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Après le feu vert de la FDA, Israël se prépare à vacciner les enfants

Le ministère de la Santé déclare que le processus d'approbation, en Israël, sera "plus transparent" et demande aux parents des enfants de 5 à 11 ans d'aller les faire immuniser

Des jeunes Israéliens reçoivent des vaccins contre la COVID-19 dans un centre de vaccination à Petah Tikva, le 19 juillet 2021. (Crédit : Flash90)
Des jeunes Israéliens reçoivent des vaccins contre la COVID-19 dans un centre de vaccination à Petah Tikva, le 19 juillet 2021. (Crédit : Flash90)

Le Premier ministre Naftali Bennett devrait rencontrer mercredi de hauts-responsables de la Santé pour réfléchir à l’approbation d’une campagne de vaccination contre la COVID-19 en direction des enfants âgés de 5 à 11 ans.

Cette réunion, à laquelle participeront le ministre de la Santé Nitzan Horowitz et de hauts-conseillers sur la question de la crise du coronavirus au sein du ministère, survient alors qu’un panel de la FDA (Food and Drug Administration) américaine a donné le feu vert, mardi soir, à l’administration d’une dose réduite de vaccin Pfizer aux enfants.

Le groupe de consultants de la FDA s’est prononcé à l’unanimité sur cette question, avec une abstention, estimant que les bénéfices du vaccin contre la COVID-19 dans ce groupe d’âge outrepassaient les risques potentiels posés – notamment concernant un effet secondaire cardiaque qui est apparu très rarement chez les adolescents et les jeunes adultes qui bénéficient d’une dose bien plus élevée de vaccin.

Les experts israéliens de la Santé ont indiqué qu’une approbation locale du principe de la vaccination des plus jeunes devrait suivre ce feu vert apporté par la FDA et qu’une campagne visant tous les Israéliens de moins de douze ans pourrait commencer dès la mi-novembre.

« Je pense que d’ici quelques semaines, nous allons commencer à vacciner les enfants en Israël », a commenté le directeur-général du ministère de la Santé, Nachman Ash, dans la matinée de mercredi. « Nous parlons ici d’un vaccin différent de celui qui est destiné aux adultes – le dosage est plus bas et l’injection est plus facile ». Mais Ash a noté qu’Israël devait encore recevoir une livraison de ces vaccins au dosage plus léger de la part de Pfizer.

Il a ajouté que l’État juif allait mener son propre processus d’approbation et que son panel d’expert se réunirait la semaine prochaine. « Nous devons encore organiser nos propres audiences sur le sujet que nous sommes en train de préparer », a confié Ash au site d’information Ynet. « Nous voulons mener un processus éclairé et indépendant, même après l’approbation donnée par la FDA ».

Il a ajouté qu’il voulait que ce processus d’approbation concernant les enfants de 5 à 11 ans soit « plus transparent cette fois-ci et qu’au moins une partie des audiences puisse se dérouler en public », ajoutant que toutes les statistiques et données pertinentes sur cette campagne de vaccination seraient partagées avec les Israéliens. Ash, s’exprimant auprès de Ynet, a ajouté que les citoyens auraient l’opportunité « de faire entendre leur voix et ils pourront exprimer leurs opinions pendant les audiences ».

Un travailleur médical prépare le vaccin COVID-19 dans un centre de vaccination de Clalit à Jérusalem, le 8 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Malgré le déclin récent du nombre de cas de coronavirus dans le pays, Ash a vivement recommandé aux parents de faire immuniser leurs enfants. « Nous devons être prêts pour une nouvelle vague », a-t-il dit. « Plus il y aura de gens vaccinés, moins la vague d’infections sera importante ».

Ash a indiqué que les responsables de la santé étaient en train de préparer la campagne de vaccination des enfants, de manière à ce qu’elle commence dans les meilleurs délais. « Nous allons utiliser tous les canaux disponibles de façon à mettre ces vaccins à la disposition de tous les enfants et de manière, aussi, à ce qu’il n’y ait pas de retard dans les vaccinations », a-t-il expliqué au micro de la radio militaire, ajoutant que les injections seront faites par le biais des caisses d’assurance-maladie, des écoles et autres lieux.

Mais alors que le nombre de cas est en chute dans le pays, une majorité de parents pourraient bien ne pas aller faire vacciner leurs enfants dans l’immédiat. Au début du mois, un sondage effectué exclusivement auprès de Juifs israéliens a indiqué que 57 % des personnes interrogées feraient vacciner leurs enfants de moins de 12 ans, et une enquête d’opinion réalisée dimanche a fait savoir que seulement 48 % de tous les parents israéliens feraient probablement immuniser leurs enfants.

Ash a noté, mercredi, qu’il ne s’attendait pas à une prise d’assaut des centres de vaccination au cours des premiers jours de la campagne, expliquant être conscient de l’hésitation de nombreux parents. « Certains l’attendent vraiment et ils viendront tout de suite et d’autres voudront attendre un petit peu plus longtemps et il n’y a aucun problème à cela », a-t-il déclaré.

727 Israéliens seulement ont été testés positifs au coronavirus, mardi – un chiffre bas qui est sans précédent depuis le début du mois de juillet. Le taux de positivité des tests de dépistage enregistré mardi est de 0,85 %, ce qui n’avait pas été observé depuis près de quatre mois.

Israël a commencé à administrer le vaccin contre la COVID aux adolescents de 12 à 15 ans au mois de juin. Jusqu’à présent, 56 % des enfants de cette tranche d’âge ont reçu au moins une dose et 46 % en ont reçu deux. Parmi les 16-19 ans, 86,5 % ont eu une dose et 75 % deux.

Un jeune adolescent reçoit une dose du vaccin Pfizer-BioNTech contre le coronavirus à l’hôpital Misgav Ladach de Jérusalem, le 6 juin 2021. (Crédit : Menahem KAHANA/AFP)

Le docteur Tal Brosh, chef du conseil consultatif du ministère de la Santé pour les maladies infectieuses, a pour sa part affirmé que les parents avaient un choix clair à faire pour protéger leurs enfants contre la COVID.

« Les parents ne doivent pas réfléchir en termes d’intérêt collectif, ils doivent réfléchir par rapport à leur propre enfant », a dit Brosh au micro de la station de radio Kan, mercredi. « Ils doivent faire vacciner leurs enfants pour les empêcher d’attraper le coronavirus. Le taux de morbidité, concernant les enfants, est généralement bas mais il y a parfois des complications ».

Pour le docteur Moshe Ashkenazi, directeur-adjoint de l’unité pédiatrique de l’hôpital Sheba, le choix est en effet clair. « Il n’y a aucune raison de ne pas faire vacciner les enfants », a-t-il dit à la radio militaire, mercredi. « Il y a de plus en plus d’informations, dans le monde, sur la violence du variant Delta chez les plus jeunes. En Israël, ce n’est pas la situation actuellement mais même ici, force est de constater que le taux de morbidité est supérieur chez les enfants à celui constaté lors des vagues précédentes ».

Une étude réalisée sur des enfants d’écoles élémentaires a permis d’établir que les doses de Pfizer étaient à presque 91 % efficaces contre l’apparition d’une infection symptomatique, même si les plus jeunes ne reçoivent qu’un tiers de la dose injectée aux adolescents et aux adultes.

Mercredi matin, il y avait 10 914 cas actifs de coronavirus au sein de l’État juif, dont 342 personnes hospitalisées. Parmi ces dernières, 237 sont dans un état grave et 137 sont placées sous respirateur. Le nombre de cas graves n’a jamais été aussi bas depuis presque trois mois, et il a été en déclin constant toutes ces dernières semaines.

L’AFP et l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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