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Azerbaïdjan : 5 personnes arrêtées pour espionnage au profit de l’Iran

Les suspects ont accusés d'avoir recueilli des informations sur l'armée azerbaïdjanaise, notamment sur ses achats de drones israéliens et turcs et des infrastructures énergétiques

Drapeau de l'Azerbaïdjan. (Crédit : Pixabay)
Drapeau de l'Azerbaïdjan. (Crédit : Pixabay)

L’Azerbaïdjan a annoncé lundi avoir arrêté cinq de ses citoyens pour des accusations d’espionnage au profit de l’Iran, dans un contexte de vives tensions entre ce pays du Caucase et Téhéran.

Selon les services de sécurité azerbaïdjanais, les arrestations font partie de « mesures visant à faire face aux activités perturbatrices (…) menées par les services secrets iraniens contre l’Azerbaïdjan ».

Les cinq personnes arrêtées sont accusées d’avoir recueilli des informations sur l’armée azerbaïdjanaise, notamment sur ses achats de drones israéliens et turcs, ainsi que sur des infrastructures énergétiques.

Plus tôt en novembre, les autorités azerbaïdjanaises avaient déjà annoncé l’arrestation de 17 personnes accusées de faire partie d’un « groupe armé illégal organisé par l’Iran sur le territoire azerbaïdjanaise »

Vendredi dernier, l’Azerbaïdjan avait aussi convoqué l’ambassadeur iranien pour protester contre « la rhétorique menaçante » de Téhéran à l’égard de Bakou.

A la veille de cette convocation, le ministère iranien des Affaires étrangères avait remis à l’ambassadeur azerbaïdjanais une note de protestation contre les commentaires « anti-iraniens » des responsables azerbaïdjanais.

L’Iran, où résident des millions d’Azéris ethniques, a longtemps accusé son voisin de fomenter un sentiment séparatiste sur son territoire.

Téhéran voit aussi d’un très mauvais oeil les ambitions de Bakou de relier l’Azerbaïdjan à son enclave de Nakhitchevan et la Turquie, via un couloir terrestre le long de la frontière arméno-iranienne.

L’Azerbaïdjan cherche à limiter la juridiction arménienne sur ce couloir, dit de Zangezur, un projet qui mettrait fin à sa dépendance de l’Iran pour avoir accès à l’enclave de Nakhitchevan.

Cette question est un important point de friction entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui se sont affrontés au cours de deux guerres en 2020 et dans les années 1990 pour le contrôle de la région disputée du Nagorny-Karabakh.

Les relations entre Bakou et Téhéran sont traditionnellement délicates, l’Azerbaïdjan turcophone étant un proche allié de la Turquie, une rivale historique de l’Iran.

Téhéran redoute également que le territoire azerbaïdjanais ne soit utilisé pour une éventuelle offensive contre l’Iran par Israël, le fournisseur principal d’armes à Bakou.

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