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YOM HASHOAH

Avec Yad Vashem, des recrues de Tsahal apprennent pourquoi elles se battent

Le nouveau centre d'enseignement se concentre sur des histoires personnelles pour montrer la vie d'avant-guerre et les horreurs nazies qui ont suivi

Shani Lourie-Farhi s'adresse à des soldats au centre éducatif sur la Shoah de Yad Vashem, sur la base d'entraînement militaire d'Ir Habahadim, dans le sud d'Israël, en avril 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/The Times of Israel)
Shani Lourie-Farhi s'adresse à des soldats au centre éducatif sur la Shoah de Yad Vashem, sur la base d'entraînement militaire d'Ir Habahadim, dans le sud d'Israël, en avril 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/The Times of Israel)

La nouvelle recrue de l’armée israélienne, la soldate Noa semblait très inspirée lors de sa visite dans le nouveau mémorial de la Shoah et dans le centre éducatif de la plus grande base d’entraînement de l’armée, destiné aux soldats nouvellement recrutés.

« Savoir que des gens ont traversé tout cela et ont choisi d’immigrer dans le pays et de servir dans l’armée, malgré tout, c’est vraiment valorisant », a-t-elle déclaré en regardant un mur de photos montrant la vie juive avant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale.

Cette semaine, alors que le pays célèbre la journée de commémoration de la Shoah, ou Yom HaShoah, le musée et mémorial national israélien de la Shoah, Yad Vashem, inaugure officiellement les installations d’Ir Habahadim – la « ville » des bases d’entraînement de l’armée, située juste au sud de Beer Sheva.

Jusqu’à récemment, l’armée envoyait les soldats en voyage organisé au principal mémorial et musée de Yad Vashem à Jérusalem. En ouvrant un centre à Ir Habahadim, où la plupart des nouvelles recrues effectuent au moins un séjour pendant leur service, les responsables militaires estiment qu’ils éviterons ainsi les tracas logistiques liés au transport des troupes à Jérusalem et réduiront l’affluence à Yad Vashem.

En même temps, le mémorial et le musée ont été adaptés aux nouvelles recrues, conçus spécifiquement pour susciter l’intérêt des jeunes qui apprennent à défendre leur pays.

« Le plus formidable, c’est que nous recevons le soldat au moment le plus important de son service… quand il passe du statut de civil à celui de soldat », a déclaré Yotam Regev, le commandant du service éducatif de la base.

« Dans le cadre de cette transition, ils participent à une série d’activités éducatives destinées à renforcer leur compréhension de la raison pour laquelle ils sont soldats dans l’armée israélienne, et pourquoi cela ne doit pas les gêner, mais au contraire les rendre fiers de leur service », a ajouté M. Regev.

L’entrée d’un centre éducatif sur la Shoah de Yad Vashem à la base d’entraînement militaire d’Ir Habahadim dans le sud d’Israël, avril 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/The Times of Israel)

Shani Lourie-Farhi, directrice du contenu du centre et responsable du centre pédagogique de l’École internationale d’études sur la Shoah de Yad Vashem, a déclaré que la « grande question » lors de la conception du centre était de savoir comment sensibiliser la jeune génération au monde juif qui existait avant la Shoah.

« La Shoah est une grande histoire », a-t-elle déclaré. « Nous nous sommes demandés quelle partie de la commémoration de la Shoah nous voulions mettre en avant de manière à toucher la jeune génération. »

« Si vous voulez comprendre les choix faits par les Juifs pendant la Shoah, vous devez comprendre d’où ils venaient… pourquoi les Juifs d’Allemagne ne se sont pas levés et ne sont pas partis quand Hitler est arrivé au pouvoir », a-t-elle ajouté.

Mme Lourie-Farhi a fait remarquer qu’en raison de la diminution du nombre de survivants encore capables de raconter leur histoire, il est de plus en plus difficile pour les jeunes de comprendre ce que les Juifs ont vécu pendant la Shoah à un niveau plus personnel.

Les survivants d’aujourd’hui ont tous plus de 77 ans, et environ 19 % des 161 400 survivants de la Shoah en Israël ont 90 ans ou plus, selon les données du ministère de l’égalité sociale publiées mercredi.

« Nous avons compris que la rencontre personnelle [avec un survivant] doit être remplacée par autre chose », a-t-elle déclaré.

Contrairement au musée de Jérusalem de Yad Vashem, qui enseigne la Shoah en se concentrant sur les événements chronologiques, le centre d’éducation de l’armée se concentre plutôt sur les histoires personnelles des Juifs d’Europe avant la guerre – avec des expositions qui comprennent des détails sur certains qui ont survécu, et d’autres non.

« Parmi eux, certains ont reçu des citations militaires », peut-on lire sur un écran montrant des photos de survivants de la Shoah qui se sont installés en Israël, dans un effort apparent pour motiver les soldats nouvellement recrutés.

Le lieutenant Matan Perlmuter et son grand-père, Yitzhak Perlmuter, au centre éducatif sur la Shoah de Yad Vashem, sur la base d’entraînement militaire d’Ir Habahadim, dans le sud d’Israël, en avril 2022. (Crédit : Emanuel Fabian/The Times of Israel)

La visite initiale du centre est assurée par le personnel de Yad Vashem, après quoi l’officier de l’unité en visite dirige les soldats dans diverses activités.

« Leur commandant est celui qui résume et aide à faire le point sur la journée, pour amener les soldats à réfléchir à ce qu’ils ont appris, et à la manière dont tout cela est lié aux valeurs et à l’esprit de Tsahal », a déclaré Regev.

Un officier qui visitait le centre avec son grand-père survivant de la Shoah, avant l’ouverture officielle, a déclaré que, selon lui, cela aiderait les nouvelles recrues à comprendre leur objectif.  » Cela explique aux soldats la raison de notre présence ici et l’importance de ce que nous faisons », a déclaré le lieutenant Matan Perlumter.

Son grand-père, Yitzhak, était d’accord avec ce sentiment : « Nous devons être toujours prêts. »

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