Annexion des implantations : Hotovely est sûre qu’Israël et Trump s’accorderont
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Annexion des implantations : Hotovely est sûre qu’Israël et Trump s’accorderont

L'administration dément toute discussion avec Netanyahu sur une annexion des implantations ; Erekat fustige ce projet tel du "vol" avec la "complicité" américaine

La vice-ministre des affaires étrangères Tzipi Hotovely s'exprime durant une cérémonie de pose de la première pierre du quartier Yovel dans lequel 50 habitations seront construites dans le kibboutz Kfar Etziob, le 7 juin 2017 (Crédit :  Gershon Elinson/Flash90)
La vice-ministre des affaires étrangères Tzipi Hotovely s'exprime durant une cérémonie de pose de la première pierre du quartier Yovel dans lequel 50 habitations seront construites dans le kibboutz Kfar Etziob, le 7 juin 2017 (Crédit : Gershon Elinson/Flash90)

La vice-ministre des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a déclaré lundi qu’Israël « sans aucun doute » parviendra à conclure des « accords » avec le gouvernement Trump sur l’extension de la souveraineté à la Cisjordanie.

S’exprimant à la Conférence de Jérusalem organisée par le journal de droite B’Sheva, la députée du Likud a déploré que « pendant de nombreuses années, nous avons dit non à un état palestinien au lieu de dire oui à la souveraineté ».

« Je n’ai aucun doute qu’avec cette administration américaine actuelle, avec la bonne coopération et le bon travail, nous pouvons parvenir à des accords sur ce sujet – quelque chose qui n’a jamais existé dans le passé », a dit Hotovely.

« Il n’y a jamais eu [avant] une administration américaine qui ait dit que les implantations ne sont pas un obstacle à la paix. » Elle faisait référence à une déclaration de la Maison Blanche en février 2017 dans laquelle l’administration naissante déclarait que les implantations n’étaient pas un « obstacle à la paix ».

Toutefois, cette déclaration a précisé que « la construction de nouvelles implantations ou l’expansion des implantations existantes au-delà de leurs frontières actuelles ne serait peut-être pas utile ».

Aussi, ses propos sont intervenus un jour après que le président américain Donald Trump, dans un entretien avec le quotidien Israel Hayom, a déclaré que les implantations « compliquent » les efforts de paix.

« Pour le moment, je dirais que les Palestiniens ne cherchent pas à faire la paix. Et je ne suis pas complètement sûr non plus qu’Israël cherche à faire la paix », a dit M. Trump.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré de son côté dans la même journée qu’il discutait depuis « quelque temps » avec l’administration américaine d’une annexion des implantations, selon un de ses porte-paroles.

« Au sujet de l’application de la souveraineté israélienne (aux implantations), je peux vous dire que ça fait quelque temps que j’en parle avec les Américains », a affirmé M. Netanyahu devant les députés de son parti, le Likud (droite), selon des propos rapportés par ce porte-parole.

Les propos publiquement attribués à M. Netanyahu constituent la première expression de soutien de sa part à un projet défendu par de nombreux membres de son parti et de sa majorité parlementaire.

Il avait reporté dimanche le vote par un comité ministériel d’un projet de loi pour l’annexion des implantations de Cisjordanie, soumis par deux députés, dont un de son parti. Des responsables israéliens avaient alors invoqué un sévère accès de tensions avec la Syrie voisine pour justifier le report.

Lors de la réunion avec les députés de son parti, M. Netanyahu a souligné la nécessité de coordonner l’action avec l’administration Trump car « le contact avec eux est un apport stratégique pour l’Etat d’Israël et pour les implantations ».

L’annexion doit être « une initiative gouvernementale et pas privée car il s’agit d’un processus historique », a-t-il ajouté selon la même source.

Mais quelques heures plus tard, un haut responsable israélien indiquait : « Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas présenté à l’administration américaine de propositions spécifiques concernant l’annexion de la Cisjordanie », ajoutant que rien de formel n’avait été présenté, et que les Etats-Unis « n’ont pas exprimé de soutien à de quelconques propositions ».

Cependant, le fonctionnaire a précisé « qu’Israël avait informé les Etats-Unis de diverses propositions présentées à la Knesset, et les Etats-Unis ont clairement exprimé leur intention de présenter le plan de paix du président [Donald] Trump ».

« La position du Premier ministre Netanyahu est que, si les Palestiniens continuent à refuser les négociations de paix, Israël présentera ses propres alternatives », a ajouté le responsable.

Le bureau du Premier ministre a également apporté une clarification, faisant écho à cette déclaration.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a informé les Américains des initiatives présentées à la Knesset. Les Américains ont exprimé leur point de vue sans équivoque concernant leur engagement à poursuivre le plan de paix du président Trump », indique le communiqué.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Raffel, a également démenti les rumeurs.

« Les informations selon lesquelles les Etats-Unis ont discuté avec Israël d’un plan d’annexion de la Cisjordanie sont fausses », a déclaré Raffel. « Les Etats-Unis et Israël n’ont jamais discuté d’une telle proposition, et le président reste positionné sur son initiative de paix israélo-palestinienne. »

Le président américain Donald Trump s’entretient avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d’une réunion bilatérale en marge de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 25 janvier 2018 (Crédit photo : Amos Ben Gershom / GPO)

Les propos attribués au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur des discussions d’annexion avec Washington « constituent le dernier diktat israélien en date et confirment la complicité américaine avec les projets colonialistes israéliens », a dit dans un communiqué le numéro deux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saëb Erekat.

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