Barak : « Lapid, raison pour laquelle Kakhol lavan n’a pas gagné » les élections
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Barak : « Lapid, raison pour laquelle Kakhol lavan n’a pas gagné » les élections

En riposte, le politicien centriste dit que les votes pour l'ex-Premier ministre seraient simplement "gaspillés" car son parti ne franchira pas le seuil pour entrer à la Knesset

L'ancien Premier ministre Ehud Barak s'exprime lors d'une conférence de presse annonçant la création d'un nouveau parti politique à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Flash90)
L'ancien Premier ministre Ehud Barak s'exprime lors d'une conférence de presse annonçant la création d'un nouveau parti politique à Tel Aviv, le 26 juin 2019. (Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Barak s’en est pris lundi à Yair Lapid, affirmant que le parti centriste n’avait pas remporté les élections d’avril à cause du n°2 de Kakhol lavan.

Lapid a riposté en affirmant que les votes pour Barak aux prochaines élections de septembre seraient simplement « jetés à la poubelle » et en prédisant que son nouveau parti, le Parti démocrate israélien, ne parviendrait pas à franchir le seuil électoral de la Knesset.

« Lapid est la principale raison pour laquelle Kakhol lavan n’a pas gagné – c’est un emballage brillant pour le parti », a déclaré Barak à la chaîne publique Kan.

Plus tôt cette semaine, le parti de Barak a critiqué l’accord entre Lapid et le dirigeant de Kakhol lavan Benny Gantz pour qu’il y ait une rotation du poste de Premier ministre s’ils forment le prochain gouvernement. Selon les études internes du parti, un accord de rotation avec le parti Yesh Atid de Lapid pourrait réduire de deux sièges le bloc du centre-gauche après les élections de septembre, a rapporté Kan.

Kakhol lavan a remporté 35 sièges aux élections d’avril, le même nombre que le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Il va jeter 100 000 votes à la poubelle », a déclaré M. Lapid lundi en réponse à Barak. « Ce n’est pas le moment de former des partis politiques pour le plaisir. »

Yair Lapid, le n° 2 de Kakhol lavan, s’adressant aux militants du parti dans la ville côtière de Shefayim, le 14 juillet 2019. (Jane Peimer)

Malgré l’échec de la campagne électorale et l’onde de choc envoyée par plusieurs partis centristes et de gauche qui risquent de perdre des électeurs au profit du nouveau parti de Barak, un sondage publié plus tôt ce mois-ci n’a donné au Parti démocrate israélien que 4 sièges sur les 120 à la Knesset. D’autres sondages ont donné entre quatre et huit sièges à Barak.

Barak fait pression pour former un bloc uni de partis de centre-gauche avant les élections générales de septembre, et serait intéressé pour unir ses forces à celles du Parti travailliste de centre-gauche, du parti Meretz de gauche et de l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni.

Le mois dernier, Lapid a exclu tout partenariat avec Barak pour les élections de septembre prochain, affirmant que l’ancien chef du Parti travailliste « appartenait à la gauche ». Le parti de Barak a répondu en disant qu’il était impératif que les figures centrales s’abstiennent de faire écho aux commentaires de Netanyahu qui divisent et se concentrent sur les efforts déployés pour le remplacer.

Barak, qui est revenu en politique ce mois-ci en formant le Parti démocrate israélien afin de se présenter aux élections, a également abordé la question de sa relation avec le financier disgracié Jeffrey Epstein pendant l’interview.

« J’exprime mon aversion pour les actes qui lui sont attribués. Bien sûr, à la lumière de ces nouvelles informations, Epstein n’est pas le genre de personne dont il faut être proche », a dit Barak.

Epstein a déjà été inculpé pour avoir créé ce que les procureurs ont décrit comme un réseau de filles mineures qu’il a agressées et exploitées au début des années 2000.

En 2008, Epstein a signé un accord de non-poursuite qui l’obligeait à reconnaître une seule accusation publique pour sollicitation de prostitution d’une mineure et à se faire enregistrer comme délinquant sexuel. Il n’a purgé que 13 mois dans une prison du comté.

Selon le journal Haaretz, Barak a formé en 2015 une entreprise de partenariat limité en Israël, nommée Sum (E.B.) 2015, pour investir dans une start-up de haute technologie du nom de Reporty. Une bonne partie de l’investissement financier a été apportée par Epstein.

Arrêté plus tôt ce mois-ci, Epstein est accusé d’avoir payé des centaines de dollars en cash pour des massages. Il aurait ensuite abusé sexuellement les masseuses dans ses maisons à Palm Beach, en Floride, et à New York, de 2002 à 2005. Les plaintes, déposées à New York, lui font encourir jusqu’à 45 ans de prison.

Jeffrey Epstein, (au centre), comparaît devant un tribunal de West Palm Beach en Floride, le 30 juillet 2008. (Uma Sanghvi/Palm Beach Post via AP)

Barak a déclaré samedi qu’il avait demandé à son avocat d’examiner la possibilité de rompre les liens avec Epstein suite aux nouvelles accusations rendues publiques.

Lundi, Barak s’est défendu en disant à la chaîne Kan : « La société américaine a accepté [Epstein] après sa condamnation. »

Il a également rejeté les appels du pied de la droite pour qu’il fasse l’objet d’une enquête policière pour ses liens avec Epstein et concernant un versement de la part de la Fondation Wexner, liée au financier américain. Il a refusé à plusieurs reprises de préciser quels travaux il avait effectués exactement pour le fonds pour que celui-ci lui verse 10 millions de shekels (environ 2,5 millions à l’époque).

« Le contrat entre la Fondation Wexner et moi-même a été signé entre 2003 ou peut-être 2004. À l’époque, j’étais un simple citoyen qui faisait de la consultation, de la recherche et des conférences », a expliqué Barak.

« Ils ont essayé d’établir un lien avec le fait qu’Epstein était affilié à la Fondation Wexner. Je ne connais pas la relation d’Epstein avec la Fondation Wexner, mais je vous dis que, selon un article publié hier dans Israel Hayom, Epstein a fait des dons à la Fondation Wexner en 2008, cinq ans après avoir signé un contrat avec moi. Un lien entre les deux est tout simplement ridicule », a déclaré M. Barak.

De hauts responsables du Parti travailliste et du Meretz ont déclaré à la Douzième chaîne que les liens de Barak avec Epstein avaient considérablement réduit les chances de leur parti de fusionner avec son Parti démocrate israélien nouvellement formé. Au cours de conversations à huis clos, les responsables ont déclaré que les liens de Barak avec le financier rendraient plus difficile pour leurs partis de se présenter au public comme des figures dans la lutte contre la corruption.

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