Ban Ki-moon : une solution à un état serait « vouée à l’échec »
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Ban Ki-moon : une solution à un état serait « vouée à l’échec »

Le secrétaire général de l'ONU a également exhorté les dirigeants mondiaux à mettre fin au carnage en Syrie et à lutter contre le réchauffement climatique

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'exprime au cours d'une conférence de presse dans une école des Nations unies à Gaza Ville, le 28 juin 2016 (Crédit : AFP/Mahmud Hams)
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'exprime au cours d'une conférence de presse dans une école des Nations unies à Gaza Ville, le 28 juin 2016 (Crédit : AFP/Mahmud Hams)

Pendant son derniers discours devant l’Assemblée générale des Nations unies en tant que secrétaire général, Ban Ki-moon a déclaré mardi que la communauté internationale devait continuer à promouvoir la création d’un Etat palestinien.

« Remplacer une solution à deux états par une construction à un état serait voué à l’échec », a-t-il déclaré, ajoutant que les implantations israéliennes en Cisjordanie comme des « obstacles au progrès ».

Il a également déclaré que « dix ans d’expansion de colonies illégales et cinquante ans d’occupation : c’est de la folie. Les Palestiniens ne peuvent pas continuer à vivre sous occupation israélienne. »

Danny Danon, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU, a réagi et déclaré que « la vraie folie appartient à l’ONU. Au lieu de se concentrer sur le terrorisme palestinien et les incitations [à la violence], au lieu de pousser [le président de l’Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas à revenir à la table des négociations, le secrétaire général choisit de critiquer encore une fois Israël. C’est une obsession d’Israël, et cela doit cesser.

« A un moment où le terrorisme palestinien est en hausse en Israël, le secrétaire général choisit de nous critiquer et d’ignorer la responsabilité directe d’Abbas et des dirigeants palestiniens qui continuent à inciter au terrorisme. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est parti mardi pour New York, où il rencontrera le président américain Barack Obama et s’exprimera devant l’Assemblée générale des Nations unies.

Des soldats israéliens en patrouille après qu'un terroriste palestinien a poignardé un soldat réserviste de l'armée israélienne dans l'implantation d'Efrat, dans le Gush Etzion, en Cisjordanie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Gerson Elinson/Flash90)
Des soldats israéliens en patrouille après qu’un terroriste palestinien a poignardé un soldat réserviste de l’armée israélienne dans l’implantation d’Efrat, dans le Gush Etzion, en Cisjordanie, le 18 septembre 2016. (Crédit : Gerson Elinson/Flash90)

Pendant son discours, Ban a également exhorté les dirigeants mondiaux à mettre fin au carnage en Syrie et à lutter contre le réchauffement climatique.

« Soyez au service de votre peuple, a-t-il lancé aux dignitaires réunis, ne pervertissez pas la démocratie, ne pillez pas les ressources de votre pays, n’emprisonnez et ne torturez pas vos opposants. »

Ban doit quitter son poste à la fin de l’année après dix ans à la tête de l’ONU.

« J’en appelle à tous ceux qui ont de l’influence pour obtenir la fin des combats et le début de négociations » pour une transition politique en Syrie, a-t-il plaidé alors qu’une trêve sur le terrain a volé en éclats.

Il a dénoncé l’attaque « sauvage et apparemment délibérée » d’un convoi humanitaire lundi dans la région d’Alep qui a forcé l’ONU à suspendre ses opérations humanitaires.

Il a qualifié les travailleurs humanitaires en Syrie de « héros » et leurs agresseurs de « lâches » qui devront « répondre de ces crimes ».

Le conflit en Syrie est celui « qui fait le plus de morts et qui sème le plus d’instabilité », a-t-il noté, en s’en prenant particulièrement au régime du président Bashar al-Assad.

« Beaucoup de groupes ont tué beaucoup d’innocents mais aucun autant que le gouvernement syrien qui continue d’utiliser des barils d’explosifs contre des zones résidentielles et de torturer systématiquement des prisonniers. »

Des enfants syriens scolarisés passent devant des immeubles en ruine  à Jobar, fief rebelle, en banlieue est de la capitale Damas, le 30 avril 2016. (Crédit : AFP/Amer Almohibany)
Des enfants syriens scolarisés passent devant des immeubles en ruine à Jobar, fief rebelle, en banlieue est de la capitale Damas, le 30 avril 2016. (Crédit : AFP/Amer Almohibany)

Il a critiqué sans les nommer les multiples protagonistes du conflit, « ces puissants parrains qui continuent d’alimenter la machine de guerre » en Syrie.

Ce conflit, qui a fait 300 000 morts et jeté sur les routes des millions de réfugiés, domine les discussions en marge de l’Assemblée.

Les Etats-Unis et la Russie ont présidé mardi à New York une réunion internationale cruciale sur la Syrie pour tenter de sauver ce qui reste du processus diplomatique.

Estimant « qu’il n’y a pas de temps à perdre », Ban a demandé aux 193 pays membres de l’ONU de faire en sorte que l’accord de Paris sur le climat entre en vigueur « dès cette année ».

Pour y parvenir, a-t-il souligné, il suffit que 26 pays supplémentaires, représentant juste 15 % des émissions nocives de gaz à effet de serre, ratifient le texte.

Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l'adoption d'un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. (Crédit photo: AFP/François Guillot)
Le ministre des Affaires Etrangères et envoyé du président pour la COP21 Laurent Fabius (gauche) montre le marteau officiel de la conférence climatique, pendant que le président Francois Hollande le regarde, après l’adoption d’un accord historique sur le climat, le 12 décembre 2015. (Crédit photo: AFP/François Guillot)

La lutte contre le réchauffement climatique est une des priorités de Ban et l’accord de Paris figure parmi les quelques succès de son mandat.

Il a aussi fustigé « les dirigeants qui réécrivent les constitutions, manipulent les élections pour s’accrocher désespérément au pouvoir », une allusion implicite à certains dirigeants africains. « Les dirigeants doivent comprendre que les postes de responsabilité politique leur sont octroyés par le peuple et ne leur appartiennent pas ».

L’ancien ministre sud-coréen des Affaires étrangères a enfin exhorté Pyongyang à stopper ses essais nucléaires et balistiques.

Il a aussi une nouvelle fois promis de l’aide aux Haïtiens victimes d’une épidémie de choléra déclenchée par des Casque bleus.

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