Après une recommandation de la police, Netanyahu exclut de démissionner
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Après une recommandation de la police, Netanyahu exclut de démissionner

La décision de mettre officiellement en examen le Premier ministre dépend maintenant du procureur général Avishaï Mandelblit

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu réagit à la recommandation de la police israélienne qu'il soit inculpé de corruption lors d'une enquête criminelle le 13 février 2018. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu réagit à la recommandation de la police israélienne qu'il soit inculpé de corruption lors d'une enquête criminelle le 13 février 2018. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a confirmé que la police avait recommandé mardi son inculpation pour corruption et a clamé son innocence lors d’une allocution télévisée.

« Ces recommandations n’ont aucune valeur juridique dans un pays démocratique », a déclaré Benjamin Netanyahu en réfutant toutes les accusations de la police, qui a recommandé à la justice israélienne de mettre le Premier ministre en examen dans deux affaires de corruption après deux ans d’enquête, selon les médias.

La police israélienne a recommandé mardi à la justice d’inculper pour corruption, fraude et abus de confiance le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a de nouveau clamé son innocence et exclu de démissionner.

La décision de mettre officiellement en examen M. Netanyahu, 68 ans, dépend maintenant du procureur général Avishaï Mandelblit, qui pourrait mettre plusieurs semaines ou mois avant de trancher.

Dans un communiqué, la police a indiqué « qu’il existait suffisamment de preuves contre le Premier ministre pour l’inculper pour avoir accepté des pots-de-vin, pour fraude et abus de confiance » dans deux affaires qui ont demandé deux ans d’enquête.

Lors d’une intervention télévisée mardi soir, Benjamin Netanyahu a réfuté ces accusations et exclu de démissionner.

« Notre gouvernement terminera son mandat et je suis sûr qu’aux prochaines élections (en novembre 2019), j’obtiendrai de nouveau votre confiance », a assuré le Premier ministre.

« Ces recommandations n’ont aucune valeur juridique dans un pays démocratique », a-t-il ajouté.

Cigares, champagne et bijoux

Dans la première des deux affaires qui lui sont reprochées, Benjamin Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de la part de riches personnalités comme James Packer, milliardaire australien, ou Arnon Milchan, producteur israélien à Hollywood.

Selon la police, le montant des cadeaux offerts par ces hommes d’affaires à Benjamin Netanyahu et aux membres de sa famille s’élève à un million de shekels (environ 230 000 euros) entre 2007 et 2016, sous forme de cigares, de bouteilles de champagne et de bijoux.

En échange de ces présents, selon la police, M. Netanyahu a tenté de faire voter une loi fiscale qui aurait profité à Arnon Milchan, tout en essayant de lui obtenir un visa aux Etats-Unis et en accordant un traitement de faveur à certaines de ses entreprises.

La police a préconisé des poursuites contre Arnon Milchan pour avoir versé des pots-de-vin.

Au cours de son enquête, la police a interrogé pas moins de 80 témoins.

La police a également estimé qu’il y avait corruption dans le cadre d’un accord secret que M. Netanyahu a tenté de passer avec le propriétaire du Yedioth Aharonot, Arnon Moses, pour une couverture favorable de la part de ce journal, le plus grand quotidien israélien payant. Elle a aussi préconisé la mise en examen de M. Moses pour corruption.

Benjamin Netanyahu a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété.

En s’appuyant sur ces précédents, il a tenté de minimiser l’impact de la démarche de la police.

« Ces dernières années, j’ai été l’objet de pas moins de quinze vérifications et enquêtes. Certaines se sont achevées avec des recommandations tonitruantes de la police, comme celles de ce soir. Toutes ces tentatives n’ont débouché sur rien et, cette fois aussi, les choses ne déboucheront sur rien », a assuré le Premier ministre.

A la tête du gouvernement depuis 2009, après un premier mandat entre 1996 et 1999, M. Netanyahu a dépassé les onze ans de pouvoir.

Sans rival apparent, il battra le record de longévité du célèbre David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, si l’actuelle législature va jusqu’à son terme en novembre 2019.

La ministre israélienne de la Justice Ayelet Shaked a déjà affirmé qu’un Premier ministre inculpé officiellement n’était pas obligé de démissionner.

Quand un Premier ministre est inculpé, il n’est tenu de démissionner qu’une fois épuisés tous les recours contre son inculpation, a expliqué à l’AFP l’analyste Ofer Kenig, de l’Israel Democracy Institute.

Le Parlement peut cependant engager une procédure spéciale contre le Premier ministre après la mise en examen et avant l’épuisement des recours si le chef du gouvernement est mis en cause pour turpitude morale, a-t-il ajouté.

La justice israélienne peut avoir la main lourde contre les plus hauts dirigeants reconnus coupables de corruption.

L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert (Crédit : Oren Nahshon/Flash90/File)

Le prédécesseur et ancien adversaire de M. Netanyahu, Ehud Olmert, au pouvoir de 2006 à 2009, a ainsi été libéré en juillet après un an et quatre mois de prison pour corruption.

M. Olmert est sorti de son silence mercredi et a souhaité que M. Netanyahu « achève son mandat de manière rapide et honorable ».

Selon les commentateurs, le sort politique de Benjamin Netanyahu va en grande partie dépendre du ministre des Finances Moshé Khalon, chef du parti de centre-droit Koulanou.

Si cette formation qui compte 10 députés (sur 120) lui faisait défection, M. Netanyahu n’aurait en effet plus de majorité parlementaire.

« D’intenses pressions vont désormais s’exercer sur Moshé Kahlon », a prédit Hanan Cristal, le commentateur politique de la radio publique.

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