Après une nuit calme mais tendue, l’armée lève les restrictions autour de Gaza
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Après une nuit calme mais tendue, l’armée lève les restrictions autour de Gaza

Le conseil régional de Shaar HaNeguev a annoncé un "retour à la normale" au lendemain d'un tir de roquette qui a fait craindre l'éclatement d'un conflit d'envergure

Vue de la clôture de sécurité entourant la bande de Gaza depuis Israël. (Doron Horowitz/Flash90)
Vue de la clôture de sécurité entourant la bande de Gaza depuis Israël. (Doron Horowitz/Flash90)

Après que des milliers de résidents ont passé la nuit dans des abris, l’armée israélienne a annoncé jeudi matin qu’elle levait les restrictions instaurées la veille dans un contexte de recrudescence de la violence dans la bande de Gaza.

Cette décision fait suite à une nuit tendue mais calme dans le sud d’Israël, après les tirs de roquettes depuis la bande de Gaza et les frappes de représailles israéliennes qui ont animé la nuit de mardi à mercredi, ont fait craindre la possibilité d’un conflit d’envergure au sein de l’enclave palestinienne.

Après les annonces de l’armée israélienne, le conseil régional de Shaar HaNeguev a envoyé un message à ses résidents indiquant qu’après une courte attente tendue, nous sommes heureux de vous annoncer qu’après une évaluation opérationnelle de l’armée, le retour à la normale a été décidé ».

Le conseil a également indiqué que « les écoles et toutes les structures d’éducation seront ouvertes comme d’habitude ».

La ville de Beer Sheva, au sud, où la roquette avait atterri la veille, avait également annoncé la réouverture de ses écoles.

Quelques heures plus tôt, les dirigeants politiques et des hauts-responsables militaires se sont rencontrés pendant cinq heures et demie pour discuter des tensions avec Gaza.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a convoqué le cabinet de sécurité à Jérusalem mercredi soir. La réunion s’est terminée jeudi à 2h30 du matin.

Le général de division Herzi Halevi, à la tête du Commandement du Sud, a averti le groupe terroriste du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, qu’Israël « saura comment répondre avec plus de force à l’avenir ».

En réponse au tir de deux roquettes depuis Gaza, dont l’une a atterri sur une maison de la ville de Beer Sheva, l’armée de l’air israélienne a mené des frappes contre une vingtaine de cibles dans la bande de Gaza, notamment sur un tunnel transfrontalier.

Dans une vidéo, Halevi a déclaré que l’armée avait mené « des frappes significatives contre des fabriques d’armes du Hamas, des quartiers généraux, des postes et des infrastructures souterraines. Tout ce qui a été visé a été détruit. Il leur sera difficile de reconstruire, d’obtenir les fonds (pour financer la reconstruction) ».

Le général de division Herzi Halevi visite une maison touchée par une roquette lancée depuis la bande de Gaza dirigée par le Hamas, dans la ville de Beer Sheva, dans le sud d’Israël, le 17 octobre 2018 (Crédit : Flash90)

Le général a également accusé le groupe terroriste de tromper la population de la bande de Gaza.

« Le Hamas prétend diriger Gaza, dit aux résidents de Gaza qu’il tente d’améliorer leur qualité de vie. Mais en réalité, les émeutes à la frontière, les explosifs improvisés, les ballons explosifs, les cerfs-volant incendiaires et comme nous l’avons vu cette nuit, les roquettes, détériorent la qualité de vie dans la bande de Gaza », a-t-il dit.

L’avertissement de Halevi est survenu quelques heures après que Netanyahu a promis qu’Israël réagirait « énergiquement » à la violence provenant de la bande de Gaza. Le Premier ministre a rencontré des responsables de la sécurité de la division de Gaza pour une consultation d’urgence.

Dans l’enclave, les membres du Hamas auraient évacué des postes par craintes de nouvelles frappes nocturnes et les dirigeants du groupe se cacheraient.

L’Egypte et les Nations unies auraient tenté de négocier une accalmie entre les parties depuis le tir de roquette sur Beer Sheva, qui est survenu quelques jours après que les dirigeants israéliens ont menacé d’une offensive en réponse aux émeutes hebdomadaires et au lancement de cerfs-volants et de ballons incendiaires.

De la fumée s’élève après une frappe aérienne dans le sud de la bande de Gaza, dans la ville de Rafah, le 17 octobre 2018 (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Les médias ont indiqué mercredi qu’Abbas Kamel, le dirigeant des services du renseignement égyptien, avait annulé un voyage à Gaza, en Cisjordanie et en Israël, prévu jeudi, à cause des tensions autour de Gaza.

Le Hamas et Jihad islamique palestinien, un second groupe terroriste soutenu par l’Iran, ont officiellement nié être à l’origine du tir de roquettes, qu’ils ont qualifié d’ « irresponsable » et ont miné les négociations gérées par l’Egypte.

Les responsables israéliens ont rejeté ces affirmations, expliquant que seuls le Hamas et le Jihad islamique étaient en mesure de tirer des roquettes pouvant atteindre Beer Sheva.

Aucun blessé n’a été signalé après l’attaque de mercredi. Miri Tamano, qui vit dans la maison touchée, a réussi à extirper ses trois fils vers un abri blindé, quelques secondes avant la frappe.

Les résultats d’une attaque à la roquette sur une habitation dans la ville du sud de Beer sheva, en Israël, le 17 octobre 2018 (Crédit : Armée israélienne)

Depuis la guerre contre Gaza, en 2014, c’est la seconde roquette à atteindre Beer Sheva. La roquette précédente, qui est tombée dans un champ au nord de Beer Sheva le 9 août dernier, faisait partie d’une salve de tirs en directions des communautés israéliennes situées aux abords de la bande de Gaza.

Les tirs de roquettes sur Beer Sheva, qui abrite une population de 200 000 personnes, sont rares et considérés comme une escalade majeure.

Le vice-ministre de la Défense Eli Ben Dahan a déclaré qu’une batterie anti-missile du Dôme de fer sera déployée à Beer Sheva après cette attaque, ce qui indique qu’Israël s’attend à ce que les hostilités avec Gaza se poursuivent en dépit des tentatives d’accalmie mises en oeuvre mercredi après-midi.

Depuis le 30 mars, les Palestiniens de la bande de Gaza ont pris part à une série d’émeutes et de manifestations appelées la « Grande marche du retour », au cours desquelles ils brûlent des pneus, lancent des pierres le long de la barrière de sécurité, ouvrent parfois le feu sur des soldats, placent des explosifs sur la barrière et envoient des dispositifs aériens incendiaires en direction d’Israël.

Plusieurs escalades de tensions entre Israël et le Hamas ont fait craindre d’une guerre. Les Palestiniens ont lancé des roquettes et l’armée israélienne a mené des frappes aériennes en représailles.

Près de 155 émeutiers palestiniens ont été tués et des milliers de personnes ont été blessées au cours des affrontements avec l’armée israélienne, selon les chiffres de l’AP. Le Hamas a reconnu que des dizaines de morts faisaient partie de ses rangs. Un soldat israélien a été tué par un sniper palestinien à la frontière.

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