Attentats de Toulouse et Montauban : 5 ans après, hommages et recueillements
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Attentats de Toulouse et Montauban : 5 ans après, hommages et recueillements

Une grande cérémonie est organisée à l'école juive Ozar Hatorah, rebaptisée Ohr Torah, avant un moment de recueillement avec énoncé de toutes les victimes près du Capitole

Les portraits des sept victimes de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)
Les portraits des sept victimes de Mohamed Merah pendant une cérémonie de commémoration organisée par le CRIF à Toulouse, le 19 mars 2014. (Crédit : Rémy Gabalda/AFP)

« Il n’y a pas de vie sans souvenir » : cinq ans après les attentats de Mohamed Merah, des hommages solennels sont rendus dimanche à Toulouse aux victimes, les sept vies fauchées et les blessés, du « tueur au scooter ».

En présence du ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, une grande cérémonie est organisée à l’école juive Ozar Hatorah, rebaptisée Ohr Torah. Ensuite, un moment de recueillement avec énoncé de toutes les victimes est prévu près du Capitole.

Le 11 mars, à Toulouse, Merah a tué le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten, 30 ans. Le 15 mars, à Montauban, le terroriste a assassiné le caporal Abel Chennouf, 25 ans, et le 1ère classe Mohamed Legouad, 23 ans. Grièvement blessé, le 1re classe Loïc Liber, 27 ans, est depuis tétraplégique.

Enfin, le 19 mars, le jeune homme au scooter a attaqué l’école confessionnelle toulousaine, où était scolarisé la fille d’un de ses avocats.

Jonathan Sandler, shot to death Monday in Toulouse, France, pictured with his two slain sons and with his wife (who was not hurt in the attack). (photo credit: via Facebook)
Jonathan Sandler, avec ses deux fils assassinés par Mohammed Merah à Toulouse en mars 2012, et son épouse,qui n’a pas été blessée physiquement dans l’attaque. (Crédit : Facebook)

Le visage caché par son casque de motard, il a exécuté le « rav » (professeur de religion) Jonathan Sandler, 30 ans, ses deux fils Arieh, 5 ans, et Gabriel, 4 ans, ainsi que Myriam Monsonégo, 7 ans, la fille du directeur. Aaron Bryan Bijaoui, 15 ans, avait été blessé.

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego, daughter of school headmaster Rabbi Yaacov Monsonego, who was killed in a shooting attack at the Ozar Hatorah School in Toulouse, France, early Monday morning. (photo credit: Flash90)
Miriam Monsonégo, fille du rabbin Yaacov Monsonégo, tués par Mohamed Merah à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. (Crédit : Flash90)

Merah, qui se proclamait « combattant d’Al-Qaïda » et filmait ses actes avec une GoPro, a été abattu par les forces de l’ordre le 22 mars à Toulouse.

La commémoration dans l’école est une première. Auparavant, il n’y avait eu qu’une rencontre d’élèves avec François Hollande accompagné du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en novembre 2012.

Arbre de vie

L’arbre de vie, une œuvre d’art offerte par l’artiste Charles Stratos, sera dévoilée dans la cour du collège-lycée Ohr Myriam et de l’internat Ohr Netsah Yonathan.

« Il n’y a pas de vie sans souvenir. Comment aller de l’avant sans regarder dans le passé ? Nous avons besoin de faire notre deuil », a souligné Pierre Lasri, président des parents d’élèves à l’époque de l’attentat, soulignant la « concordance du temps politique » entre les attentats intervenus en période électorale et cette cérémonie juste avant la présidentielle.

Latifa Ibn Ziaten, mère de la première victime de Merah, ne sera pas présente. Selon elle, ce « n’est pas [s]a place ».

« Les militaires sont oubliés depuis cinq ans », dénonce-t-elle, constatant que le « seul vrai et émouvant » hommage rendu à Imad, son fils, l’a été par le Maroc, son pays d’origine.

Latifa Ibn Ziaten, au centre, présidente de l'association IMAD et mère d'Imad Ibn Ziaten, soldat français assassiné par Mohamed Merah en 2012, pendant la cérémonie d'hommage à son fils, au Maroc, à M'diq, le 11 mars 2017. (Crédit : Fadel Senna/AFP)
Latifa Ibn Ziaten, au centre, présidente de l’association IMAD et mère d’Imad Ibn Ziaten, soldat français assassiné par Mohamed Merah en 2012, pendant la cérémonie d’hommage à son fils, au Maroc, à M’diq, le 11 mars 2017. (Crédit : Fadel Senna/AFP)

Samedi, cette femme devenue le symbole de la lutte contre la radicalisation, a rencontré le président François Hollande.

Elle lui a fait part de sa « souffrance » de « l’absence de cérémonies pour les trois soldats ». « Maintenant il va y avoir quelque chose », croit-elle savoir.

« En tuant des soldats, en s’en prenant à des enfants dans une école, c’est toute la France qui a été agressée », avait écrit le 11 mars le chef de l’État dans un message aux familles.

Tandis que le frère ainé de Merah, Abdelghani termine sa longue marche contre la montée de l’intégrisme religieux, il y a eu quelques cérémonies de recueillements depuis le 11 mars.

Une gerbe a été déposée à Montauban et on s’est souvenu de Jonathan Sandler et de ses deux enfants à Sarcelles, en région parisienne.

Après la folie meurtrière de Merah, le terrorisme a fait 238 morts en France, avec les attaques de janvier 2015 à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher, du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, du 14 juillet 2016 à Nice et du 26 juillet à Saint-Étienne du Rouvray.

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