Banque d’Israël : Une hausse des impôts serait nécessaire pour endiguer la dette
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Banque d’Israël : Une hausse des impôts serait nécessaire pour endiguer la dette

La pandémie souligne le manque de sécurité économique pour réagir en cas de crise, et le manque d'infrastructures et de données adéquates pour permettre une assistance ciblée

Des visiteurs du centre commercial Givatayim, le 21 février 2021, à sa réouverture après plusieurs semaines de confinement. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)
Des visiteurs du centre commercial Givatayim, le 21 février 2021, à sa réouverture après plusieurs semaines de confinement. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Israël pourrait devoir augmenter les impôts pour endiguer la dette qui a connu une hausse dramatique en raison de la pandémie de coronavirus, a déclaré la Banque d’Israël dans un résumé de son rapport annuel 2020 sur l’économie publié mercredi.

« Pour financer la dette, qui a gonflé… il se pourrait que le besoin se fasse sentir en temps voulu d’augmenter les taux d’imposition », indique le résumé du rapport. La banque centrale doit tenir une conférence de presse le 6 avril pour présenter le rapport complet.

La politique budgétaire doit s’adapter à une économie post-pandémie « et être menée de manière ordonnée » avec des priorités à long-terme, afin de maintenir sa crédibilité, a déclaré la Banque d’Israël.

Un budget de l’État pour 2021 est essentiel pour stimuler la croissance et doit notamment investir dans le capital humain, les transports publics et les infrastructures de communication, l’énergie et l’environnement, indique le rapport.

Israël n’a pas de budget d’État depuis 2018 en raison de l’instabilité politique et sort maintenant d’une quatrième élection en moins de deux ans sans un vainqueur clair en vue.

Des visiteurs du centre commercial Givatayim, le 21 février 2021, à sa réouverture après plusieurs semaines de confinement. (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

« L’absence d’un budget approuvé pour une période aussi longue nuit à la capacité de budgétiser de nombreux postes et de fixer des priorités claires », indique le rapport. « Cela souligne en outre la nécessité d’approuver un budget pour 2021 et de préserver les cadres institutionnels essentiels à la gestion de la politique budgétaire et d’établir sa crédibilité au fil du temps. »

Le produit intérieur brut d’Israël s’est contracté de 2,5 % en 2020 en raison de la pandémie, avec une distanciation sociale forcée pour limiter la propagation du virus, bloquant les entreprises et les activités économiques. Le chômage a atteint son plus haut niveau depuis au moins 50 ans, à 15,7 % en moyenne sur l’année, après une baisse record à 3,8 % en 2019. La consommation privée a baissé de 9,5 % et le PIB par habitant de 11 %. Le déficit public a grimpé à 11,6 % contre 3,7 % en 2019, et le ratio dette / PIB a bondi à 72,6 % contre 60 % en 2019.

La crise a été la plus féroce à secouer la nation au cours des 20 dernières années et si on la compare aux crises de 2001 à 2003 et de 2009 à 2009, « la contraction du PIB en 2020 a été plus dure que celle survenue dans des périodes de temps correspondantes au cours des crises passées, et le taux de croissance négatif trimestriel qui a été enregistré pendant l’année n’a pas de précédent », explique le rapport.

Les entreprises ayant le plus souffert pendant la pandémie ont été celles qui offrent des emplois manuels intensifs et celles qui ont nécessité une présence physique. Le taux de chômage, dans l’intervalle, a été plus élevé parmi les travailleurs les moins bien rémunérés et les moins qualifiés.

Photo illustrative de jeunes Israéliens dans un café à Tel Aviv. (Miriam Alster/Flash90)

Le chômage va baisser une fois que l’économie sera remise de la crise, indique le rapport, mais il restera probablement plus élevé qu’en 2019, quand la crise avait frappé. Peut-être parce que les entreprises sont devenues bien plus efficaces et qu’elles peuvent travailler avec moins d’employés ; en raison des changements survenus dans la structure de l’économie ou parce que ceux qui ont été mis en congé sans solde ou qui sont au chômage depuis longtemps auront des difficultés à retrouver un emploi.

Former la main-d’œuvre – c’est à dire le capital humain – pour l’adapter aux changements dans l’économie aidera à prendre en charge l’issue de la crise, a noté le rapport.

Au cours de la crise, le gouvernement a compensé les citoyens pour leurs pertes – par des subventions et des allocations chômage pour les personnes en congé sans solde – des indemnisations qui sont étendues jusqu’au mois de juin 2021.

Un coiffeur portant le masque s’occupe d’un client dans un salon de Tel Aviv lors de la sortie du troisième confinement imposé en Israël pour cause de coronavirus, le 7 février 2021. (Crédit :Miriam Alster/Flash90)

Aujourd’hui, alors que la nation émerge de la crise, ces programmes doivent s’arrêter ou être révisés à la baisse de manière à ce qu’ils ne dissuadent pas à retourner au travail ou à faire survivre des entreprises qui ne continueraient pas, le cas échéant, leurs activités. Ces politiques doivent être réduites parallèlement au rétablissement de l’économie, explique le rapport.

Un filet de sécurité et des données nécessaires

De plus, la crise a mis en exergue l’absence d’un large filet de sécurité économique qui puisse être déployé en cas de crise, ainsi que le manque d’infrastructures composées de données appropriées pour mettre en place et mettre en œuvre des programmes d’assistance efficaces.

« Traiter ces faiblesses est important pour améliorer notre état de préparation à une future crise », note le rapport.

Avec la sortie de crise, la nécessité de se focaliser sur les problèmes basiques rencontrés par l’économie – et en particulier la productivité – va figurer une fois encore en bonne place sur l’agenda des décisionnaires, dit le rapport.

La productivité faible dans certains secteurs et les inégalités sont deux problèmes qui doivent être pris en charge. Certains de ces problèmes se sont même approfondis pendant la crise – comme les écarts de salaire en fonction du degré de qualification. Alors que les entreprises et autres ont fait passer en grand nombre leurs activités via internet, ceux qui sont dépourvus des capacités nécessaires pour se tourner vers le télétravail ont été frappés de plein fouet par la crise.

« Tout cela souligne l’importance d’améliorer le système éducatif et de réduire les écarts », continue le rapport. De plus, l’augmentation des investissements dans l’économie – et en particulier dans les infrastructures et, « par-dessus tout, dans les transports publics » et les communications seront indispensables pour améliorer la productivité.

Le défi en cours consistant à maintenir un taux de construction adapté aux besoins de la population, avec le temps, doit aussi revenir sur le devant de la scène, poursuit le rapport.

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