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Au nom de la « vraie droite laïque », Yisrael Beytenu lance sa liste électorale

En réponse aux préoccupations concernant la représentation décroissante des femmes, le chef du parti, Liberman, a ajouté une femme générale de l'armée à la quatrième place

Carrie Keller-Lynn est la correspondante politique et juridique du Times of Israël.

Le chef d'Yisrael Beytenu Avigdor Liberman présentant les candidats de son parti pour les prochaines élections, lors d'un événement de campagne, à Tel Aviv, le 12 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
Le chef d'Yisrael Beytenu Avigdor Liberman présentant les candidats de son parti pour les prochaines élections, lors d'un événement de campagne, à Tel Aviv, le 12 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Avigdor Liberman a annoncé lundi la liste des candidats de son parti Yisrael Beytenu à la Knesset, ajoutant une ancienne générale militaire à une liste largement composée de législateurs en exercice.

Les cinq sièges derrière le ministre des Finances Liberman sont occupés par le ministre de l’Agriculture Oded Forer, le député Evgeny Sova, l’ancien conseiller en matière de genre de Tsahal et général de brigade Sharon Nir, la députée Yulia Malinovsky et le politicien druze Hamad Amar, ministre siégeant à la commission des Finances. Yisrael Beytenu a obtenu cinq sièges, soit moins que les sept qu’il détient dans l’actuelle Knesset.

Le président de la Commission des finances de la Knesset, Alex Kushnir, l’un des législateurs les plus actifs du parti, est en septième position et ne devrait pas entrer à la Knesset, à moins que le parti ne dépasse les résultats des derniers sondages ou n’entre au gouvernement et puisse ainsi échanger des ministres contre des candidats plus bas sur la liste.

Étant donné que le parti compte actuellement 10 politiciens en exercice à la Knesset et au cabinet, plusieurs autres législateurs en fonction ont été poussés vers le bas de la liste. Yossi Shain, Limor Magen Telem, Elina Bardach Yalov et Sharon Rofeh Ofir occupent les neuvième, dixième et douzième places, tandis que Batya Kahana-Dror, une avocate militante en matière de défense des droits des femmes, est passée à la huitième place.

À cinquante jours des élections législatives du 1er novembre, la liste de Liberman a été élargie pour répondre aux critiques du public qui estime que trop peu de femmes sont placées dans des positions réalistes, selon des sources du parti.

Liberman a annoncé sa liste au son d’un jingle déclarant qu’Yisrael Beytenu représente la « vraie droite laïque », après des commentaires dans lesquels le chef du parti s’est dit fier de former un gouvernement sans la majorité des politiciens de la droite idéologique de la Knesset.

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, annonçant sa liste pour les prochaines élections lors d’un événement de campagne à Tel Aviv, le 12 septembre 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Liberman a réaffirmé son engagement à empêcher son ancien allié, désormais rival, Benjamin Netanyahu à reprendre le pouvoir, accusant le chef du Likud de chercher à profiter de la situation pour évincer son actuel procès pour corruption.

« Notre tâche la plus importante est d’empêcher Netanyahu et son bloc fondamentaliste d’atteindre 61 sièges, car nous savons exactement ce qui se passera », a déclaré Liberman lors du lancement de la liste de son parti à Tel Aviv, « à savoir, un classement sans suite des affaires de Netanyahu ».

Netanyahu, qui nie toutes les accusations portées contre lui, a traîné Liberman dans la boue au cours des deux dernières semaines, suite aux allégations selon lesquelles le ministre des Finances aurait proposé, il y a 20 ans, à un ancien militant d’engager un tueur à gages en son nom. Liberman affirme que Netanyahu est à l’origine de ces allégations, qu’il nie également par ailleurs.

Dimanche, il a qualifié les méthodes de campagne de Netanyahu d’être « les méthodes exactes de Joseph Goebbels », principal propagandiste du parti nazi, ainsi que celles du dictateur soviétique Joseph Staline.

En ce qui concerne la promesse électorale de Netanyahu de financer les écoles ultra-orthodoxes sans exiger l’enseignement des matières dites « fondamentales », plus tôt dans la journée de dimanche, afin d’unifier les politiciens haredim ashkénazes sous la bannière de Yahadout HaTorah, Liberman a déclaré que son retour au pouvoir, ainsi que celui de ses partenaires politiques, ruinerait les caractéristiques du programme laïc d’Yisrael Beytenu. La promesse de Netanyahu a été faite un jour après que le New York Times a publié une enquête cinglante sur les écoles haredim défaillantes de l’État de New York.

Liberman a déclaré qu’une fois que Netanyahu et les membres du bloc haredi Yahadout HaTorah et Shas, ainsi que l’alliance d’extrême droite HaTzionout HaDatit-Otzma Yehudit, seraient de retour au pouvoir, ils procéderaient à « l’abolition complète du terme ‘partage du fardeau’, à l’abolition de la loi du retour, à l’abolition de l’obligation de suivre des études de base et au pillage des caisses publiques ».

Avigdor Liberman, alors ministre de la Défense, et Benjamin Netanyahu, alors Premier ministre, à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Lui-même immigré en Israël depuis la Moldavie, Liberman tire le cœur de son soutien des immigrants de l’ancienne Union soviétique. Smotrich a fait pression dans le passé pour annuler le droit des petits-enfants de Juifs à se qualifier pour la citoyenneté israélienne, ce qui affecterait la base électorale d’immigrants de Liberman.

Liberman a également fait pression depuis longtemps en faveur de l’intégration des haredim dans la population active et dans l’armée, et plus tôt cette année, il a institué des mesures pour soutenir financièrement les familles qui travaillent. Comme lui et ses collègues membres du parti l’ont exprimé par le passé, le programme économique de droite, laïc et libéral d’Yisrael Beytenu comporte une dimension sociale pour soutenir les Israéliens qui, selon eux, travaillent, servent ou « contribuent » à la société, comme l’a dit Forer lors du lancement lundi.

Lors du lancement de la campagne de son parti le mois dernier, Liberman a fait quatre promesses électorales fondamentales : créer une stabilité politique, accroître la sécurité personnelle, renforcer l’économie israélienne et réduire les écarts socio-économiques.

« La stabilité politique est la condition nécessaire à la croissance économique », a déclaré le ministre des Finances lundi, ajoutant que sa conception de la stabilité ne se ferait pas au prix d’une alliance avec Netanyahu.

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