Avec 500 000 vaccins en Israël, un taux de mortalité réduit de 65 % – Expert
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Avec 500 000 vaccins en Israël, un taux de mortalité réduit de 65 % – Expert

Ce nombre de vaccins anti-COVID-19 serait suffisant pour immuniser tous les Israéliens au-dessus de 75 ans et pourrait réduire de 40 % le chiffre des cas graves, estime Eran Segal

Aner Ottolenghi reçoit le vaccin contre le coronavirus développé en Israël à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem, le 1er novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Aner Ottolenghi reçoit le vaccin contre le coronavirus développé en Israël à l'hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem, le 1er novembre 2020. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans la lutte contre le coronavirus, Israël pourrait faire baisser son taux de mortalité jusqu’à 65 % avec seulement un demi-million de vaccins, a déclaré un expert samedi.

Le professeur Eran Segal, biologiste informatique à l’Institut Weizmann des Sciences, a estimé au cours d’un entretien accordé à la Douzième chaîne que si un futur vaccin s’avérait être à 90 % efficace, il pourrait réduire les décès entraînés par la COVID-19 au sein de l’Etat juif de 65 % avec seulement 500 000 doses. Si le vaccin est à 70 % efficace pour bloquer le virus alors le taux de mortalité pourrait être réduit de moitié, a-t-il affirmé.

Cette première série de 500 000 vaccins pourrait aussi potentiellement réduire le nombre de cas graves de 40 % si les vaccins s’avèrent efficaces à 90 %, et de 30 % s’ils sont efficaces à 70 %, selon les calculs de Segal.

Ce premier demi-million de doses devrait être suffisant pour vacciner les Israéliens de plus de 75 ans. Avec 800 000 vaccins, tous les Israéliens de plus de 70 ans pourraient être immunisés et avec 1,2 million de doses, c’est toute la population des plus de 65 ans, la plus vulnérable face aux éventuelles complications du virus, qui pourrait être couverte, a continué le spécialiste.

Eran Segal (Autorisation)

Selon le ministère de la Santé, il y a actuellement 295 cas graves de COVID-19 dans le pays. Plus de 2 700 Israéliens ont succombé des suites de la maladie depuis le début de l’épidémie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir, vendredi, que l’Etat juif avait signé un accord avec Pfizer portant sur l’achat de millions de vaccins contre le coronavirus suite à l’annonce de la firme pharmaceutique que son vaccin était fiable à 90 %.

Dans le cadre de l’accord avec Pfizer, Netanyahu a expliqué qu’Israël recevrait 8 millions de doses du vaccin – assez pour immuniser quatre millions d’Israéliens à la maladie. Le Premier ministre a dit espérer que Pfizer commencerait à distribuer son produit au mois de janvier, sous réserve de l’autorisation donnée par les autorités sanitaires américaines et israéliennes.

« C’est un grand jour pour Israël et un grand jour pour notre victoire contre le coronavirus », a dit Netanyahu dans une déclaration télévisée au siège de l’armée à Tel Aviv.

Toutefois, le site d’information Ynet a rapporté que l’accord ne plaçait pas Pfizer dans l’obligation d’approvisionner Israël mais qu’il précisait que le laboratoire fournirait ses vaccins « selon les circonstances ». S’il échoue à en livrer, Pfizer remboursera l’avance versée par le gouvernement israélien.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’un discours télévisé sur la signature d’un accord portant sur le vaccin anti-coronavirus de Pfizer au siège de l’armée à Tel Aviv, le 13 novembre 2020. A gauche, le ministre de la Santé, Yuli Edelstein. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

S’exprimant après Netanyahu, le ministre de la Santé Yuli Edelstein a déclaré espérer que des « quantités significatives » du vaccin commenceraient à arriver au début de l’année 2021.

« C’est très important mais comme je l’ai dit, nous ne devons pas faire preuve de complaisance », a déclaré Edelstein, appelant les Israéliens à porter le masque et à respecter les règles de distanciation sociale.

Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont confirmé l’accord conclu avec Israël dans un communiqué conjoint émis jeudi soir.

Pfizer avait annoncé, lundi, que des données initiales indiquaient que son vaccin, développé en partenariat avec BioNTech, était fiable à 90 % dans la prévention de la COVID-19, donnant l’espoir qu’un vaccin contre le nouveau coronavirus puisse être rapidement disponible.

Toutefois, son stockage et son transport exigent des températures excessivement froides, ce qui crée d’importantes complications logistiques.

Un travailleur médical russe administre une dose du vaccin expérimental russe contre le coronavirus Spoutnik V à Moscou, en Russie, le 15 septembre 2020. (Crédit ; Alexander Zemlianichenko Jr/AP)

Israël a conclu des accords avec deux autres firmes pharmaceutiques concernant des vaccins et développe le sien également, mais l’Etat juif, selon des informations, ne s’était pas engagé formellement dans des négociations avec Pfizer avant l’annonce faite lundi, ce qui le désavantage aujourd’hui.

En plus de ses accords passés avec Moderna et Arcturus, l’Etat juif a aussi signé un accord avec la firme biotechnologique italienne ReiThera pour obtenir un vaccin si et quand elle le développera, et discute avec la Russie pour acquérir celui sur lequel elle travaille actuellement. L’Institut israélien de recherche biologique est également en train de travailler sur sa propre version.

Ces espoirs surviennent alors que le nombre de cas de virus augmente actuellement dans le pays.

La police fait appliquer les règles au premier jour de la réouverture des magasins à Jérusalem, le 8 novembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le cabinet du coronavirus de haut-niveau devrait débattre d’un nouvel allègement des mesures de confinement lorsqu’il se réunira, dimanche, malgré les signaux montrant que la baisse de nouvelles infections est en train de ralentir. Parmi les mesures qui devraient être discutées, la reprise des cours pour les élèves de CM2 et 6e et pour ceux de Première et de Terminale, la réouverture des centres commerciaux et l’imposition d’un couvre-feu nocturne, selon le site Ynet.

Le ministère de la Santé n’a pas caché son scepticisme face à la mise en œuvre de ce couvre-feu, estimant qu’il est inefficace pour faire baisser le nombre de nouveaux cas s’il n’est pas mis en place entre 19 heures et 20 heures, a fait savoir le site. Le ministère serait toujours opposé à la réouverture des centres commerciaux, des musées et des salles de sport.

Le pays est parvenu à faire nettement décliner son taux quotidien d’infection en passant d’environ 8 000 à la mi-septembre à plusieurs centaines à la fin du mois d’octobre grâce à un confinement national que le gouvernement a commencé à alléger petit à petit le mois dernier – le deuxième depuis le début de la pandémie. Ce chiffre est resté obstinément supérieur à 500 nouveaux malades quotidiens, malgré tout, avec plus de 30 000 tests effectués par jour la plupart du temps.

Le confinement national démarré le 18 septembre a paralysé une grande partie de la vie publique et l’économie, en plus d’interrompre complètement les activités du système éducatif tout entier. Le gouvernement avait commencé à lever certaines limitations il y a quelques semaines, avec l’ouverture des maternelles et des jardins d’enfants, puis la reprise des cours pour les élèves des classes de CP, CE1, CE2 et CM1. Les autres élèves ont, pour le moment, recours à l’enseignement à distance. Des magasins ont également pu accueillir à nouveau des clients.

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