Après son annulation, les travaillistes veulent sauver le rassemblement pour Rabin
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Après son annulation, les travaillistes veulent sauver le rassemblement pour Rabin

Herzog promet que l’hommage annuel au chef du parti assassiné aura lieu, quelques heures après l’annonce de son annulation pour manque de financements

100 000 personnes ont participé à un rassemblement marquant les 20 ans de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à Tel Aviv, le 31 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
100 000 personnes ont participé à un rassemblement marquant les 20 ans de l'assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, à Tel Aviv, le 31 octobre 2015. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le Parti travailliste a annoncé dimanche qu’il se chargerait d’organiser le rassemblement annuel d’hommage au Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin à Tel Aviv, quelques heures après l’annonce par les organisateurs de l’annulation de l’évènement à cause d’un manque de fonds.

Isaac Herzog, le président du parti, a déclaré que les travaillistes assumeraient la responsabilité de l’évènement, selon la Dixième chaîne. Le Parti travailliste est la composante principale de l’Union sioniste, qui a été formée avec le mouvement Hatnua de Tzipi Livni avant les élections législatives de 2015.

« Le rassemblement a toujours été la responsabilité d’institutions privées, extérieures, a déclaré Herzog. Mais alors que nous parlons de l’assassinat de notre chef, du dirigeant travailliste, […] nous insistons pour organiser un rassemblement. »

L’annonce d’Herzog a semblé apaiser les inquiétudes sur la possible annulation de l’évènement pour la première fois depuis l’assassinat de Rabin, il y a 21 ans. Il n’a pas été précisé si le rassemblement aurait tout de même lieu samedi, comme prévu initialement.

Yitzhak Rabin (Crédit : Flash90)
Yitzhak Rabin (Crédit : Flash90)

La cérémonie est organisée tous les ans sur la place où Rabin a été assassiné le 4 novembre 1995 par un juif extrémiste pendant un rassemblement pacifiste. Le rassemblement sur la place, qui porte à présent le nom de Rabin, attire généralement des dizaines de milliers de personnes, venues de tout le pays.

Mais la coalition de mouvements de jeunesse et d’ONG qui organisaient précédemment l’évènement a choisi cette année une approche différente, affirmant que de tels rassemblements avaient fait leur temps. Elle prévoie à présent d’organiser plusieurs tables rondes dans de grandes villes le jour de l’hommage national à Rabin, le 13 novembre.

« Il y a environ quatre semaines il est devenu évident, à notre grande surprise, qu’il n’y aurait pas de rassemblent d’hommage à Rabin », a déclaré vendredi l’organisateur, Asaf Agmon, à la Deuxième chaîne. « Tous ceux qui ont été impliqués dans l’évènement dans le passé ne le sont pas cette année. »

Agmon et d’autres ont tout de même tenté d’organiser l’évènement, et ont fait de grands efforts ces dernières semaines pour tenter de trouver des donateurs et des sponsors pour le rassemblement. Mais Agmon a déclaré dimanche à Haaretz que ces efforts avaient échoué.

Les organisateurs de l’évènement avaient besoin de 800 000 shekels pour payer la sécurité et l’équipement technique, a annoncé Haaretz. Ils ont réussi à récolter une grande partie de ce montant, mais il leur manque toujours 250 000 shekels.

Les organisateurs ont par conséquent annoncé dimanche après-midi qu’ils avaient dû annuler l’évènement.

« Nous avons fait tout ce que nous pouvions, a déclaré Agmon. Nous avons parlé à tous ceux à qui nous pouvions parler. Nous avons expliqué que c’était la date limite. Nous avons demandé à la police et à [l’entreprise de] sécurité d’attendre jusqu’à [aujourd’hui]. » Il a affirmé que l’annulation était « une tâche » sur le pays.

Hemi Sal, un autre organisateur, a déclaré qu’il avait trouvé la nouvelle « incompréhensible… Spécialement maintenant, avec les voix de l’incitation [à la haine] et de la discorde dans la société israélienne, il nous revenait à tous de venir et de remplir la place », a-t-il déclaré.

Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature historique des accords d'Oslo, le 13 septembre 1993. Tout à droite, l'actuel dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. (Crédit : GPO)
Bill Clinton regarde Yitzhak Rabin et Yasser Arafat se serrer la main lors de la signature historique des accords d’Oslo, le 13 septembre 1993. Tout à droite, l’actuel dirigeant palestinien Mahmoud Abbas. (Crédit : GPO)

Rabin était chef d’Etat-major de l’armée israélienne pendant la guerre des Six Jours en 1967. Il a ensuite été ambassadeur aux Nations unies, ministre de la Défense, et deux fois Premier ministre. En 1994, il a reçu le Prix Nobel de la Paix aux côtés de Shimon Peres, son ministre des Affaires étrangères, et de Yasser Arafat, président de l’Organisation de libération de Palestine (OLP), pour leurs rôles dans la signature des Accords de paix d’Oslo un an auparavant.

Le 4 novembre 1995, Rabin a été abattu à la fin d’un rassemblement pacifique par l’extrémiste de droite Yigal Amir, dans un contexte de tensions nationales en raison des efforts de paix avec les Palestiniens.

Chaque année, des dizaines de milliers d’Israéliens se rassemblent sur la place où Rabin a été assassiné pour lui rendre hommage. Les années précédentes, les rassemblements d’hommage à Rabin ont dénoncé le racisme et l’extrémisme en Israël, et ont publiquement appelé le gouvernement Netanyahu à mener le pays vers un accord de paix avec les Palestiniens.

L’année dernière, pour le 20e anniversaire de l’assassinat de Rabin, quelques 100 000 personnes étaient rassemblées au cœur de Tel Aviv pour la commémoration. Quelques députés israéliens, le président Reuven Rivlin, l’ancien président américain Bill Clinton et l’actuel président Barack Obama (qui ont parlé par vidéo) s’étaient adressés à la foule.

Tamar Pileggi a contribué à cet article.

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