Arrivée d’une délégation d’officiels du Hamas à Téhéran
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Arrivée d’une délégation d’officiels du Hamas à Téhéran

Le chef du Hamas Ismail Haniyeh a dit que la visite durera quelques jours et qu'il attendait des "résultats importants", sans donner de détails

Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, s'exprime lors d'une rencontre avec des journalistes étrangers à Gaza Ville, le 20 juin 2019. (Mohammed Abed/AFP)
Ismail Haniyeh, le chef du Hamas, s'exprime lors d'une rencontre avec des journalistes étrangers à Gaza Ville, le 20 juin 2019. (Mohammed Abed/AFP)

Samedi, le chef du groupe terroriste palestinien du Hamas Ismail Haniyeh a déclaré qu’une délégation de membres de haut rang du groupe terroriste étaient arrivée à Téhéran pour une visite.

Haniyeh n’a pas donné de détails sur le but de la mission. La délégation était dirigée par le chef de l’aile armée du groupe en Cisjordanie, Saleh al-Arouri, a annoncé le site d’information Maariv.

« La visite durera quelques jours. Nous attendons des résultats importants », a déclaré Haniyeh.

L’Iran est un soutien des brigades Izz ad-Din al-Qassam, la branche armée du groupe terroriste du Hamas, et les brigades al-Qods, la branche armée du Jihad islamique.

Selon la publication basée à Londres Middle East Monitor, décrite comme une agence de presse pro-Hamas par la BBC, une délégation du Hamas a rencontré des officiels iraniens à Beyrouth vendredi à l’ambassade iranienne.

La délégation, qui selon l’article inclurait le représentant du Hamas au Liban Ahmed Abdel Hadi, a rencontré le conseiller spécial du président du Conseil iranien Shura, Hossein Amirabdollahian, et l’a informé des « dernières évolutions » et réactions du plan de paix américain.

Le mois dernier, Washington a dévoilé les détails de l’aspect économique du plan de paix, surnommé « l’accord du siècle », déclarant qu’il injecterait 50 milliards de dollars dans les économies en difficulté du Moyen Orient dans les dix prochaines années.

Le plan a été dévoilé au Bahreïn en juin par le conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, le beau-fils du président américain Donald Trump, qui l’a salué comme une « réussite ».

La proposition – qui vise à créer en 10 ans un million de nouveaux emplois, à baisser drastiquement le chômage et à améliorer les conditions de vie en Cisjordanie, à Gaza et à travers le Moyen-Orient – a été rejetée par les Palestiniens parce qu’elle n’inclut pas un cadre politique pour résoudre leur conflit avec Israël. Des officiels américains ont déclaré que la dimension politique du plan traitant les questions épineuses qui existent de longue date ne sera peut-être pas présentée avant l’automne.

Le sommet a été boycotté par l’Autorité palestinienne et n’a donc pas inclus de délégation officielle palestinienne. Le Hamas, qui a promis la destruction d’Israël, a accusé Kushner de devenir un « porte-parole pour l’occupation israélienne ».

Samedi, Haniyeh a dit que le Hamas ne s’opposait pas à la création d’un Etat temporaire de Palestine basé sur les frontières de 1967, mais a maintenu la position du groupe selon laquelle le contrôle par Israël de toute terre était illégitime. Il a fait ces commentaires à un groupe de journalistes turcs, a annoncé le site d’information Ynet.

Vendredi, plusieurs milliers de Palestiniens se sont rassemblée à la frontière de la bande de Gaza, tenue par le Hamas, avec Israël pour participer aux manifestations hebdomadaires à proximité de la barrière.

Environ 6 000 personnes auraient pris part aux manifestations. L’armée israélienne a déclaré que certains émeutiers ont lancé des pierres et des engins explosifs à la frontière et que des soldats ont répondu avec des armes non-létales, mais aussi avec des balles réelles dans plusieurs situations où des suspects tentaient de saboter ou de faire une brèche à travers la frontière.

Un manifestant palestinien lance des pierres sur un véhicule de l’armée israélienne lors d’affrontements entre des manifestants palestiniens et des forces israéliennes à travers la barrière de fil barbelé au cours d’une manifestation à la frontière à proximité de Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 19 juillet 2019.
(SAID KHATIB / AFP)

Le ministère de la Santé de Gaza dirigé par le Hamas a déclaré que plus de 100 personnes avaient été blessées, dont la moitié aurait été touchée par des balles réelles. Quatre médecins et deux journalistes auraient aussi été blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza.

La Douzième chaîne d’information a annoncé qu’un véhicule de l’armée israélienne avait été touché par une balle lors des manifestations, mais qu’aucun soldat n’avait été blessé.

Des officiels de la sécurité égyptienne ont tenu des négociations avec des dirigeants palestiniens ces derniers jours, en partie pour empêcher une nouvelle flambée des tensions entre Israël et la bande de Gaza contrôlée par le Hamas.

On a craint de nouvelles tensions la semaine dernière après qu’Israël a tué un commandant du Hamas le long de la frontière, ce qui aurait pu conduire l’organisation terroristes islamique à vouloir se venger.

Israël a ensuite expliqué qu’il avait tiré par erreur, affirmant qu’une enquête initiale avait montré que le membre du Hamas, Mahmoud Ahmad Sabri al-Adham, avait été identifié à tort par des soldats comme un terroriste armé, mais qu’il s’agissait apparemment d’un agent s’efforçant d’empêcher les jeunes palestiniens de faire une brèche dans la barrière de sécurité.

Selon les conditions de l’accord fragile de cessez-le-feu négocié par des officiels égyptiens et des Nations unies après une flambée de violence en mai, Israël devait assouplir certains aspects de son blocus sur l’enclave côtière en échange d’un calme relatif. Israël maintient que le blocus est nécessaire pour empêcher des armes d’entrer dans Gaza qui pourraient être utilisées dans des attaques contre l’Etat juif.

Des soutiens du Hamas participent à un événement pour marquer la fondation du groupe terroriste dans la bande de Gaza le 14 décembre 2015. (Emad Nassar/Flash90)

La mort d’al-Adham a fait courir le risque d’une nouvelle flambée de violences entre Israël et des groupes terroristes à Gaza. Ces 18 derniers mois, les deux camps se sont opposés dans plusieurs épisodes de violence – avec des groupes terroristes qui ont tiré des mortiers, de roquettes et des missiles sur les villes et villages israéliens, et Tsahal qui a riposté avec des frappes aériennes – souvent déclenchés par des incidents mineurs le long de la frontière.

Lors des manifestations de la semaine dernière, un officiel du Hamas a appelé les membres de la diaspora palestinienne à tuer des Juifs dans le monde entier, mais il a dû revenir sur ses commentaires quand le groupe terroriste a pris ses distances avec ses propos.

Fathi Hammad, un membre du bureau politique du Hamas est considéré comme un partisan de l’approche dure et connu pour sa rhétorique incendiaire, a déclaré : « Nous devons attaquer chaque Juif dans le monde en les tuant et en les massacrant ».

Ses commentaires ont été condamnés par des officiels de l’AP et des Nations unies, mais aussi par des dirigeants de son propre groupe.

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