affaires politico-militaires du ministère de la Défense, pendant une conférence sur l'économie de la bande de Gaza à l'université Hébraïque de Jérusalem, le 13 avril 2016. (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

La situation économique de la bande de Gaza est au final non pertinente pour les négociations de paix et la situation sécuritaire actuelle, a déclaré mercredi un haut fonctionnaire du ministère de la Défense pendant une conférence sur les malheurs financiers de la bande côtière.

Amos Gilad, directeur du Bureau des affaires politico-militaires du ministère, s’est moqué de l’affirmation de certains à la conférence disant que le développement économique de l’enclave côtière pourrait être la solution aux problèmes de Gaza et pour diminuer les menaces sécuritaires envers Israël qui émanent de ce territoire.

« La bonne nouvelle est que notre dissuasion fonctionne toujours. Ils disent qu’il y aura un été ‘chaud’. Ça ne sera le cas qu’en raison de la météo », a-t-il déclaré, faisant allusion à la tendance des conflits régionaux à avoir lieu pendant les chauds mois d’été.

« L’économie seule ne peut pas résoudre [les problèmes de Gaza]. L’économie n’est pas la solution fondamentale », a déclaré Gilad pendant son discours.

« Tant que le Hamas dirigera la bande de Gaza », a-t-il ajouté, « il n’y aura pas la paix là-bas ».

« Pas de reconnaissance d’Israël. Pas de reconnaissance d’un Etat palestinien [en Cisjordanie et à Gaza, tant qu’il exclut Israël]. Au moins, ils sont dévoués à leur cause », a-t-il déclaré.

La conférence « Gaza, et après ? » était la seconde d’une série de trois sur l’économie du conflit israélo-palestinien. Elle était organisée par l’université Hébraïque et le groupe AiX, une équipe de chercheurs en économie israélo-palestinienne.

Amos Gilad (photo credit: Yossi Zamir/Flash90)
Amos Gilad, directeur du Bureau des affaires politico-militaires du ministère de la Défense. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

Gilad, ancien général de l’armée israélienne, a repoussé les affirmations selon lesquelles un port ou un adoucissement des mesures de sécurité auraient un impact sur la situation économique à Gaza.

Gilad a également rejeté la possibilité d’autoriser le Hamas à ouvrir un port maritime dans l’enclave côtière, même un qui ne permettrait que l’export de biens.

« Aucun port dans le monde ne peut être complètement gardé », a-t-il déclaré.

Si un tel port était créé, a-t-il souligné, le Hamas en serait responsable, ce qui augmenterait l’influence du groupe comme opposant de l’Autorité palestinienne, le représentant supposé du peuple palestinien.

Le discours direct de Gilad sur le sujet n’a pas été très bien accueilli par le public, et plusieurs personnes ont crié à divers moment de son exposé.

« Je suis désolé de vous dépeindre un tableau sévère, mais c’est ainsi, a-t-il déclaré. Je ne vois pas de solution magique. »

Gilad est parti juste après son discours, mais ses remarques ont été très commentées par les conférenciers.

Hisham Abed el-Rezzek, qui est venu à la conférence depuis l’université de Gaza, a décrit la situation économique de la bande comme « catastrophique ».

Le peuple de Gaza, a-t-il déclaré, a atteint un point de rupture. Un chômage élevé, une reconstruction lente suite à la guerre de 2014 contre Israël et un futur incertain ont créé un environnement de « désespoir ».

« Si Gaza reste comme ça, le peuple viendra [en Israël,] par-dessus la barrière et sous la barrière, sur le sol et sous le sol, sur la mer et sous la mer ; ils veulent vivre », a-t-il déclaré.

« J’aurais aimé qu’Amos soit resté pour entendre ça. »

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