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Après l’attentat de Jérusalem, Lapid demande à la Turquie de bloquer le Hamas

Une cellule majeure du groupe terroriste, qui aurait été en partie dirigée depuis la Turquie, a été démantelée et 50 de ses membres ont été arrêtés

Photo non datée montrant les forces israéliennes effectuant un raid sur une maison dans le cadre d'un effort visant à démanteler une importante cellule du Hamas planifiant des attaques terroristes contre des cibles israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem. (Crédit: armée israélienne)
Photo non datée montrant les forces israéliennes effectuant un raid sur une maison dans le cadre d'un effort visant à démanteler une importante cellule du Hamas planifiant des attaques terroristes contre des cibles israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem. (Crédit: armée israélienne)

Le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid a demandé lundi à la Turquie de fermer les bureaux de son ami, le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le pays, après l’annonce par Israël de l’arrestation de 50 membres d’une cellule sophistiquée du groupe terroriste en Cisjordanie, une cellule qui était en partie dirigée depuis Istanbul.

« Les bureaux du Hamas à Istanbul seront fermés. Nous devons empêcher ces actes haineux de terrorisme contre les citoyens israéliens partout dans le monde et indépendamment des circonstances », a déclaré Lapid au lendemain d’un attentat meurtrier à l’arme à feu survenu dans la Vieille Ville de Jérusalem, qui a tué un jeune oleh hadash d’Afrique du Sud, Eliyahu David Kaye.

Il a vivement recommandé aux autres nations de suivre l’exemple du Royaume-Uni, qui a annoncé, la semaine dernière, avoir l’intention d’interdire l’intégralité du Hamas et de ne plus faire la différence entre ses ailes politiques et militaire.

« Les pays du monde doivent suivre l’exemple de la Grande-Bretagne et mettre hors-la-loi le Hamas », a-t-il indiqué.

Lapid s’est exprimé peu après la révélation, par les services de sécurité israéliens du Shin Bet, du démantèlement d’une cellule majeure du Hamas. 50 de ses membres ont été arrêtés.

Le chef politique adjoint du Hamas, Saleh al-Arouri, après avoir signé un accord de réconciliation avec un haut responsable du Fatah, Azzam al-Ahmad, lors d’une brève cérémonie au centre égyptien du renseignement, le 12 octobre 2017 au Caire, Égypte. (AP/Nariman El-Mofty)

Selon le Shin Bet, cette cellule était dirigée, depuis la Turquie où ils travaillent toujours pour le compte du Hamas, par Saleh al-Arouri, vice-président du bureau politique du groupe, et par Zacharia Najib, un membre de l’organisation qui avait été libéré d’une prison israélienne lors de l’échange de prisonniers qui avait entraîné la remise en liberté du soldat Gilad Shalit en 2011.

Al-Arouri et Najib vivent sur le territoire turc d’où ils entretiennent des liens étroits avec le Hamas, qui est lié politiquement au président Recep Tayyip Erdogan.

Au vu des liens tissés avec la Turquie, Israël aurait délibérément choisi de ne pas annoncer les arrestations faites par l’armée israélienne, prévues à l’origine il y a dix jours, avant de garantir la remise en liberté d’un couple israélien qui avait été placé en détention en Turquie pour espionnage, a fait savoir la chaîne Kan.

Mordy et Natali Oknin, deux conducteurs de bus de la ville de Modiin, dans le centre du pays, ont été libérés la semaine dernière après avoir passé huit jours dans les geôles turques pour espionnage présumé. Le couple avait pris des photographies du palais d’Erdogan, ce qui est interdit.

Natali et Mordy Oknin, un couple israélien qui avait été emprisonné pour avoir photographié le palais du président turc, arrivent à leur domicile à Modiin, le 18 novembre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Suite à leur retour au sein de l’État juif, le gouvernement a spécifiquement remercié Erdogan pour son rôle dans ces libérations. Le Premier ministre Naftali Bennett et le président Isaac Herzog se sont entretenus au téléphone avec le leader turc.

Kan a expliqué qu’Israël avait reporté l’annonce des arrestations – une série initiale de raids avait eu lieu au mois de septembre – par crainte de gêner Erdogan et d’entraver les initiatives visant à faire libérer le couple.

Finalement, ces arrestations sont survenues au lendemain d’un attentat terroriste à l’arme à feu qui a eu lieu dans la Vieille Ville de Jérusalem et qui a fait un mort : Eli Kaye, un immigrant sud-africain de 26 ans. Deux personnes ont par ailleurs été blessées.

Kan a fait savoir que le terroriste du Hamas à l’origine de l’attaque, Fadi Abu Shkhaydam, s’était rendu en Turquie à plusieurs reprises et qu’il y avait rencontré des responsables du groupe terroriste.

Kan, qui a cité des responsables de la sécurité, a indiqué que l’homme avait probablement reçu là-bas des instructions pour l’attentat.

Fadi Abu Shkhaydam, considéré comme le terroriste qui a tué un civil israélien et en a blessé quatre autres lors d’une fusillade dans la vieille ville de Jérusalem-Est, le dimanche 21 novembre 2021 (Facebook).

Toutefois, des membres de la famille ont nié cette information, affirmant qu’il était allé en Turquie voir son fils qui fait ses études dans le pays et pour s’occuper d’un bien immobilier dont il est propriétaire.

La cellule qui a été démantelée est l’une des plus importantes à avoir été découverte, ces dernières années.

Selon l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, plus de 50 membres du Hamas ont été appréhendés dans toute la Cisjordanie pour leur implication présumée dans cette cellule et une importante quantité d’armes a été saisie, notamment du matériel nécessaire pour fabriquer quatre ceintures explosives en vue de mener des attentats-suicides. Des fonds ont aussi été confisqués, dont le montant n’a pas été précisé.

« Cela a été un effort majeur de prévention qui a permis de déjouer une infrastructure terroriste dangereuse, qui prévoyait de commettre de graves attentats. L’objectif de ces activités terroristes, entreprises par des membres du Hamas à l’étranger et à Gaza et avec des membres de l’organisation qui sont présents sur tout le territoire de la Cisjordanie, était de déstabiliser la région tout en faisant payer un prix lourd aux résidents locaux », a déclaré un officier du Shin Bet, en référence à l’impact de ces activités sur les Palestiniens de Cisjordanie.

Selon le Shin Bet, la cellule prévoyait « de mener des attaques terroristes dans un certain nombre de formats en Cisjordanie et à Jérusalem, ainsi que la possibilité de mener des attentats à la bombe en Israël ».

Le quotidien Haaretz a fait savoir que les responsables israéliens avaient été perturbés par le niveau de complexité de la cellule et par les armes qu’elle avait à sa disposition.

Ils ont aussi noté la détermination des membres à se battre et à affronter les forces israéliennes venues les appréhender.

Pendant un raid, au mois de septembre, deux militaires israéliens avaient été grièvement blessés et plusieurs suspects palestiniens étaient morts au cours d’échanges de tirs.

Ils ont aussi souligné le fait qu’il s’agissait du premier plan concret d’attentat-suicide à l’explosif au sein de l’État juif à avoir été découvert au cours de ces cinq dernières années.

Annonçant les arrestations, l’armée a aussi diffusé des images filmées par les caméras des soldats qui ont pris par à ces opérations.

Sur ces vidéos, plusieurs unités des forces spéciales ratissent la Cisjordanie, se rendant dans différents immeubles d’appartements et découvrant des caches d’armes.

Sur cette photo diffusée par le bureau des médias du Hamas, Ismail Haniyeh, à droite, chef du bureau politique du Hamas, serre la main de son adjoint Saleh al-Arouri à son arrivée à Gaza depuis le Caire, en Egypte, à Gaza City, le 2 août 2018 (Crédit : Mohammad Austaz/Bureau des médias du Hamas via AP)

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